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13/09/201603:04

La performance est l’objet central des organisations, voire leur but ultime. Mais la performance est aussi un discours. Une bonne illustration de ce phénomène est la demande de rentabilité financière exigée par les actionnaires. Un chiffre magique depuis plusieurs années est l’obtention d’un return on equity, de 15 %.


Cela est surprenant car la théorie financière nous apprend qu’il ne devrait pas exister un taux mais plusieurs taux selon les classes de risque auxquelles appartiennent les entreprises examinées. Un autre paradoxe, encore plus troublant, est le niveau de l’objectif ainsi fixé. Comme le souligne le Cercle des économistes, ce taux n’est pas soutenable dans le long terme, dans la mesure où il ne saurait excéder en moyenne le taux de croissance de l’économie.


Pourtant cela a été le cas pendant 20 ans. Ainsi de 1981 à 2001, l’indice boursier de la place de Paris – le SBF 120 – a été multiplié par 11,8, soit une hausse moyenne de 13 %/an. Si on ajoute à cela 2 % de dividende par an, on obtient bien 15 % de rentabilité. Il en va de même aux États-Unis.


Durant la même période, le taux de croissance mondial n’a été que 6-7 %/an. Le supplément de rentabilité, obtenu grâce à la forte baisse des taux d’intérêt durant la période, est responsable d’une augmentation de la rentabilité financière de 6 % par an en moyenne. À cela s’ajoute l’effet de la redistribution de la valeur ajoutée  très favorable aux détenteurs du capital suite aux politiques de l’offre mises en place au début des années 1980 et aux pressions salariales consécutives aux délocalisations dans des pays à bas coûts de main-d’œuvre. L’impact serait de 2 % de rentabilité supplémentaires par an sur la période selon le Cercle des économistes. Si on additionne l’ensemble de ces effets, on arrive bien à un taux avoisinant les 15 %.


Ce taux est le double produit historique d’une situation de baisse des taux d’intérêt d’une part et de délocalisation et pression sur les salaires d’autre part. Or ces deux effets ont sans doute disparu au cours des années 2000. Les taux d’intérêt atteignent des niveaux historiquement bas et les délocalisations produisent des tensions sociales dans les pays occidentaux et des revendications de salaires dans les pays en développement qui viennent limiter les effets de ces politiques sur la rentabilité financière. Dès les années 1990, tous les facteurs étaient réunis pour que le taux de 15 % de rentabilité financière ne soit plus soutenable et soit dénoncé par de managers, eux aussi victimes de cette pression à la performance. Confronté à l’impossibilité d’atteindre les objectifs de rentabilité financière demandée, certaines entreprises ont triché, par grappe, ce qui explique la simultanéité des grands scandales financiers en vue de s’aligner sur des attentes irréalistes. La difficulté est alors de définir, collectivement, une norme de performance sachant que certains modèles peuvent être historiquement datés ou que des acteurs peuvent tricher.


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Mots clés : StratégieRecherche en gestionFNEGEUniversité Paris-Dauphine

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