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Éloge de l’inattendu - L'art de se laisser surprendre

Publié le mercredi 6 avril 2022 . 4 min. 32

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« Il n'y a que deux espèces de plans de campagne, les bons et les mauvais » écrivait Napoléon dans une correspondance, avant d’ajouter que « les bons échouent presque toujours par des circonstances imprévues, qui font souvent réussir les mauvais » (p. 26).


Est-ce à dire qu’on ne remporte jamais la victoire qu’au feeling, sans plan de campagne, sans prévoir ce qui va se passer sur le champ de bataille ? Si la théorie napoléonienne était avérée, il faudrait revoir en partie nos enseignements de gestion. Toutes celles et ceux qui ont étudié le management à l’école ou à l’Université en effet, ne peuvent ignorer la séquence d’action proposée par Henri Fayol : Planifier, Organiser, Coordonner, Contrôler et Commander. Or il ne fait aucun doute que la plus stratégique de ces actions managériales est la première, la planification. D’abord parce qu’elle conditionne la réussite des quatre autres, mais aussi et surtout parce qu’elle tente, grâce à son carnet de présages, de prémunir les autres séquences contre les transformations probables de l’environnement. Manager sans plan d’affaires, sans plan de financement ou plan d'équipement, cela reviendrait à ne pas manager du tout, tant il est admis que tracer les scénarios d’anticipation concernant les revenus, les dettes ou les locaux constitue la première mission d’un dirigeant conséquent.


Devant ce schéma de pensée, le théoricien de l’éloquence Cicéron, un Grec du premier siècle avant Jésus-Christ aurait pourtant trouvé à redire, lui qui faisait une distinction entre les facta et les futura. Car lorsque nous produisons nos pronostics nous nous appuyons sur ce que nous savons des faits du passé, mais nous ignorons tout des « faits-à-naître » (p. 112), des faits qui ne se sont pas encore produits. Par définition, nous ne savons jamais de manière certaine ce que sera l’ordre d’arrivée d’une course de chevaux, il en est de même pour le calcul de la part de marché qu’une société réussira à conquérir à long terme. En économie, nous imaginons des futurs possibles, mais jamais nous ne sommes vraiment en mesure de déterminer ce que seront les futura, événements ou hasards, dont les déterminants nous échappent toujours avant qu’ils ne se produisent.


Faut-il en tirer la conclusion que la première proposition de Fayol est fausse ? Ce n’est pas l’avis de Philippe Gabilliet, dans son Eloge de l’inattendu, qui met toutefois une condition, celle qui consiste à « quitter la logique mécaniste du prolongement pour entrer dans la prospective de la rupture » (p. 103). Pour cela l’auteur ouvre trois perspectives afin de nous y aider :


- Primo, il nous fait reconsidérer le sens du mot prévision. Prévoir ne consisterait pas à prophétiser l’avenir mais à nous interroger sur les « avenirs possibles » (p. 22). Du reste, il précise que cette forme d’interrogation nous confronte de manière intelligente à l’inattendu, qui quelque part nous attend. Cette forme d’intelligence qui interroge les possibles serait d’ailleurs, selon les paléontologues cités dans le texte, la raison pour laquelle chez Homo Sapiens s’est accru « la masse cérébrale pré-frontale » (p. 15).


- Secundo, il nous offre une catégorisation des différentes attitudes que nous avons généralement face aux possibilités qu’offrent le futur : l’autruche qui enfouie sa tête dans le sable, le pompier toujours en retard d’un wagon, le joueur qui prend son risque, l’assureur qui s’en protège, la sentinelle qui réfléchit tant et plus ou enfin l’explorateur, lequel a la préférence ici, qui développe un rapport sentimental avec l’inattendu, et qui sait que c’est grâce à lui que de nouveaux projets vont être rendus possibles.


- Tertio, face aux diverses turbulences que nous réserve les contingences du lendemain, Philippe Gabilliet remet au goût du jour la notion antique de futurs contingents. En fait face au futur nous sommes toujours tels des sismologues face à la possibilité d’un tremblement de terre : nous ne savons pas dire quand il aura finalement lieu. C’est pourquoi l’attitude de proactivité est au fond préférable à tout autre, car c’est la seule qui nous prépare aux rencontres les plus inattendues et « aux surprises du réel » (p. 123). Ces amoureux de l’inattendu auxquels l’auteur, dans le chapitre 10, donne les noms de créateurs, de chercheurs, d’artistes, d’innovateurs et d’entrepreneurs, car selon lui, « on n'a jamais trouvé mieux que l'inattendu et l'imprévu pour lutter contre les habitudes et le conformisme » (p. 132).


Je conclurai donc sur le conseil pratique que nous suggère l’auteur page 61, en nous appuyant sur nos capacités d’observation, notre mémoire et notre imagination, de lister et de trier par ordre de certitude décroissante nos prévisions d’avenir. Comme pour se préparer à y faire face, et pour, comme l’écrit Blaise Pascal, « travailler pour l’incertain ». Et en se faisant au passage une tout autre conception de la planification que celle élaborée il y a un siècle par Fayol, comme s’il s’agissait d’abord d’une « intelligence des possibles ».


D'APRÈS LE LIVRE :

Éloge de l’inattendu - L'art de se laisser surprendre

Éloge de l’inattendu - L'art de se laisser surprendre

Auteur : Philippe Gabilliet
Date de parution : 14/10/2021
Éditeur : Saint-Simon
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