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Cette croyance repose sur l’idée que, tel un phénix, le capitalisme renaît à chaque crise en changeant de mode de fonctionnement. New Deal et keynésianisme après 1929, fordisme et consommation de masse après la Seconde Guerre mondiale, néolibéralisme et financiarisation au tournant des années 1970 face à la crise pétrolière et à la stagflation. Cette époque s’achève avec la crise des subprimes (2007-2008), laissant place à une financiarisation extrême, soutenue par les États et les banques centrales, suppléant les entreprises privées défaillantes.
Un regard historique montre cependant que d’autres formes d’organisation sociale ont existé. L’historien Jérôme Baschet s’interroge ainsi dans son ouvrage Quand commence le capitalisme ? et définit deux critères fondamentaux à son existence : d’une part, l’extension du capital au-delà du commerce et du crédit, jusqu'à la sphère productive ; d’autre part, l’influence structurante des rapports capitalistes sur l’ensemble de la société. Ces conditions n’étaient pas remplies sous le féodalisme ou dans l’Antiquité.
Ellen Meiksins Wood, dans L’origine du capitalisme, distingue le profit marchand, issu de la revente à un prix supérieur, du profit capitaliste, qui se réalise dès la production. Cette transition n’a pas été spontanée : le passage d’une société féodale aux statuts rigides à une société où les serfs deviennent des travailleurs "libres" a nécessité une intervention étatique contraignante. Cette "liberté" impliquait l’obligation de vendre sa force de travail sur un marché dominé par ceux détenant les moyens de production.
Les premières manufactures ont souvent échoué, comme l’explique Max Weber dans L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme. L’ouvrier ne raisonnait pas en termes de productivité maximale mais visait simplement à couvrir ses besoins. Il fallut une révolution des valeurs et des rapports sociaux pour que le travail soit perçu comme un simple moyen d’accéder à un salaire, participant à la rationalisation économique.
L’histoire des conquêtes sociales (droit du travail, congés payés, Sécurité sociale) montre la capacité du capitalisme à se transformer, confortant l’idée de sa résilience. Mais cette adaptabilité a un coût : creusement des inégalités, dégradation environnementale, perte de sens du travail, transformation des subjectivités..
Le capitalisme ne s’adapte aux crises qu’il engendre qu’en en créant de nouvelles, comme la crise environnementale qui s’accentue. C’est que la soif d’accumulation qui le caractérise est sans limite.
Un regard historique montre cependant que d’autres formes d’organisation sociale ont existé. L’historien Jérôme Baschet s’interroge ainsi dans son ouvrage Quand commence le capitalisme ? et définit deux critères fondamentaux à son existence : d’une part, l’extension du capital au-delà du commerce et du crédit, jusqu'à la sphère productive ; d’autre part, l’influence structurante des rapports capitalistes sur l’ensemble de la société. Ces conditions n’étaient pas remplies sous le féodalisme ou dans l’Antiquité.
Ellen Meiksins Wood, dans L’origine du capitalisme, distingue le profit marchand, issu de la revente à un prix supérieur, du profit capitaliste, qui se réalise dès la production. Cette transition n’a pas été spontanée : le passage d’une société féodale aux statuts rigides à une société où les serfs deviennent des travailleurs "libres" a nécessité une intervention étatique contraignante. Cette "liberté" impliquait l’obligation de vendre sa force de travail sur un marché dominé par ceux détenant les moyens de production.
Les premières manufactures ont souvent échoué, comme l’explique Max Weber dans L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme. L’ouvrier ne raisonnait pas en termes de productivité maximale mais visait simplement à couvrir ses besoins. Il fallut une révolution des valeurs et des rapports sociaux pour que le travail soit perçu comme un simple moyen d’accéder à un salaire, participant à la rationalisation économique.
L’histoire des conquêtes sociales (droit du travail, congés payés, Sécurité sociale) montre la capacité du capitalisme à se transformer, confortant l’idée de sa résilience. Mais cette adaptabilité a un coût : creusement des inégalités, dégradation environnementale, perte de sens du travail, transformation des subjectivités..
Le capitalisme ne s’adapte aux crises qu’il engendre qu’en en créant de nouvelles, comme la crise environnementale qui s’accentue. C’est que la soif d’accumulation qui le caractérise est sans limite.
Publié le mercredi 16 avril 2025 .
3 min. 06
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