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À chaque innovation disruptive à portée générique ressurgit le spectre de la fin du travail, avec tout le vertige que cela suscite tant cette perspective s’attaque au cœur même des mécanismes de socialisation. Comment faire société si l’homme délègue entièrement la production à la machine ? Comment bâtir une convention acceptée de répartition de la richesse ? Dans quel champ se redéploye l’activité humaine si se disloque le lien structurant entre effort et récompense ?


L’IA attaque le travail humain sur trois fronts


La considérable accélération de l’IA relance la prophétie mille fois formulée depuis les débuts de la révolution industrielle de la fin du travail humain, mobilisant toujours les mêmes raisonnements a priori imparables. Où la mécanisation étend son empire, vidant peu à peu de leur substance les métiers existants, et où seules quelques professions complexes, intellectuelles ou manuelles, échappent à la grande faucheuse technologique. Avec une spécificité de l’IA : elle attaque le travail sur trois fronts.


1. Elle laisse entrevoir l’idée de machine idéale, qui n’a presque plus besoin de supervision humaine et capable d’opérer des tâches de plus en plus précises et fines, le robot parfait, humanoïde ou non, capable de s’attaquer aux derniers reliquats des métiers manuels.
2. Maîtrisant le langage, elle étend sa conquête aux métiers communicationnels, relationnels, de contact, de coordination et de supervision.
3. Elle attaque de plein front enfin les métiers intellectuels, qui pour la première fois sont confrontés à des outils capables de rivaliser avec l’humain, voire de surperformer.


L’économie des services, qui avait constitué l’espace de déversement des métiers industriels, y compris les plus complexes du point de vue des connaissances, est dans la ligne de mire. Ce qui a fait dire récemment à Elon Musk, que nous nous rapprochions du point où il n’y aura plus besoin de travailler.


Ne pas sous-estimer la complexification des sociétés


À contre-courant de cette prophétie qui ne fait que prolonger celle plus ancienne d’une société algorithmique, la production ne cesse de mobiliser plus d’emplois dans les économies avancées, tandis que le temps de travail a ralenti sa longue tendance de décrue séculaire. Nulle trace de l’éviction de l’homme par le logiciel et le robot.


Les raisons de ce paradoxe, on les connaît. Nous nous interrogeons toujours sur l’impact de la technique sur l’emploi existant. De façon statique, en mettant le focus sur la question du comment faire avec l’IA. Cette dernière étend le champ de l’automatisation des tâches répétitives, comme tous les progrès techniques qui l’ont précédé, banalise certaines compétences, les rendant accessibles au plus grand nombre (les tâches rédactionnelles, la production d’images par exemple). Elle augmente les capacités des métiers plus pointus. Mais avant de détruire l’emploi, elle modifie le contenu et l’articulation des métiers.


Or, l’erreur récurrente est de penser ces derniers comme un ensemble fini de compétences et de tâches figées, alors que les individus, libérés de certaines tâches, se redéployent sur de nouveaux champs sous-explorés et sous-investis. Nous tendons ensuite à systématiquement sous-questionner le champ des nouveaux usages qu’ouvre la technologie. Aveuglement récurrent, nous raisonnons à usages constants. Or le défi principal de l’entreprise est de faire du nouveau avec l’IA. Innover en matière de produits, de services et de désir, pas seulement en termes de process. C’est typiquement la grande erreur commise avec la prophétie de fin du travail face à la désindustrialisation, incapable de penser le pouvoir d’absorption de toute la sphère des services en matière d’emplois et de consommation. Nous sous-estimons ensuite tout le phénomène de complexification des sociétés induit par l’irruption des technologies. Les nouvelles astreintes, les nouveaux risques, les besoins de formation, de maintenance, de conseil, etc., qui en découlent et suscitent de nouveaux métiers.


Le rôle incontournable de l'humain


Évidemment, le grand fantasme de l’IA, relayé par Elon Musk, c’est la capacité de créer des spécimens égalant l’homme ou le dépassant sur tous points. Alors pourquoi continuer à s’en remettre à l’homme ? Pour deux raisons essentielles. D’abord, parce que la robotisation de tout, la démultiplication des avatars numériques de l’homme, a un coût en termes de matière et d’énergie qui n’est probablement pas soutenable du point de vue environnemental. Ensuite, parce que le capitalisme se boucle sur le consommateur ou le prosumer (producer-consumer), qui est l’autre face du travailleur, et avec lui, son imaginaire, que l’entreprise façonne, produit et renouvelle sans cesse. En évinçant le travail, le capitalisme évince son énergie première que constituent le désir humain et toutes les conventions de partage de la valeur. Ne laissant plus entrevoir, dans le meilleur des cas, que la dystopie d’un assistanat universel et d’une société entièrement livrée au jeu.


Publié le lundi 10 juin 2024 . 5 min. 29

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