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Il y’a eu le plan d’urgence pour 57 milliards, si l’on exclut les opérations de prêts garantis. Il y a maintenant le plan de relance pour 100 milliards, soit un peu plus de 4 points de PIB sur deux ans. Le premier avait pour but de stabiliser l’économie à court terme, en épongeant les pertes des agents privés. Le second a pour but d’armer un véritable mouvement de reprise en l’appuyant sur des moteurs de long terme. C’est-à-dire de repositionner l’économie, partant de là où elle est, c’est-à-dire 5 à 7 points de son niveau normal, sur une trajectoire de croissance soutenue. Si le plan d’urgence a surtout permis de protéger le revenu des ménages et la trésorerie des entreprises, le plan de relance se revendique comme un plan de relance par l’offre. Les dépenses engagées ont pour but direct de soutenir les entreprises et de favoriser leur redéploiement vers les marchés d’avenir, pour permettre à l’économie de retrouver son niveau d’avant-crise à partir du début 2022.


Un plan « d’amortissement » plutôt que de relance


Sur le papier, sur les 5 à 7 points de PIB qui nous séparent à la rentrée des niveaux d’activité d’avant-crise, l’État est prêt à en injecter un peu plus de 4 sur deux ans. Est-ce suffisant ? Certainement pas, car du choc sanitaire nous n’avons vu à ce stade que la première secousse. Ses répliques sous forme de plans sociaux et d’explosion du chômage sont devant nous. L’impulsion publique se produit au moment où le rebond technique et son essoufflement depuis juillet révèlent l’ampleur des surcapacités. Dans ce contexte, l’injection que programme le gouvernement jouera au mieux un rôle d’amortisseur face aux destructions d’emploi et de capital qui se profilent. C’est souvent le sort de ces plans que l’on appelle de relance par abus de langage. Ils rament contre un courant baissier trop puissant pour remettre l’économie et l’emploi sur une trajectoire ascendante. Leur sort est écrit d’avance. Ils finissent par s’enliser dans les affres de leur financement, faute d’avoir pu générer suffisamment de recettes fiscales. Mais sans ce soutien, la chute eût été pire.


L’État concentre son tir sur les secteurs sinistrés


Ce plan néanmoins, revendique une spécificité. Plus qu’un plan de relance classique, activant la consommation, il est ciblé de sorte à accélérer la recomposition de l’offre, en accélérant le repositionnement de l’appareil productif sur les marchés d’avenir.


60 milliards seront dédiés au renforcement de notre industrie, à sa « verdisation » et à sa digitalisation. Pour cela plusieurs leviers :


1. Une baisse d’impôts sur la production de 20 milliards pour favoriser l’activité sur le territoire et la compétitivité.
2. Une enveloppe de 30 milliards de soutien à la rénovation thermique, au véhicule électrique, au transport (notamment ferroviaire) et à l’énergie pour réduire les émissions carbones.
3. Une enveloppe supplémentaire sera dédiée au haut débit.


Pour le reste, 20 milliards seront consacrés à des dispositifs de soutien à l’emploi et à la formation, notamment au financement du dispositif de chômage partiel longue-durée, qui permettra aux entreprises de diminuer leur temps de travail dans la limite de 40% sur une période qui pourra durer jusqu'à deux ans… Enfin 20 milliards sont fléchés vers la solidarité.
L’intention est louable. Plutôt que d’appuyer sur l’accélérateur de la consommation, avec des effets immédiats, mais éphémères, qui plus est déséquilibrants sur la balance commerciale, l’État mise sur l’investissement, à infusion lente, mais durable. Ce faisant, il concentre son tir sur les secteurs les plus sinistrés à long terme : l’automobile, le ferroviaire, l’aéronautique, les industries culturelles. Il redonne une bouffée d’oxygène à la construction. Il sanctuarise le chômage partiel sur les secteurs les plus déstabilisés à court terme (tourisme, culture, etc.).


On peut certes douter du pouvoir de transformation véritable de ces dépenses. Car il faudra bien plus que des enveloppes de soutien et des baisses d’impôts pour bâtir les filières de l’économie de demain ancrée sur le territoire. Sans relance effective de la planification, sans apports en fonds propres, sans émancipation du financement public, cette reconfiguration voulue de l’économie risque de buter sur des stop-and-go incessants.


Mais à défaut, il faut reconnaitre à ce plan un ciblage qui atteint les secteurs les plus déstabilisés par la crise sanitaire. On peut douter du pouvoir de recomposition de l’offre de ce plan. En revanche, son pouvoir d’amortissement est incontestablement optimisé. Sous la vitrine du long terme se cache la gestion de l’urgence. Et dans le contexte actuel, on ne saurait le lui reprocher.


Publié le mercredi 2 septembre 2020 . 5 min. 01

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