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Comprendre les points forts et les faiblesses de l'économie russe

Publié le mardi 22 février 2022 . 4 min. 22

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L’économie russe, c’est du pétrole, du gaz, du blé et de l’armement. Le raccourci paraît brutal, mais les données du commerce extérieur en attestent.


Maladie hollandaise


Le pétrole brut, les produits raffinés du pétrole, le gaz naturel et autres produit dérivés représentent, selon les cours, entre 47 et 70% de la valeur des produits exportés. Cette focalisation des marchés d’exportations permet de prendre la mesure de ce qui fait figure de véritable addiction aux hydrocarbures. Pour mieux l’appréhender encore, une simple superposition entre d’un côté le PIB et de l’autre le prix du Brent surligne l’hyperconcentration de la structure productive sur l’exploitation et l’exportation de pétrole tant le profil des courbes est proche. Chaque envolée et chaque décrochage des cours, et c’est la croissance qui accélère ou qui flanche.


Tous les symptômes de la maladie hollandaise sont donc présents. La Russie s’est engouffrée dans la valorisation de ses ressources naturelles au détriment de son industrie manufacturière et la rente, au lieu d’être réinvestie en interne pour moderniser aujourd’hui le pays, est rentabilisée hors du territoire via des compagnies offshores. Bilan, l’industrie russe est déclassée et occupe une position marginale dans l’économie mondiale : de la machine-outil, au matériel électrique en passant par l’industrie pharmaceutique et l’automobile, la Russie dépend de ses fournisseurs extérieurs et des technologies étrangères.


Une puissante industrie de défense


Si la Russie est assurément une économie pétrogazière, elle détient néanmoins quelques positions fortes :


- Dans le domaine agricole, elle est notamment l’un des principaux producteurs et exportateurs de céréales au monde et a même détrôné les États-Unis en tant que 1er fournisseur mondial de blé depuis 2018, place qu’elle a confortée en 2020.
- Elle dispose néanmoins de bastions dans des secteurs avancés comme ceux de l’aéronautique, de l’aérospatiale ou du nucléaire et de toutes les branches d’activité gravitant autour de sa puissante industrie de la défense. C’est en partie l’héritage industriel soviétique. L’armée russe en quelques données c’est 6 850 têtes nucléaires opérationnelles, c’est plus que les États-Unis, seul pays à jouer dans la même catégorie. Avec plus de 100 satellites militaires, elle se situe dans le top 3, top 3 qui écrase le reste de la concurrence internationale. Mais c’est aussi vrai pour le nombre de sous-marins d’attaque ou d’avions de combat. Idem pour le nombre de chars ou de véhicules blindés pour l’infanterie. Bref, la Russie, quel que soit l’équipement militaire, se situe dans le « top 3 » mondial et se place en tant que deuxième exportateur avec 20% de parts de marché, derrière les États-Unis intouchables.


Le pétrole, le gaz, le blé, l’armement, c’est finalement suffisant pour dégager des excédents commerciaux et d’empiler au fil des ans les excédents courants qui ont représenté en moyenne 4% du PIB sur les 15 dernières années. À plus de 630 milliards de dollars, les réserves de changes ont de leur côté atteint un sommet historique en décembre 2021 et couvrent désormais 2 ans d’importations environ.


Des risques sérieux pèsent sur la reprise économique


Des comptes extérieurs solides tout comme les comptes publics. L’endettement public est limité à moins de 20% du PIB seulement et le pays a disposé des marges de manœuvre budgétaires nécessaires pour soutenir son activité au pic de l’épidémie.


En outre, entre santé et économie, le Kremlin a choisi, c’est l’économie à tout prix. Une gestion de la crise qui a permis à l’activité russe de vite remonter la pente (limitant à 3% la chute de sa croissance en 2020, et de se hisser au-dessus de son niveau prépandémie dès le 2e trimestre 2021), portée notamment par la flambée du pétrole et du gaz. Excepté la Chine, aucun émergent ne fait mieux.


Toutefois, plusieurs risques sérieux pèsent sur la reprise :


- Risque interne, l’inflation approche les 9%. C’est plus de deux fois au-dessus de la cible des 4% fixée par les autorités monétaires. La hausse des prix n’avait jamais été aussi élevée depuis janvier 2016 et vient ronger le pouvoir d’achat. Une envolée qui a déjà contraint la Banque centrale à remonter son taux directeur par 8 fois depuis mars 2021 et d’autres sont prévues.
- Risque externe aussi avec la montée des tensions autour de l’Ukraine et avec elle, la menace de nouvelles sanctions occidentales et la fuite des capitaux.


Et in fine, si la gestion de la crise apparaît comme une petite victoire pour la Russie, sur le fond les problèmes structurels demeurent : base sectorielle rabougrie, faible productivité du travail, manque chronique d’investissements notamment dans les infrastructures, retards technologiques, déclin démographique, faiblesses institutionnelles qui font fuir les investisseurs. Des lacunes qui d’après le FMI limitent le potentiel de croissance du pays à 1,6%, le plus faible des grands pays émergents.


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