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La politique publique est au chevet de l’offre depuis 2013-2014. Baisse de la pression sociale et fiscale sur les entreprises, réforme de l’ISF et de la fiscalité du capital pour les premiers de cordée, assouplissement du droit du travail, mesures de simplification… Les évolutions se sont faites par touches successives, mais toujours dans la même direction depuis 7 ans. Avec de surcroît un contexte de facilité financière et monétaire qui s’est maintenu sur toute la période. Les effets sont tangibles sur la création d’entreprise, sur l’investissement, sur la dynamique de désindustrialisation qui a fait une pause. La résistance même des entreprises au choc covid ne doit pas tout au soutien public. L’efficacité de ce soutien provient aussi du fait que les conditions initiales de rentabilité et de trésorerie étaient solides. Cependant notre solde commercial n’en porte pas la marque.


Nous souffrons d’un problème de spécialisation


Notre déficit commercial atteindra en effet un record cette année, avec une perte de l’ordre de 82 milliards, soit de 3,3% du PIB, se maintenant dans les abysses. Alors certes, 2020 et 2021 sont des années très particulières, perturbées par la pandémie. Certes aussi, les prix des matières premières peuvent fausser notre appréciation des performances de fond. Mais lorsque l’on resserre la mesure sur les biens hors pétrole brut ou raffiné, la tendance est encore plus claire. Toujours plus claire aussi si l’on exclut du champ le matériel militaire, dont l’excédent croissant reflète notre compétitivité, mais aussi l’activisme des pouvoirs publics. Nous ne remontons pas la pente. Tout au mieux, les positions se sont-elles stabilisées jusqu’en 2019. On est loin du bilan Schröder des années 2000 en Allemagne, pour une politique qui souvent se revendique de cette inspiration.


Pourquoi une telle inertie ? Les deux dernières années, en dépit de leur caractère exceptionnel, nous livre une partie de la réponse. Nous souffrons d’un problème de spécialisation, notamment pour les biens sur lesquels se portent les préférences des consommateurs et des investisseurs depuis quelques années. Au premier abord, la dégradation de 30 milliards de notre solde manufacturier relève d’abord de l’extraordinaire crise de la mobilité que nous traversons et qui atteint tous les compartiments matériels : de l’aéronautique, à l’automobile, jusqu’à la construction navale. Plus de la moitié du décrochage de notre solde relève de cela. Mais il relève également du brutal déplacement de la structure de la demande vers les produits pharmaceutiques, informatiques, de communication, d’équipement domestique, etc. Cette torsion de la demande est pour partie temporaire. Mais elle nous indique aussi où vont les préférences des agents lorsque du revenu se libère : santé, digital, équipements de loisir et domestiques… Or, sur tous ces créneaux, hormis la pharmacie, la France est structurellement déficitaire. Et ne dispose pas de capacités de réponse à un surcroît de demande. Et ses start-up et licornes en plein essor n’offrent aucune réponse à ce déficit, voire elles l’aggravent. Elles investissent le champ de services, pour partie exportables certes, mais pas le dur de la chaine de valeur, les équipements en amont, ni dans le digital, ni dans les loisirs, ni dans la santé. Elles suscitent de nouveaux besoins d’équipements que l’offre domestique ne pourvoit pas.


Une politique de compétitivité-coût trop centrée sur les moins qualifiés


La seconde grande raison de notre inertie provient du fait que nous menons presque exclusivement une politique de compétitivité-coût centrée sur les moins qualifiés. Les résultats sont bien tangibles, notamment lorsque l’on compare la dynamique du coût horaire du travail de part et d’autre du Rhin. Et de fait, nos coûts salariaux unitaires ont effacé les dérives passées. Avec quel résultat ! Sous pression concurrentielle, ces baisses de coût relatif ont bel et bien imprimé leur marque sur nos prix relatifs à l’exportation, notamment vis-vis de l’étalon allemand. C’est moins vrai en revanche à l’égard de concurrents de gamme inférieure : l’Espagne ou la Pologne par exemple. Avec un résultat ambigu sur nos parts de marché. Exprimées en volume, nos parts de marché ont été stabilisées. Sans se redresser pour autant, car nombre de pays de gamme moyenne ont poursuivi la même stratégie. En valeur, elles ont continué à s’éroder. C’est le danger de jouer la partition de la compétitivité-prix sur les biens à forte incorporation de travail peu qualifié.


Bref, la France traîne toujours son handicap de gamme et peine de surcroît à investir l’amont matériel des services en plein boom ; corriger cela demande un volontarisme industriel de longue haleine. Et de la cohérence. Une cohérence qui nous fait défaut quand nous continuons à surcharger le travail qualifié, nerf de la guerre commerciale entre pays développés.


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