Connexion
Accédez à votre espace personnel
Recevez nos dernières vidéos et actualités quotidiennementInscrivez-vous à notre newsletter
ÉCONOMIE
Décryptages éco Intelligence économique Intelligence sectorielle Libre-propos Parole d'auteur Graphiques Notes de lecture
STRATÉGIE & MANAGEMENT
Comprendre Stratégies & Management A propos du management Parole d'auteur Notes de lecture
IQSOG
RUBRIQUES
Économie généraleFranceEurope, zone euroÉconomie mondiale Politique économique Emplois, travail, salairesConsommation, ménagesMatières premières Finance Géostratégie, géopolitique ComprendreManagement et RHStratégieMutation digitaleMarketingEntreprisesFinanceJuridiqueRecherche en gestionEnseignement, formation
NEWSLETTERS
QUI SOMMES-NOUS ?


Les 3 graves erreurs à éviter absolument pour sortir de la crise

Publié le lundi 6 juillet 2020 . 5 min. 26

Voir plus tard
Partager
Imprimer

Je voudrais ici pointer trois erreurs récurrentes de pilotage économique en France. Non pour dire que nous les reproduirons fatalement, mais pour bien identifier les écueils qui nous guettent.


Mauvais timing des politiques publiques


Première erreur : le mauvais timing des politiques publiques. Ces dernières savent amortir les chocs initiaux depuis 50 ans. Elles n’intègrent pas en revanche la lenteur de l’ajustement de l’économie du fait notamment des freins à l’ajustement de l’emploi. L’impulsion budgétaire, en contenant la chute de demande temporise l’impact immédiat des crises. La baisse de l’emploi est plus contenue qu’ailleurs, mais plus étalée aussi dans le temps, ce qui pèse durablement sur la rentabilité et l’investissement des entreprises. Résultat, les gouvernements successifs surestiment toujours l’ampleur du rebond qui viendra spontanément redresser les finances publiques. S’ensuivent des mesures discrétionnaires de consolidation, via des hausses d’impôt, qui arrivent trop tôt au regard de fragilité de l’économie réelle. Et cet épisode procyclique étire le marasme et la tension sociale. La reprise tardive et écourtée devient alors la fenêtre de tir pour acheter la paix sociale et entrepreneuriale, au moment même où il faudrait au contraire opérer la consolidation budgétaire… Par ce mauvais timing, la France érode son potentiel de croissance et ne parvient pas à stabiliser son déficit structurel… L’Allemagne, pays de forte protection de l’emploi également, a trouvé depuis longtemps l’antidote à ce problème de timing via le chômage partiel. Ce dernier allège la facture salariale pour les entreprises en temps de crise, préserve le pouvoir d’achat et accélère la reprise d’activité, puisque le lien d’emploi n’est pas rompu. Tout se passe comme si le marché de l’emploi avait la flexibilité anglo-saxonne, la casse sociale en moins.


Absence des politiques de soutien à la demande


Deuxième erreur fatale, l’absence de ciblage de nos politiques de soutien à la demande. Cela provient d’une mauvaise opposition entre politiques de l’offre, visant le long terme, et de la demande destinées à l’urgence. L’idée qu’une relance par la consommation agit plus rapidement sur la conjoncture, en particulier si elle est ciblée sur les bas revenus, l’emporte systématiquement en temps de crise. Ce qui est vrai à très court terme et en ligne avec les instruments que possède le gouvernement pour agir sur la dépense privée : salaire minimum, minimas et fiscalité progressive notamment. Sauf que ce crédo conduit à faire des relances à l’aveugle, qui ne tiennent compte ni de l’ancrage territorial des activités ni du contenu en imports ou en technologies des dépenses arbitrables des ménages. D’où le même constat récurrent du faible effet d’entraînement des relances, par dilution à l’international et déséquilibrage de notre balance commerciale. De fait, les gouvernements successifs sous-exploitent le rôle de la commandite publique sur la structuration du tissu industriel et des infrastructures, sur l’ancrage et le développement des entreprises sur le territoire. Or, face à cette carence, les politiques de baisse d’impôt centrées sur les entreprises et les plus riches, qui tiennent lieu à ce jour de politique de l’offre, sont tout aussi aveugles et peu discriminantes que celles du soutien à la consommation. On peut leur faire le même procès : dilution via les dividendes, effets d’aubaine, captation par de grands groupes opérant hors du territoire… avec à la clé un assèchement des ressources fiscales qui aggravent l’équation budgétaire.


Surcoût et inefficacité de l’État non traités


Dernière erreur enfin, le mauvais focus en temps de crise sur le surcoût et l’inefficacité de l’État, qui sert de cautions à des économies à la petite semaine, qui à terme ne font qu’accroître la facture via des "stop en go" incessants. Mauvais maillage, défauts d’organisation, dégradation des infrastructures, retard en matière de digitalisation, pénuries de ressources, dégradation des conditions de travail et de revenu... l’État le plus cher du monde ne cesse de s’empêtrer dans sa propre réforme. Confronté à des problèmes de gestion, d’efficacité, de vétusté coûteuse, il ne saisit pas les temps de crise et de relance pour procéder aux investissements préalables qui lui permettraient de gagner en efficacité. Et la chasse au gaspi lègue crise après crise un État toujours plus coûteux et moins efficace.


Sur ces 3 points, la crise semble déjouer le bégaiement de l’histoire. N’en tirons pas de conclusion prématurée. Mais prenons acte que le gouvernement joue à ce stade une partition différente.


x
Cette émission a été ajoutée à votre vidéothèque.
ACCÉDER À MA VIDÉOTHÈQUE
x

CONNEXION

Pour poursuivre votre navigation, nous vous invitons à vous connecter à votre compte Xerfi Canal :
Déjà utilisateur
Adresse e-mail :
Mot de passe :
Rester connecté Mot de passe oublié?
Le couple adresse-mail / mot de passe n'est pas valide  
  CRÉER UN COMPTE
x
Saisissez votre adresse-mail, nous vous enverrons un lien pour définir un nouveau mot de passe.
Adresse e-mail :

STOCKAGE DE VOS DONNÉES

Xerfi Canal utilise et stocke des informations non sensibles (par exemple : adresses IP, données de navigation, identifiants) obtenues par le dépôt de cookies ou technologie équivalente sur votre appareil. L’utilisation de ces données nous permet de mesurer notre audience et de vous proposer des fonctionnalités et des contenus personnalisés.

Les données stockées par Xerfi Canal ne sont en aucun cas partagées avec des partenaires ou revendues à des tiers à des fins publicitaires.

Vous pouvez librement donner, refuser ou retirer à tout moment votre consentement en accédant à notre outil de paramétrage des cookies.

ACCEPTER PERSONNALISER REFUSER

PERSONNALISEZ LE STOCKAGE
DE VOS DONNÉES

Cookies Google AnalyticsCes cookies permettent d’obtenir des statistiques de fréquentation anonymes du site Xerfi Canal afin d’optimiser son ergonomie, sa navigation et ses contenus.

Cookies de personnalisation du parcours de visiteCes cookies nous permettent de vous proposer, en fonction de votre navigation sur le site, des contenus et/ou des offres de produits et services les plus adaptés à vos centres d’intérêt.

Vous pourrez librement et à tout moment modifier votre consentement en accédant à notre outil de paramétrage des cookies.

VALIDER ANNULER