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Mais où sont passés les moteurs endogènes de la croissance française ? C’est-à-dire tout ce qui dans notre croissance provient de la connaissance, de l’innovation, du renforcement du capital humain, des infrastructures collectives, et qui se renforce sur un mode auto-cumulatif. Si l’on scrute les moteurs de notre croissance léthargique depuis la crise financière de 2007-2008, on peut facilement bâtir une histoire sinistre et alimenter le récit du déclin français.


Une cassure qui date de 2007


Derrière la croissance depuis 15 ans, davantage de volume de travail et de capital. Et pas de PGF, ce fameux résidu de Solow qui retrace tout ce qui dans la croissance relève d’éléments qualitatifs plus difficilement objectivables et mesurables : le progrès technique incorporé dans les machines, le niveau de qualification de la main-d’œuvre, la qualité de nos organisations, de nos institutions, tout ce qui alimente la créativité. Tout ce qui fait que notre croissance n’est pas seulement extensive et qu’une économie peut produire un surcroit de valeur à quantité égale de facteurs et donc mieux rémunérer le travail et le capital. Souvenons-nous des célèbres travaux de Carré, Dubois et Malinvaud de 1972, analysant les facteurs de la croissance française de l’après-guerre. Ces derniers avaient chiffré en leur temps à près de 50% la part de la croissance française qui relevait de cette composante immatérielle.


Or, qu’en est-il depuis 2007 et la crise financière jusqu’en 2022 ? L’intégralité de notre croissance, en moyenne de 0,8% par an, provient de la croissance du volume de travail de l’ordre de 0,5 % par an, et d’une croissance du facteur capital de 2,4% par an. Si je reprends les clés de pondération utilisées par les auteurs à l’époque, 70% pour le travail et 30% pour le capital, la contribution de la quantité de travail et du capital à la croissance serait de l’ordre de 1 point. Autrement dit, la croissance française ne comporterait plus aucune composante qualitative résiduelle.


Pour rappel, à l’époque, Carré, Dubois et Malinvaud avaient trouvé que 2,4 points des 5% de croissance d’après-guerre, entre 1949 et 1969, provenaient de facteurs non strictement quantitatifs. Et c’est bien ce que confirment les chiffrages de l’OCDE, sur la base de méthodes un peu plus sophistiquées.


La productivité globale des facteurs, le fameux résidu de Solow, non seulement ne progresse plus depuis 15 ans, mais régresse légèrement. La cassure date de 2007. Travailler plus pour gagner plus, c’est de cette tautologie basique que provient notre filet de croissance. Et non plus de notre capacité à innover, à rattraper du point de vue technologique le leader américain, d’étendre nos parts de marché en investissant même avec un temps de retard et par imitation les domaines de la haute technologie. C’était le bon temps du plan Calcul (en 1966), de C2I qui devint en 1975 C2I Honeywell Bull, du premier micro-ordinateur, le Micral N, breveté en 1973 par un Français avant l’Apple II, du Concorde, du programme nucléaire, à l’aube du lancement d’Airbus et du programme Ariane Espace quelques années plus tard. Le coq gaulois croyait à la force des idées, à défaut d’avoir du pétrole.


L’argent facile a engendré la rentabilité facile


Et c’était précisément cette vitalité du progrès technique qui nous permettait d’envisager l’équation des retraites autrement. Ce n’est pas en travaillant plus que la portion de la population qui cotise financerait le système, mais par le surplus que génèrent ses gains de productivité. L’horizon était celui de la réduction du temps de travail adossée à nos gains de productivité.


Chose inquiétante, notre croissance d’aujourd’hui, archaïque et maigrelette, purement extensive, réduite à moins de 1% par an, est tout entière portée en arrière-plan par la croissance de notre endettement. Nous sommes passés d’une croissance endogène qui puisait ses forces à l’intérieur même du système économique, à une croissance exogène, tirée par une demande tout entière tributaire de l’accroissement de la dette. Coupons le robinet de l’argent facile et il se passera ce qui s’est passé en Grèce. Un décrochage de 25% du PIB, voire plus.


Bref, en dehors de l’artifice du financement gratuit de l’économie, le ressort de la croissance et de la prospérité des classes moyennes est cassé. L’argent facile a engendré la rentabilité facile, le levier d’endettement facile, sans avoir vraiment besoin de mettre en tension nos structures productives, autrement qu’en s’adaptant.


Seule consolation, la France n’est en rien singulière. À des degrés divers, toutes les économies occidentales ont perdu la martingale de la croissance. La France est malade avec les autres d’une financiarisation placée sous le règne du consulting qui, ayant pourtant l’optimisation et l’innovation pour seule obsession, a cassé le ressort endogène de la croissance, qui était l’oxygène de nos modèles sociaux.


Publié le mercredi 8 février 2023 . 5 min. 30

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