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L'illusion de l'abondance : repenser nos comportements

Publié le jeudi 13 juillet 2023 . 4 min. 56

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La fin de l’abondance est désormais brandie comme un spectre dans le champ social et politique pour nous exhorter a davantage de responsabilité. A l’insouciance de l’abondance, il nous faudrait substituer une sobriété forcément responsable.

Or, même si la responsabilité individuelle et collective est devenue un ethos partagé qui pèse sur nos épaules, ce n’est sans doute pas la clé politique permettant de nous orienter vers un vivre mieux. Signifier – voire décréter- la fin de l’abondance n’est qu’une posture moralisatrice qui n’a aucune chance de changer les comportements, parce qu’elle s’appuie sur un imaginaire en creux aimanté par l’idée de sacrifice et de contraintes. Le spectre de la fin de l’opulence nous hante tant nous craignons une décrue de notre bien-être, aimantés que nous sommes par le dieu confort comme aimait à l’appeler Tocqueville. Sans forcément nous l’avouer nous consentons au diktat de l’accumulation et de la croissance qui ont construit l’imaginaire occidental depuis l’apparition de l’économie politique. L’idéal de sobriété qui structure désormais le discours social et politique rencontre tant de résistances, tant la sobriété paraît liée dans nos imaginaires à celle d’austérité et de sacrifices. L’envers de l’abondance ne serait que contraintes et sacrifice. Nous sommes terrifiés à l’idée de devoir abandonner l’idéal d’une abondance de biens, alors même que cette opulence ne nous rend pas plus heureux que nos ancêtres, parce qu’elle nous empêche bien souvent de profiter de ce bien suprême qu’est la vie. En fantasmant un pays de cocagne où ruissellent les biens, nous nous berçons de l’illusion d’exister, de sortir de nous-mêmes en nous gavant d’une luxuriance de marchandises et de possibilités qui seraient comme des prothèses rassurantes.

Or, cette projection infantile et cette spirale infinie du désir nous privent d’autres formes de la vie intime et sociale. Pour espérer changer notre système de consommation il n’est d’autre solution que de proposer une bifurcation s’appuyant sur un futur désirable. A un imaginaire de la contrainte et de la privation, il faut substituer un imaginaire associant des bénéfices au changement nécessaire de nos modes de vie. Pour espérer vivre mieux, il nous faut repenser notre conception de l’abondance. Au-delà du catastrophisme apocalyptique désormais régulièrement dénoncé et des alternatives ascétiques, comment reprendre en main notre destin en améliorant radicalement notre qualité de vie. L’économiste américaine Juliet Schor fait une proposition détonante : soyons matérialiste ! Le troisième principe de plénitude Le vrai matérialisme est selon elle le premier principe de plénitude, celui qui permet d’envisager une approche respectueuse de l'environnement et de nous-mêmes. Il ne s'agit pas minimiser la consommation mais de substituer à la croissance des quantités produites celle de la qualité et de la durabilité des produits, pariant sur le fait que tout le monde y trouvera son compte. C’est-à-dire ne plus passer à côté de la jouissance des choses qui est par excellence ce qui nous déborde, nous retourne, et nous perturbe. Ce n'est qu’en prenant au sérieux la matérialité du monde que nous pourrons apprécier et préserver les ressources dont dépendent nos dépenses.

Mais il ne s’agit pas uniquement de savourer avec plus de délicatesse ce que nous possédons et d’en accroître le potentiel de jouissance. Il s’agit aussi – c’est de deuxième principe de plénitude- d’étendre le domaine de l’autoproduction. C’est la condition de possibilité, pour le plus grand nombre et notamment les plus défavorisés, de retrouver en période de crise les moyens de survivre sans dépendre du bon vouloir du marché. C’est aussi « une façon de reconquérir notre souveraineté sur le destin, de retrouver le plaisir de faire, de renforcer le lien social. Et ceci exige -ce qui est le troisième principe de plénitude- de travailler moins. Pas uniquement pour rendre l’emploi accessible à ceux qui en sont actuellement exclus, mais pour rendre le travail moins stressant et plus intéressant. Et surtout pour accroître le temps consacré à nos différentes socialités, celles qui comptent, bien au-delà des chimériques réseaux sociaux.

C’est en ce sens que la plénitude nous oriente vers la possibilité de jouir des choses qui comptent le plus pour nous, et vers la richesse qui existe dans nos relations avec les autres. Ne serait-ce pas cela la vraie richesse ?


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