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Ces questions majeures occultées du débat présidentiel

Publié le mercredi 13 avril 2022 . 5 min. 42

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La présidentielle est supposée être ce moment qui nous projette sur les horizons longs, où les programmes, au-delà du catalogue, incarnent une vision et font société. Cet espoir est régulièrement déçu, avouons-le. Et la campagne de 2022 n’est en rien singulière de ce point de vue. Faute à l’emballement médiatique autour du grand remplacement et faute au conflit ukrainien qui auraient phagocyté la campagne, disent nombre de commentateurs. Mais ce n’est pas tout à fait exact.


Le silence sur l’emploi et la dette


Cette carence était déjà contenue dans les programmes. Étrangement, deux thèmes centraux ont basculé sur un mode mineur dans presque tous les programmes. Le chômage et la dette. Obsessionnelles depuis des décennies, ces deux thématiques étaient précisément celles qui piégeaient les candidats sur des enjeux quantitatifs et les empêchaient de penser la société sur le mode du désir. La plupart des programmes revendiquant une crédibilité de gouvernement se charpentaient autour de potions miracles contre le chômage assorties de cibles quantitatives de créations d’emplois privés ou publics, et revendiquaient le réalisme de leur chiffrage financier pour préserver les générations futures. Or, penser l’emploi sur un mode quantitatif, c’est s’interdire de penser le concept de travail qui privilégie l’angle de l’organisation, de la socialisation, de la gestion des temps, du bien-être. Et penser la dette comme un plafond de verre qui nous contraint, c’est réduire nos horizons et aborder l’investissement sur un mode rabougri. C’est mettre en sommeil les grands projets pour les réduire à leur forme la plus rébarbative : investir dans la formation des générations futures, seule ambition autorisée par nos élites raisonnables.


Voici pourtant que pour la première fois depuis longtemps, cette campagne libère les candidats de ces deux obsessions empêcheuses de penser la société sur un mode projet :


- D’un côté, l’emploi augmente même en temps de crise, sur fond de démographie stagnante, allégeant la pression sur les candidats en matière de job machine.
- De l’autre, la dette est propulsée à des niveaux tels que tous les repères ont été perdus. À taux zéro, les cassandres de la faillite ne sont plus audibles. Fenêtre d’opportunité rare donc pour parler de travail et non d’emploi, pour parler d’investissement et non de stabilité.


Comment les enjeux autour du climat et du digital percutent le travail


Le silence sur ces thèmes est d’autant plus criant que rarement les questions existentielles autour du travail n’ont été aussi tangibles. Percutées par les problématiques transversales majeures, du climat et du digital, les interrogations sur l’avenir du travail auraient dû féconder et polariser le débat politique comme jamais. L’urgence climatique renvoie en effet irrémédiablement aux enjeux de sobriété et de productivisme. Et si nos sociétés doivent rompre avec le mantra du toujours plus, cela signifie-t-il qu’il faut repenser le travail en termes qualitatif plus que quantitatif ? Ou bien tout au contraire, le moindre degré de productivisme ou d’automatisation, les circuits courts, la sobriété chimique, doivent-ils nous amener à penser des combinaisons productives beaucoup plus intenses en travail parce que moins capitalistiques ? Le chantier de reconstruction climatique, de par son ampleur et ses process, devenant alors un projet revalorisant la valeur travail ?


Cet enjeu aurait pu cliver le débat. De même que celui de la digitalisation du travail, qui soulève des interrogations majeures en matière d’interpénétration des espaces personnels et professionnels. La question a pris une acuité nouvelle avec la montée du télétravail. L’idée que le numérique, derrière le formalisme des contrats, nous transforme peu à peu en autoentrepreneurs de fait, en coproducteurs de tout, notamment dans notre relation à l’administration, n’a jamais été aussi palpable. Mais presque aucune trace dans le débat. Le télétravail est quasiment passé aux oubliettes, alors que c’est un fait majeur de société. De toutes ces interrogations ne demeurent au mieux que la vision candide qui réduit de digital à un attribut de la modernité, produisant de la fluidité et dont le seul usage est d’apaiser notre relation à l’administration et ses guichets uniques.


Deuxième grande quasi-absente du débat : la dette. Ou plutôt l’épouvantail du surendettement sur lequel aucun parti n’a voulu ou su prospérer. Nous vivons une des rares périodes où l’investissement est libéré des chaines de l’orthodoxie. Mais les grands projets demeurent réduits à leur forme la plus attendue, l’obligation climatique et le dosage du mix énergétique entre nucléaire, renouvelable, l’isolation, voire, une vague incantation en faveur des investissements d’avenir…. Comme si les mots « avenir » et « modernisation » définissaient un projet. Très peu de candidats ont abordé les enjeux d’aménagement du territoire et de maillage des transports. Mais cela n’a pas suffi à animer un large débat.


Et pour l’heure, les projets de société demeurent une sorte d’inconscient des programmes, mal assumés et enfouis dans des concepts-valises dont on peine à saisir le contenu véritable.


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