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Le come-back du disque vinyle : de la nostalgie au snobisme ?

Publié le jeudi 29 septembre 2022 . 4 min. 59

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Le disque vinyle défie les lois économiques, de l’innovation et du prix. Alors qu’en toute logique, ce support aurait dû disparaître définitivement du fait d’un mécanisme d’obsolescence technologique, comme cela s’est passé pour la cassette et pour le CD, il fait son comeback. Ce retour en force, même s’il est plus symbolique que massif, montre une fois encore que contrairement à ce qu’on peut entendre ici et là, notre société ne s’engage pas dans les impasses d’une dématérialisation qui reste un fantasme, si ce n’est une lubie.


Certes, on peut arguer que le vinyle surpasse en qualité les autres supports matériels et digitaux concurrents. Il possède en outre un autre avantage de taille sur les autres supports : sa taille conséquente fait de la pochette un motif d’achat en soi, contrairement aux autres supports qui ne permettent aucune forme d’expression graphique ou artistique. Contrairement au CD ou à la cassette, le vinyle illustre à merveille l’idée bien connue de Marshal Mc Luhan selon laquelle le medium se transforme  en message. Combien de disques des années 70 doivent d’ailleurs leur succès aux fameux effets pochette ? C’est pourquoi la disparition momentanée du vinyle pendant 3 décennies a conduit à un appauvrissement créatif des pochettes. Si on peut expliquer la résurgence de ce format pour des raisons techniques, il est par contre plus difficile de comprendre pourquoi les acheteurs de vinyles restent insensibles à l’augmentation de son prix de vente. Même si sa consommation reste marginale chez les adeptes de musique, comment se fait-il que son prix ne cesse d’augmenter pour atteindre souvent 40€ pour un album neuf ? Pourquoi accepterait-on de payer cette somme conséquente pour écouter des titres dont la plupart sont disponibles en ligne gratuitement ? Sachant que le profil de l’acheteur régulier ou occasionnel n’a plus rien à voir avec celui qui consommait de la musique au format physique avant que la tempête du MP3 ne dévaste l’industrie musicale. Désormais, le consommateur de musique occasionnel et le mélomane sans le sou (qui ont en fait des habitudes assez similaires) se contentent très largement d’un abonnement à une plateforme de streaming ; si bien que l’acheteur de vinyle apparaît comme un animal bizarre aux yeux du grand public, dont les postes de dépense concernent essentiellement la culture dématérialisée.


Mais alors, pourquoi stocker de tels supports alors que la tendance est à l’évidement et à la circulation des vêtements et autres objets encombrants pour faire de la place dans ses placards ?


On peut d’abord arguer du fait que la dématérialisation a contribué à éloigner les artistes de leur public, ce qui peut expliquer le regain d’un désir de matérialité du support. Acheter un vinyle à des prix exorbitants est une façon de montrer son engagement vis-à-vis de l’artiste en s’inscrivant contre les pratiques confiscatoires des plateformes musicales. Mais cet argument essentiellement nostalgique tient-il vraiment la route ? Les prix du vinyle ne cessent d’augmenter pour raisons économiques liées aux frais de fabrication et d’expédition des cartons. On invoque la hausse (minime en fait )- du polymère vinylique, matière première du disque, mais cela n’explique toujours pas la faible sensibilité au prix des consommateurs de vinyles que l’augmentation des prix ne semble pas décourager.


Il semblerait que le vinyle qui fût pendant longtemps un format sollicité par les collectionneurs ringards et autres gitans de la musique soit en train de devenir un objet ostentatoire, si ce n’est de luxe. C’est un signal qui permet d’envoyer aux autres un indicateur de son pouvoir d’achat. C’est en quelque sorte le fameux effet Veblen qui semble jouer, à savoir que l’intérêt des consommateurs pour un produit augmente au fur et à mesure que le prix s’accroît. Autrement dit, le fait de montrer aux autres que l’on écoute des vinyles serait une nouvelle forme de snobisme. A ceci près que ce snobisme n’affecte pas une classe de loisir qui chercherait à montrer sa domination par des dépenses inconsidérées permettant de montrer son pouvoir économique, symbolique et culturel. Il s’agit ici d’un effet de snobisme s’incarnant dans un produit dont le prix reste modeste. Une façon d’afficher son statut quand on a déjà la même machine Nespresso et qu’on n’a pas les moyens ni la place d’acheter un frigidaire américain. Serait-ce donc cela le nouveau luxe ?


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