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La crise du Covid 19, c’est d’abord, au plan économique j’entends,  un décrochage soudain et inédit de l’activité lié à une impossibilité, de produire, de consommer, de se déplacer, de se rassembler. Evidemment ça peut être quelque chose de beaucoup plus grave si les institutions sanitaires, démocratiques, financières ne tiennent pas le choc. Mais en l’état tout est fait du côté des États et des banques centrales pour que le débrayage généralisé, se fasse avec des dégâts minimaux sur la masse des revenus. Nous pouvons encore vivre dans l’illusion, qu’à l’issue de cet épisode, chacun reprendra son poste de travail et qu’en face, les entreprises retrouveront une demande intacte irriguée par des revenus stables et boostée par l’argent stérilisé durant les semaines de confinement. En théorie, dans un monde parfait et sans friction, ce qui n’a pas été produit et vendu durant le confinement, pourrait l’être les trimestres suivants… le choc serait alors annulé.


Malheureusement, dans la vraie vie, il y a des frictions et des imperfections. L’intention est là : sauvegarder toutes les capacités, tous les emplois, tous les revenus… sauf qu’en sortie de confinement, la demande ne sera pas intacte.


Au plan intérieur, 2 mois de chômage partiel pour 4 millions de salariés en moyenne, c’est une perte d’un demi-point de pouvoir d’achat à échelle nationale. Sans compter les heures sup les primes perdues, à quoi, il faut ajouter la perte de revenu des indépendants qui doivent se contenter d’un chèque de 1500 à 2000 euros. Plus les CDD courts de la restauration, de l’hôtellerie et du commerce qui basculent dans le chômage + ceux qui y sont déjà, et qui n’ont aucune opportunité pour en sortir… Même si le confinement pouvait s’arrêter du jour au lendemain, replaçant chacun à son poste, on voit qu’au bas mot, il faudra compter avec une perte de pouvoir d’achat de l’ordre d’un point de PIB en 2020.


Et puis, il y a toutes les factures différées, les impôts et charges sociales ajournées … tout cela, ce sont des dettes qui courent, et qui temporisent les impasses de trésorerie, sans les annuler. Au troisième trimestre, la dure réalité va éclater au grand jour, et certaines entreprises sans réserves ne seront pas en mesure d’affronter leurs obligations. Si l’on ajoute maintenant le tableau noir du commerce international, l’illusion du redémarrage en trombe s’évapore définitivement. Chacun perçoit de surcroît aujourd’hui, que la sortie synchronisée doublée des effets euphorisant d’une libération, fait partie des chimères…


Gérer, accompagner cette crise, pour qu’elle laisse le minimum de cicatrices, sera donc un processus de longue haleine et qui demandera encore de nombreuses transgressions, au plan financier notamment, si l’on veut sauver l’économie réelle. 

L’injection de liquidité ne va pas tout résoudre. Ce n’est ni 29, ni 2008. Il existe néanmoins un épisode historique qui nous permet d’imaginer ce qui se passe lorsqu’une économie a été mise à l’arrêt…. C’est 1968. La France est alors totalement paralysée près de deux semaines à partir du 20 mai 1968, avec, au pic du mouvement, plus de la moitié des salariés en grève. Plus de 4 millions de travailleurs seront en grève trois semaines, plus de 2 millions durant un mois. Au total, 150 millions de journées de travail s’évaporent. ça fait plus de 3,3% de jours ouvrés perdus en France cette année-là.


A l’issue de cette mise à l’arrêt de l’offre, pas de hausse du chômage ou très peu… les accords de grenelle qui se soldent par une hausse de 35% du SMIC et un revenu disponible des ménages qui bondit de % au troisièmes 1969… bref contrairement à aujourd’hui, les entreprises sortent du trou avec une demande effervescente. Une force de rappel, qui leur permet de se refaire très rapidement. Que voit-on pourtant ? Si je compare chaque trimestre de  1968 et 1969 au premier trimestre de 1968 : Pour l’industrie manufacturière, au cœur de la tourmente, le décrochage est bien là au second trimestre où se concentrent les grèves… le trimestre suivant, l’activité recolle à son niveau d’avant grève…. Mais il faut quatre trimestres pour effacer le manque à gagner sur la production. Zoom sur les matériels de transport, essentiellement l’automobile… l’inertie y est encore plus marquée….Les capacités sont les capacités… et on ne rattrape pas comme cela dans la sphère matérielle. Idem pour la construction, où le retour au niveau d’avant grève attend plus d’un an. A l’inverse, côté services, dont les pertes sont généralement supposées non récupérables, leur forte réactivité à la dynamique des revenus, fait que c’est tout comme. Les services se refont rapidement une santé… sauf que pour cela il faut qu’il y ait du revenu. Et ce n’est pas le cas aujourd’hui.


Que nous apprend 1968… avec ses conditions de sortie exceptionnelles ? D’abord, qu’il ne faut pas compter sur des effets de rattrapage du côté de l’industrie et de la construction. Et que côté services, seule la dynamique des revenus offre une planche de salut. Bref, l’après confinement risque davantage de ressembler à ça qu’à cela… et ça coute cher en termes de croissance annuelle.


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