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La réforme de l’État aurait dû être un marqueur fort de la présidence Macron. Ce dernier ne s’est jamais présenté en champion de la baisse de l’emploi public. Tout au plus prévoyait-il une coupe globale d’effectif d’environ 120 000 à horizon 2022, dont 50 000 dans la fonction publique d’État avec 3 milliards d’euros d’économie à la clef. Derrière cette modération, il y avait une intention plus profonde : celle de bâtir un État moderne, digital, pas forcément réduit, mais plus efficace, plus simple pour l’utilisateur, plus agile. Un État modifié dans ses recrutements, professionnalisé, pénétré par les modes de gestion. La mise en place d’un Comité d’action publique constituait la première étape de ce big bang annoncé. Les grands cabinets de conseil en stratégie et en organisation étaient dans les starting-blocks pour capter un nouveau segment de marché qui s’avérait juteux.


Un bilan paradoxal


C’est d’abord l’État producteur de services essentiels qui devait être transfiguré. Là où se focalisent toutes les attentes et files d’attente : sécurité, enseignement, justice, santé notamment. Or, sur tous ces champs, c’est la grogne qui a rattrapé le gouvernement. La grogne d’un secteur de la santé notamment en souffrance face à l’insuffisance des moyens et à l’intrusion des gestionnaires en col blanc, déconnectés des problématiques de terrain. Celle des policiers, submergés par l’explosion de leurs missions et le sentiment de déconsidération. Celle des magistrats. Et au final, sur toutes ces fonctions essentielles, l’État a été dans l’impossibilité de tenir sa feuille de route. Celle de faire mieux, à ressources humaines constantes, mieux allouer, mieux équiper et organiser. Partout, le gouvernement a dû se résigner à augmenter les effectifs, pour répondre à des besoins et des attentes toujours plus élevés et éponger des dysfonctionnements et le sentiment d’inégalité d’accès que pointait la colère des gilets jaunes.


Emmanuel Macron a finalement un bilan paradoxal. Obtenu à « l’insu de son plein gré ». Sous la pression d’une population rétive à l’impôt, mais désireuse de toujours plus de moyens au service du bien commun. Replaçons son bilan en perspective longue.


Les moyens humains de l’administration ont augmenté


Les données de la direction générale de l’administration et de la fonction publique, qui ne sont disponibles que jusqu’à fin 2019, nous montrent que la stratégie de repli de l’emploi public n’a jamais obtenu plus que sa stabilisation sous Sarkozy. Sous Hollande le nombre de fonctionnaires et de contractuels n’a que très légèrement augmenté. Mais ce bilan est trompeur. La politique d’emplois aidés a servi de rustine pour répondre à des besoins croissants. Sous Macron, au cours des deux premières années du mandat s’est opéré un double mouvement. Un très léger repli des effectifs publics globaux, lorsqu’on y intègre l’emploi aidé. Mais aussi un mouvement de contractualisation de ces emplois aidés, qui aboutit in fine à une hausse du nombre de fonctionnaires et de contractuels. Et les statistiques de la Dares, qui permettent de suivre l’emploi salarié public trimestriellement sur un périmètre un petit peu plus large, indiquent sans surprise que globalement les moyens humains de l’administration ont augmenté, jusqu’au milieu de l’année 2021. Sous la pression des gilets jaunes et du covid.


Zoomons sur l’hôpital, qui fut au cœur de toutes les passions et de toutes les polémiques. Derrière la grogne, on observe bien un mouvement de repli du nombre de fonctionnaires au sens strict et une érosion des moyens humains, tous statuts confondus jusqu’en 2019, entamés avant lui. Une précarisation donc sur fond de demande croissante. L’hôpital a bien été un champ d’expérimentation d’une politique de rationalisation. La souffrance hospitalière et la crise du covid ont fait imploser ces velléités comme en témoigne la dynamique de l’emploi salarié dans le secteur de la santé (qui déborde certes le champ de l’hôpital) que rapporte la Dares.


Les fonctions régaliennes renforcées sous Macron


En matière, de sécurité, de justice et de défense, le mandat d’Emmnuel Macron aura été celui d’un renforcement des fonctions régaliennes. Chacune de ces fonctions a vu croître le nombre de ses emplois budgétés en loi de finances chaque année. Au premier rang desquelles, la police et la gendarmerie, suivis de la justice. Mais l’armée également a vu ses moyens humains renforcés de 300 à 500 fonctionnaires chaque année. L’éducation nationale et l’enseignement supérieur auront été en revanche les parents pauvres de cette politique, coupant court avec la politique Hollande d’investissement social. Les données en dure de la DGAFP fournissent trop peu d’éléments sur le mandat, si ce n’est un net point de contraction en 2019. Mais les emplois budgétés par la suite en loi de finances indiquent une stagnation des moyens et une préférence gouvernementale pour la revalorisation des carrières.


Et, in fine, le président qui prétendait réformer envers et contre tout la réalité aura été comme ses prédécesseurs réformé par la réalité.


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