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ACCUEIL ECONOMIE Décryptage éco Valls face au bras de fer...
https://player.vimeo.com/video/123455518?autoplay=1 Olivier-Passet-Valls-face-au-bras-de-fer-europeen-2350.jpg
10/04/201403:15
Xerfi Canal présente l'analyse d'Olivier Passet, directeur des synthèses économiques de Xerfi

Derrière l'apparence du « changement dans la continuité », le discours de politique générale de Manuel Valls, marque une vraie rupture, en déplaçant le jeu au niveau européen.

Ce n'est pas dans les précisions données sur les arbitrages fiscaux, pour la plupart attendus, ni même dans les annonces fracassantes concernant la réforme du mille-feuille territorial, chantier de longue haleine, qu'il faut chercher l'évènement. Non c'est dans la voie proposée pour rééquilibrer les comptes publics sans compromettre la croissance, sans provoquer une évaporation de l'assiette fiscale. Le risque est en effet réel.

Ce risque, le premier ministre propose de le déjouer. D'abord par le non-dit qui découle des arbitrages budgétaires annoncés.

Premièrement, en l'état, la France n'atteindra pas la cible des 3 % en 2015 : plus de 15 milliards de baisse d'impôts supplémentaires dès 2015 (entre la mise en ?uvre  de deuxième tranche du CICE, la suppression progressive de la taxe sur le chiffre d'affaire des entreprises, la baisse des cotisations pour les indépendants, et la baisses des cotisations patronales et salariales au voisinage du SMIC), face à 20 milliards de baisse des dépenses. Le calcul est vite fait. La cible des 3 % ne sera pas plus atteinte en 2017, puisque face aux 50 milliards de baisse de la dépense, près de 45 milliards de baisse des prélèvements sont programmés au total.

Deuxièmement, le gouvernement privilégie les mesures de soutien au pouvoir d'achat et d'embauche des peu qualifiés dans un premiers temps autrement dit le soutien à la demande. Ce n'est qu'à partir de 2016, puis de 2017 que le tir se concentre sur la compétitivité, avec la suppression de la surtaxe sur l'IS, la baisse des cotisations familles jusqu'à 3,5 SMIC et une première étape de baisse du taux légal de l'IS en 2017.

Cela veut dire que Manuel Valls entend engager un bras de fer avec l'Europe pour relancer la croissance. Le rééquilibrage des comptes se fera par la croissance  européenne ou ne se fera pas. C'est le deal qu'il offre à l'Europe. La BCE est notamment désignée comme co-responsable des déséquilibres publics en exposant les entreprises européennes à une surévaluation du change de l'ordre de 10 %. Il aurait pu également incriminer la responsabilité de Banque centrale dans le non-respect de la  cible de 2 % d'inflation qui aggrave mécaniquement les déséquilibres publics et complique les ajustements internes.

Manuel Valls était attendu pour sa fermeté. Mais c'est au fond la méthode du dialogue qu'il a mise en avant en interne. Il entend en revanche monnayer les efforts de rationalisation de la dépense au plan européen. Et c'est sur ce plan, que sa force de conviction et sa fermeté par rapport à nos partenaires européens sera décisif dans la réussite sa stratégie.

Olivier Passet, Valls face au bras de fer européen, une vidéo Xerfi Canal
 




Mots clés : Politique économique

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