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Les questions des inégalités, des cadeaux faits aux riches, du déclassement des classes moyennes, ont jalonné tout le mandat d’Emmanuel Macron. Avec comme point d’orgue : la crise des gilets jaunes et l’insolent enrichissement des magnas des multinationales durant la crise sanitaire. Pourtant, la question sociale est étrangement au second plan du débat présidentiel. Les partis de gauche ne font pas recette sur la thématique de la redistribution : prendre au plus riche pour redistribuer aux plus pauvres. Le slogan ne mobilise plus. L’impôt sur les grandes fortunes n’assume même plus son rôle d’étendard dans la correction des inégalités de fortune. Il se revendique climatique. D’où provient cette étrange désaffection ? Il y a trois raisons principales, me semble-t-il.


La première, c’est l’étendue du mal-être concernant le pouvoir d’achat que la conflagration des gilets jaunes a bien mise en lumière. Cette problématique s’étire bien au-delà des bas revenus. La dynamique du pouvoir d’achat du revenu disponible des ménages, par décile, entre 2014, année du tournant de l’offre en France, et 2018, avant que le gouvernement n’apporte des correctifs, en rend bien compte. Du côté des actifs, la forme en U de la distribution des gains de pouvoir d’achat sur 5 ans met en relief le déplacement du problème sur le cœur de la distribution. Et explique aussi la réticence des classes intermédiaires à contribuer au maintien à flot des plus démunis. Du côté des inactifs, le décrochage traverse l’ensemble des tranches de revenu. Bloquant là encore l’adhésion à une redistribution du haut vers le bas.


Le guichet des revendications devient l’État en lieu et place des entreprises


L’enjeu généralisé de la revalorisation du pouvoir d’achat a pris le pas sur celui du rééquilibrage de la distribution en faveur des plus pauvres. Un enjeu qui ne doit pas mettre à contribution les entreprises. Compétitivité oblige. Avec à la clef un repositionnement de l’État en contributeur/cofinanceur clef de la formation du pouvoir d’achat des salariés du privé.


Et c’est la seconde raison qui désamorce les passions sur les inégalités : l’État se pose de plus en interface du conflit de partage entre les revenus du capital et du travail. D’abord à travers la multiplication depuis quelques années de dispositifs d’appoint dédiés au renforcement du revenu des actifs :


- la défiscalisation et désocialisation des heures supplémentaires relancée en 2019, pour un coût budgétaire estimé de 3 à 5 Md€ d’euros ;
- la revalorisation et l’extension du dispositif de prime d’activité qui viennent compléter les faibles rémunérations, avec 1,5 million de bénéficiaires supplémentaires depuis janvier 2019. Pour un coût total de 9,8 milliards ;
- ajoutons à cela le chèque énergie généralisé en 2018, pour 6,2 millions de ménages en 2022. Pour un coût de 1,4 Md€ d’euros ;
- le bouclier tarifaire aussi qui amortit fiscalement l’embardée des prix de l’énergie, avec à la clef une perte de rentrées fiscales d’environ 8 milliards pour l’État en 2022. Un montant auquel il faut ajouter les 3,8 milliards d’euros de l’« indemnité inflation », les 1,5 à 2 milliards du blocage du tarif réglementé du gaz…


Ce n’est qu’un aperçu, très loin d’être exhaustif. À eux seuls, ces dispositifs transfèrent 25 milliards sur les ménages, déchargeant d’autant les entreprises. Et ce faisant, le guichet des revendications devient l’État en lieu et place des entreprises. 

 
Tout cela s’inscrit dans une tendance bien plus profonde de reconfiguration du financement de la protection sociale, la baisse successive des taux de cotisations pesant sur le travail depuis plus de deux décennies et la fiscalisation sur une base plus large du financement. Ce faisant, un véritable bouclier a ainsi été mis en place pour éviter que l’augmentation des budgets sociaux et notamment les retraites ne produisent une déformation du partage de la valeur ajoutée défavorable aux entreprises. Le résultat est là. Le coût du travail chargé est stable dans la valeur ajoutée des sociétés et la baisse de la pression sociale a même permis de créer un étroit sentier de hausse de la part des salaires nets dans la valeur ajoutée des entreprises, même en déduisant la CSG de la masse des salaires.


La richesse produit de la richesse sur un mode autoréférentiel


Troisième raison enfin. L’enrichissement vertigineux des ultra-riches depuis une décennie et notamment durant la crise sanitaire, ne relève que très marginalement d’une ponction sur les revenus du travail. Contrairement aux années 90, c’est bien moins la hausse de la profitabilité et bien davantage la chute des taux d’intérêt qui produit l’emballement des cours d’actifs. La richesse produit de la richesse sur un mode autoréférentiel. Les fortunes stratosphériques et les mégalomanies spatiales de milliardaires semblent appartenir au métavers et se contemplent de loin sans allumer la révolte sociale.


In fine, à la question des inégalités s’est substituée celle d’une revalorisation généralisée du pouvoir d’achat. Et c’est bien cet enjeu dont se sont emparés les candidats de gauche comme de droite, avec l’État à la caisse et une dette gratuite qui diffère la question du « qui paiera ».


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