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Les économistes n'y comprennent plus rien

Publié le lundi 12 septembre 2022 . 5 min. 20

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Rarement nos représentations économiques n’ont été aussi violemment disqualifiées par l’observation des faits. J’aimerais souligner ici 3 anomalies majeures qui sont autant d’énigmes pour la théorie économique.


La première anomalie c’est le découplage inédit de la croissance et de l’emploi. Scruter l’économie française en 2022, c’est scruter une économie évoluant très en dessous de ses capacités (de son potentiel comme on dit). Deux ans et demi, après le Covid, le PIB français se situe à peine 0,9% au-dessus de ses niveaux de fin 2019. Un quasi-surplace qui n’a pas d’équivalent historique et place le PIB très en dessous de sa trajectoire tendancielle pré-covid, considérée déjà comme anémique. Ce que confirme l’OCDE, qui considère le PIB français comme étant encore inférieur de 2% à son potentiel. Ou ce que nous restituent aussi les enquêtes banque de France, sur le périmètre de l’industrie, avec des taux d’utilisation des capacités toujours très inférieurs à leur moyenne historique. Les immobilisations et l’emploi ont résisté dans un premier temps, ce qui aurait dû générer logiquement une situation de sureffectif, défavorable à une reprise de l’emploi ou de l’investissement par la suite. Or ce n’est pas du tout ce que l’on observe.  L’emploi est reparti dès la fin 2020, a dépassé ses niveaux d’avant crise dès début 2021 en dépit des rechutes sanitaires, et surplombe désormais de plus de 800 000 ses niveaux pré-covid. Les difficultés de recrutement sont à leurs zéniths. Les intentions d’embauche demeurent positivement orientées jusqu’en août, surtout dans l’industrie, en dépit d’un coup de froid cet été. Et in fine nous parvenons à ce grand paradoxe : sur 3 ans l’économie a connu sa pire performance de croissance de l’après-guerre, alors que les créations d’emplois sur la même période sont à un quasi-record historique, à plus d’un million, niveau qui n’a été dépassé que lors de l’euphorie de la bulle internet au tournant des années 90-2000.


Deuxième anomalie et deuxième énigme : après deux chocs contraires majeurs les agents privés conservent une situation d’aisance financière qui défie les pronostics. Rappelons-nous nos raisonnements implacables au moment du premier confinement. Effondrement de la rentabilité, mur des faillites etc. L’avenir des entreprises était noir, et dans leur sillage, celui des ménages. Et pour aggraver le tableau, les entreprises doivent absorber depuis fin 2021 le double choc de la surchauffe des matières premières et des salaires. Or, les résultats d’exploitation, l’autofinancement des entreprises se maintiennent à haut niveau, en dépit du reflux des aides. Une aisance que confirment les données bancaires les plus récentes sur le niveau de cash des agents privés : le niveau d’épargne financière, notamment la composante la plus liquide, demeure à des niveaux atypiquement élevés. Le résultat recouvre bien sûr de fortes disparités au plan individuel, mais il n’en bouscule pas moins nos représentations standards.


Troisième anomalie enfin, alors que l’inflation s’infiltre de plus en plus profondément dans l’économie, que les taux d’intérêt remontent, que la récession mondiale paraît inévitable, les Bourses vacillent mais résistent encore sur leur niveau d’avant Covid, ou même au-dessus dans le cas américain. Elles évitent la grande culbute maintenant que la maison flambe, alors même qu’avant Covid, planait déjà la crainte d’un Big One, qu’une simple étincelle était supposée déclencher. Derrière cette étonnante résistance, une autre anomalie majeure. Des taux d’intérêt dont le niveau défie ce que nous croyions savoir sur leur mode de formation. Jusque dans les années 2000, la règle de Taylor fournissait un repère sommaire du niveau de taux à court terme équilibrant le marché. Une règle qui disait en substance qu’un taux court intègre a minima l’inflation courante pour protéger les épargnants, plus une prime sanctionnant le fait que l’inflation s’écarte de sa cible et que l’activité s’éloigne de son sentier soutenable non inflationniste. Si l’on appliquait cette règle aujourd’hui, les taux courts devraient voisiner 14% aux États-Unis et 12% en Europe. Une estimation qui permet de prendre la mesure de l’anomalie actuelle, et du caractère dérisoire des petites remontées de taux initiées par les banques centrales à ce jour. Le psychodrame qui entoure le durcissement actuel  voile mal le fait que  la finance n’a plus aucun encrage monétaire.


Bref, l’économie contemporaine, mettant en échec nos représentations standards dominées par le paradigme de l’équilibre, qui ont la vie dure, emboîte les déséquilibres, des déséquilibres qui eux aussi ont la vie dure. Et plus que jamais nos outils d’analyse, nous poussent à la faute d’interprétation et à la production de fake news, attendant une mise à jour sans cesse reportée. 


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