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La Bourse, c'est le cimetière des ambitions stratégiques

Publié le mercredi 11 septembre 2019 . 3 min. 34

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Vous pensez certainement que les marchés boursiers servent avant tout à financer les entreprises en manque de capitaux. Les médias se font ainsi fréquemment l’écho d’introductions en Bourse spectaculaires, qui brassent des milliards et enrichissent les fondateurs de startup au-delà du raisonnable. Or, ces opérations cachent une réalité beaucoup moins glorieuse.

On assiste en effet depuis la fin des années 1990 à deux phénomènes curieux : premièrement, sur les principales places boursières mondiales, les rachats d’actions dépassent désormais très largement les émissions d’actions. En 2018, le volume global de rachats d’actions, avec un total de plus de 1 100 milliards de dollars, a ainsi été 6 fois plus important que le volume global d’émissions d’actions, ce qui tend à prouver que la Bourse sert de plus en plus à faire monter le prix des actions en organisant leur rareté, et de moins en moins à financer effectivement l’économie. En rachetant leurs propres actions, les entreprises cotées financent la Bourse, et non l’inverse. Deuxièmement, le nombre de sociétés cotées s’effondre. En 20 ans, entre 1997 et 2016, le nombre d’entreprises cotées à New York a diminué de plus de 50 %, passant de 8 800 à 3 700. De même, entre 2009 et 2018, le nombre de sociétés cotées a reculé de 45 % à la Bourse de Francfort, et de 20 % à la Bourse de Londres. Comment expliquer ces évolutions ?

L’inconvénient d’être une société cotée

En fait, être une société cotée est souvent plus un inconvénient qu’un avantage en termes de stratégie. Si vous êtes coté, outre les frais de courtage, vous devez vous plier à de nombreuses obligations administratives, vous êtes soumis au court-termisme des marchés et à la pression des spéculateurs, et surtout vous êtes constamment observé par les analystes, qui peuvent dans certain cas vous obliger à changer votre stratégie, du simple fait qu’elle ne correspond pas à leur propre doctrine. Accor a ainsi été forcé de céder son activité tickets restaurants, tandis que Zodiac a dû se scinder en Zodiac Marine et Zodiac Aerospace. De même, lorsque Dell a voulu amorcer son repositionnement des ordinateurs vers les services informatiques, les analystes ont estimé que cette stratégie prendrait trop de temps pour porter ses fruits. Le fondateur, Michael Dell, a dû quitter sa retraite dorée pour racheter son entreprise et la sortir de la Bourse, en considérant que c’était la seule manière de réaliser sa stratégie. Elon Musk, dont les relations avec la Bourse sont particulièrement houleuses, a évoqué à plusieurs reprises une décision du même type à propos de Tesla.

Le recours au capital investissement

De fait, les entreprises peuvent recourir à des moyens moins contraignants et moins coûteux que les marchés boursiers pour se financer. On estime ainsi que les fonds de capital investissement disposent d’un volant de liquidités d’environ 1 000 milliards de dollars. À cela s’ajoute le fait que de nos jours les modèles économiques vedettes nécessitent des capitaux moins importants que ceux du vingtième siècle : alors que les champions d’alors étaient des compagnies pétrolières ou des constructeurs automobiles, ceux d’aujourd’hui sont des plateformes numériques, nécessairement moins gourmandes en investissements.

Au total, la désaffection des entreprises pour les marchés boursiers semble être une tendance de fond. À trop surjouer l’impératif dogmatique de la valeur actionnariale, la Bourse est devenue le cimetière des ambitions stratégiques.


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