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Les JO sont une confrontation sportive essentielle pour les athlètes et un spectacle pour la majorité, mais aussi un test pour lancer de nouvelles activités susceptibles d’étendre les possibilités de rentabilité de ce nouveau secteur des loisirs sportifs.


Ceux de Paris en offrent une éclatante démonstration avec la confirmation ou l’intégration de quatre activités. Pour être introduite aux JO, une discipline doit être pratiquée par les hommes dans au moins cinquante pays et trois continents, et par les femmes dans au moins trente-cinq pays sur trois continents. Et à chaque édition des sports peuvent être supprimés (baseball et softball en 2012), réintroduits (golf et rugby en 2016) ou intégrés par le pays organisateur. Les JO de Tokyo en 2021 ont vu la réintroduction du baseball et du softball et l’arrivée du karaté, de l'escalade, du skateboard et du surf. Les trois derniers sont confirmés à Paris et s’y ajoute le breakdance.


Pour contribuer à la consolidation marchande du secteur des loisirs sportifs, ces activités doivent remplir certaines conditions.
Soit être le vecteur de vente de produits liés à l’activité comme avec le skateboard, qui est surtout pratiqué par des jeunes amateurs, acheteurs de matériels et de vêtements.


Soit être le moyen d’expression de spectacles, ce qui est de plus en plus le cas du breakdance.


Le cas de l’escalade est encore plus révélateur du rôle que peut jouer une spécialité sportive pour contribuer au développement capitaliste du secteur des loisirs. Introduite à Kyoto, elle comportait trois types d’épreuves devant être pratiqués par tous et donner lieu à l’attribution d’une seule médaille d’or pour l’ensemble par sexe.


Ces trois disciplines étaient la vitesse, consistant à gravir le plus vite possible un mur de quinze de mètres incliné à 5° au-delà de la verticale, le bloc où il s’agit de réussir sans corde quatre voies d’une hauteur maximum de 4,5 m et la difficulté où on doit escalader une voie de plus de 15m bien au-delà de la verticale. Mais ce format de compétition mélangeait les choux et les carottes, la vitesse étant très différente des deux autres et peu pratiquée par les spécialistes de blocs et de difficulté.


Pour les grimpeurs, la meilleure solution ayant du sens par rapport à leur pratique aurait été de décerner une médaille d’or par type d’épreuve. Le CIO n’a pas accepté cette solution, mais pour Paris, la vitesse donnera lieu à une médaille, le bloc et la difficulté étant combinés pour une autre, un compromis accueilli favorablement par les grimpeurs.


On peut effectivement considérer que les JO de Paris seront mieux en phase avec la réalité de la pratique, l’escalade de vitesse n’étant en fait que très peu pratiquée dans le monde.


Alors pourquoi maintenir une épreuve si marginale ? Parce qu’elle est spectaculaire vous diront les journalistes et ceux qui ne pratiquent pas l’escalade. Et c’est vrai que c’est impressionnant de voir l’agilité avec laquelle les grimpeurs « avalent » les 15 mètres du mur. Impressionnant mais répétitif et je ne connais pas un seul grimpeur qui reste plus de cinq minutes à regarder une compétition de vitesse.


En revanche, le bloc et la difficulté non seulement sont les formes traditionnelles de la pratique mais surtout, sur des structures artificielles comme celles où se déroulent les compétitions, elles débouchent sur la pratique en salles privées dont le nombre explose dans le monde entier.


L’escalade aux JO offre ainsi une illustration parfaite de ce qui est attendu de ce type de compétitions. Les non-pratiquants regarderont à la télévision l’escalade de vitesse, assurée spectaculaire à l’envi par les commentateurs et les deux autres spécialités intéresseront les pratiquants fournissant la future clientèle des salles privées. Elle remplit ainsi les deux conditions pour être une source de rentabilité dans le secteur des loisirs, celle du spectacle pour les non pratiquants et de la marchandisation de l’activité pour les pratiquants.


Publié le mardi 13 février 2024 . 4 min. 17

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