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Informatique quantique : retard à l'allumage en France et en Europe

Publié le mardi 30 novembre 2021 . 4 min. 48

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Les capitaux privés déferlent sur l’informatique quantique : 580 M€ levés en 2020, 900 M€ prévus pour 2021. Plusieurs start-up sont même entrées en bourse aux États-Unis et dépassent le milliard de valorisation. Derrière ces opérations financières, des enjeux d’un autre ordre se posent.


Certes, le défi financier est réel. Cette deeptech ou technologie de rupture promet de faire changer d’échelle la capacité et la rapidité de calculs de l’informatique traditionnelle. Elle ouvre de nouvelles perspectives à des secteurs comme l’énergie, la santé, la défense, la finance, la chimie... et à toutes les organisations qui traitent des montagnes de données ou font de la modélisation. Les aides publiques abondent pour financer cette technologie : 19 Md€ selon l’étude Xerfi Innov, le plus gros effort venant de Pékin (avec plus de 8 Md€), suivi de loin par les pays occidentaux : 1,1 Md€ pour le Royaume-Uni, 1 milliard pour les États-Unis, moins de 1 Md€ pour le projet « collaboratif » européen, projet qui s’ajoute aux efforts individuels de l’Allemagne (2,6 Md€) et de la France (1,8). Cela ne signifie pas pour autant que les pays occidentaux se montrent moins ambitieux que la Chine, car il faut ajouter à ces chiffres les financements privés, très élevés dans le cas américain.


Enjeu financier, l’informatique quantique renvoie aussi à des enjeux industriels et commerciaux. Cette technologie doit maintenant sortir des laboratoires de recherche et passer aux projets pilotes pour démontrer sa faisabilité technique et économique. Deux familles d’entreprises s’y emploient : 1) Les jeunes pousses, souvent issues de spin-off du monde académique, dont les plus renommées sont le Canadien D-Wave et les Américains IonQ, Rigetti ou PSIQuantum. Des acteurs nord-américains qui au passage trustent le haut du tableau des levées de fonds dans l’industrie quantique. 2) On compte aussi les multinationales, surtout américaines à l’instar de IBM, Google et Honeywell pour les plus avancées, mais aussi Microsoft et Amazon. D’après l’étude Xerfi Innov, 200 acteurs opèrent dans la filière mondiale de l’informatique quantique, filière qui rassemble concepteurs d’ordinateurs, éditeurs de logiciels et divers fournisseurs. Une vingtaine sont Français, allant des start-up aux géants comme Atos ou Air Liquide.


L’informatique quantique s’avère aussi une clé pour mener les guerres de demain, notamment pour améliorer la cryptographie et la navigation. Elle renvoie donc à des enjeux géostratégiques et de souveraineté qui poussent à la compétition entre États :


1. D’abord entre la Chine et États-Unis en confrontation d’ailleurs dans d’autres domaines clés : intelligence artificielle, biologie de synthèse, conquête spatiale… Pour développer l’informatique quantique, deux pays, deux systèmes : la Chine opte pour une tutelle 100% publique quand les États-Unis privilégient un financement public/privé, comme ils le font déjà dans la new space où la NASA contractualise avec des entreprises. C’est l’innovation au service de l’efficacité avec une arrière-pensée : faciliter demain le business et le leadership de la technologie quantique américaine conçue par et pour les firmes US.


2. L’informatique quantique attise aussi les rivalités entre les États-Unis et l’Europe qui tournent pour le moment à l’avantage des premiers. Certes, l’Europe y investit collectivement… Mais aussi au niveau de chaque pays, ce qui est sa grande faiblesse car, ce faisant, elle ne mutualise pas suffisamment les moyens à l’échelle européenne. Et puis il manque à l’Europe l’attelage surpuissant des États-Unis qui associe efficacement : universités, agences publiques comme la DARPA qui finance et organise l’innovation au profit de l’armée américaine, start-up, multinationales type GAFAM (qui manquent cruellement à l’Europe) et force de frappe du private equity. Un dispositif hyper-efficace, tournée vers la valeur actionnariale, et qui renchérit nettement le ticket d’entrée pour les États européens.


La course de l’informatique quantique n’est pas encore perdue ni pour l’Europe ni pour la France, d’autant que l’industrialisation n’est pas prévue avant 2030, ce qui laisse encore du temps... mais elle commence bien mal.


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