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La faillite financière de la pensée progressiste

Publié le mercredi 15 avril 2020 . 5 min. 28

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Dans les moments de crise, fleurissent les discours sur la catharsis. La crise devient la solution. Elle nous projette dans le monde d’après, écrasant tous les dogmes, tous les préconçus idéologiques. Elle nous oblige à nous réinventer pour paraphraser Emmanuel Macron dans son allocution de 13 avril. Et partout aujourd’hui se multiplient les projections positives sur l’incroyable catalyse du COVID-19, qui va changer la face du capitalisme, pour l’accorder enfin aux urgences sociales, sanitaires et écologiques, et replacer l’homme au cœur de nos systèmes de pensée. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Pour ceux qui se souviennent pourtant de la soudaine clairvoyance de nos politiques au moment des crises de 2000 ou de 2008, sur les excès de la finance, de la mondialisation sauvage, le doute est permis.


Pourtant oui, c’est un fait, cette crise par son ampleur inégalée va modifier de façon irréversible notre vision du monde. D’abord pour une première raison. Nous avons franchi un seuil traumatique. Il paraît certain, maintenant que le COVID laissera des traces longues sur la croissance et les conditions sociales Nous ne pouvons plus croire à ce stade que l’arrêt accidentel de la fourmilière productive et consumériste, ouvre une nouvelle phase d’euphorie et de sursaut libérateur. Ensuite, parce que, tout ce qui forgeait notre représentation d’une économie efficace est battu en brèche: non, l’abolition des distances, l’allongement des chaînes de valeur, la division toujours plus poussée du travail ne sont pas l’Alpha et l’Omega indiscutable de l’efficience économique ; non le zéro stock, le flux-tendu, la suppression de toutes les masses graisseuses des structures productives, ne sont pas le marqueur universel de l’efficacité des organisations ; non, le marché n’est pas la seule et meilleure instance de coordination… non la digitalisation, le travail indépendant, ne sont pas les nouveaux graals de l’organisation du travail au regard de cette expérience grandeur nature de travail à distance… Tout le bréviaire de la pensée progressiste doit rendre compte de son imprévoyance. Circuit court, traçabilité, sécurité des approvisionnements, gestion de l’incertitude par les stocks, autonomie productive, planification et coordination stratégique par la puissance publique, vitalité de la socialisation physique par le travail, importance de l’entreprise traditionnelle et du salariat dans la gestion du partage des risques au moment où les freelance, les indépendants se retrouvent sans filet … Tout ce qui faisait figure d’archaïsme, revient en force.  L’efficacité instrumentale de la pensée progressiste doit et devra composer avec toute une série d’exigences qu’on ne peut plus balayer d’un revers de main au nom de la modernité. Et c’est toute la pédagogie de la réforme incessante qui part en fumée. Car il est manifeste aujourd’hui que le gaulois réfractaire coute infiniment moins cher à la collectivité que le réformateur progressiste. Le premier, avec son argent de dingue a fait dériver de quelques points de PIB l’endettement public. Le second l’a doublé en moins de 15 ans en s’acharnant à rendre le système existant toujours plus efficient et à le renflouer sans compter à chaque spasme. 


Cette mort clinique du no alternative, ce rééquilibrage de la pensée pourraient nous réjouir. L’ouverture des options et la nouvelle culture de l’urgence devraient nous aider à élargir la palette des instruments pour aborder les défis sociaux et écologiques. Voilà que le recentrage de l’économie sur ses fonctions essentielles met sur le devant de la scène les invisibles. Voilà que le président de la république reprend à son compte cette remarque de François Sureau lorsqu’il nous invite à relire l’article premier de la déclaration des droits : « les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune »… ouvrant la porte à un tournant social du quinquennat.


Mais le risque est là en même temps. L’évolution des esprits se produit au moment même où dans leur instinct de survie, les entreprises n’auront de cesse de revenir dans le monde d’avant. Au moment même où la supervision financière n’aura de cesse de restaurer la valeur des actifs. Alors même que crise après crise, le maintien en survie artificielle du système a fait exploser la dette et brulé les dividendes et les capitalisations de l’expansion passée… Et c’est précisément dans ce hiatus entre les nouvelles aspirations collectives et les moyens mobilisables que se logent tous les risques de conflagration sociale et démocratique.


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