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Piketty fait l'impasse sur le trou noir du vrai pouvoir financier

Publié le mercredi 2 octobre 2019 . 4 min. 57

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Avec Thomas Piketty, le capital est revenu sur le devant de la scène. Son ouvrage a pour première intention d’ouvrir un débat, pour reprendre ses propres termes. A vrai dire, il le prolonge tant son premier ouvrage a reçu un écho à échelle planétaire. C’est un exploit en soi. La notion de capital est polysémique. Elle est complexe, profondément abstraite et insaisissable en économie. La plupart de nos modèles sont des modèles de flux. Le capital est le plus souvent traité comme une dotation tombée du ciel. Elle recouvre sous le même vocable, les dotations naturelles, de la planète et des individus, les stocks d’immobilier, d’équipement, la propriété intellectuelle, la formation, les patrimoines financiers. Et personne ne détient le modèle complet, capable d’expliciter la dynamique interactive des flux et des stocks à travers toutes leurs dimensions.

Face à cette béance, Piketty privilégie l’histoire des faits, sur longue période. Préalable indispensable à un chantier pharaonique. A travers le terme capital, c’est la mécanique de concentration des revenus et des patrimoines qui est au cœur de son observation et l’identification des régimes, les arsenaux politico-idéologiques, qui sous-tendent la mécanique inégalitaire. Et prolongeant cette analyse, très rapidement le débat se resserre sur la question de la redistribution, autrement dit de la fiscalité, qui pourrait corriger le biais inégalitaire. En s’attaquant à la racine du mal : la concentration cumulative du capital  entre trop peu de mains.

La finance, la grande absente

Dans le monde de Piketty, qui enclave l’économie dans le social, le politique, l’idéologie, il y a pourtant curieusement un grand absent : la finance.  Et l’on se prendrait à rêver d’un ouvrage écrit à quatre mains, Piketty Aglietta. Le capital, pour Piketty, c’est d’abord le patrimoine détenu par les ménages, à travers toutes ses formes (immobilières, productives, financières), à sa valeur de marché.

Dans son approche, le rendement du capital supérieur au taux de croissance, joue un rôle décisif dans la dynamique inégalitaire et de concentration des richesses. Autrement dit, les revenus d’intérêt, les loyers, les dividendes et surtout, les plus-values. Mais, derrière cela, il y a une infrastructure financière, largement passée sous silence à ce stade dans l’approche de Piketty. Or  cette infrastructure joue un rôle décisif dans le rapport de force entre le capital est le travail. Et sa structure oligopolistique, son pouvoir de marché, n’ont fait que se renforcer depuis la crise de 2008.

Pour illustrer mon propos, prenons le cas américain. Il est édifiant. Le fait marquant des années 90-2000, c’est la montée en puissance des gestionnaires d’actifs dans la détention d’actions, relayée par l’explosion des fonds indiciels depuis 2000. Derrière cela, il y’a un développement accéléré de gestionnaires dont la taille et le degré de concentration laissent pantois.  Avec à leur tête, des BlackRock 5251 milliards d’actifs sous gestion en 2018, Vanguard 4257 State street 2200 etc… A eux seuls, les 10 premiers acteurs représentent plus d’un tiers de la capitalisation totale des fonds sous gestion. Pour se faire une idée, Black Rock, c’est une part de l’ordre 5% dans le capital des principaux fleurons du CAC 40 ou du DAX.  A eux-trois, Black Rock + Vanguard + State Street, sont l’actionnaire majoritaire de 90% des entreprises du S&P 500. Un pouvoir considérable lié à leur taille et au risque qu’ils concentrent : pouvoir d’influence sur la gouvernance, pouvoir d’influence sur les autorités de contrôle et de régulation, et surtout, pouvoir d’orientation des choix d’investissement.

Pour dire les choses de façon lapidaire, le capital génère des distorsions de distribution, mais aussi, et peut-être surtout, des distorsions de pouvoir et d’influence. Face à cela, le débat s’engage trop vite sur le terrain de la fiscalité, arme bien dérisoire face au jeu de pouvoir en place.  Chez Piketty, le constat selon lequel le rendement du capital est supérieur au taux de croissance est d’ordre empirique. Sans doute, son approche mériterait-elle d’être approfondie du côté de l’ingénierie financière du capital. Et il est probable alors, qu’à côté de l’enjeu fiscal, émergeraient d’autres dimensions essentielles pour réduire les distorsions de distribution,  relevant de la politique de la concurrence, de la réglementation financières notamment.


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