Connexion
Accédez à votre espace personnel
Recevez nos dernières vidéos et actualités quotidiennementInscrivez-vous à notre newsletter
ÉCONOMIE
Décryptages éco Intelligence économique Intelligence sectorielle Libre-propos Parole d'auteur Graphiques Notes de lecture
STRATÉGIE & MANAGEMENT
Comprendre Stratégies & Management A propos du management Parole d'auteur
IQSOG
RUBRIQUES
Économie généraleFranceEurope, zone euroÉconomie mondiale Politique économique Emplois, travail, salairesConsommation, ménagesMatières premières Finance Géostratégie, géopolitique ComprendreManagement et RHStratégieMutation digitaleMarketingEntreprisesFinanceJuridiqueRecherche en gestionEnseignement, formation
NEWSLETTERS
QUI SOMMES-NOUS ?

Voir plus tard
Partager
Imprimer

Quand on se lance dans une activité, qu’il s’agisse de grimper, de créer une entreprise, ou tout simplement de réfléchir, mieux vaut ne pas penser à tous les obstacles que l'on va rencontrer en chemin. Il est difficile en effet d’anticiper sa propre avancée en se figurant les moments où elle sera arrêtée ; prévoir ces arrêts, c'est en quelque sorte risquer de s'arrêter avant d'avoir commencé. C’est bien ce que l’on insinue lorsque l’on dit « se faire une montagne» de quelque chose ». L'esprit s'arrête alors devant lui-même, devient son propre problème, problema en grec signifiant justement « obstacle ». Les entrepreneurs savent fort bien que celui qui réfléchit trop, qui hésite, ferait mieux de se dire : « on verra bien ». Tout comme l’échec, l’obstacle, ce contre quoi on se heurte, est une dimension constitutive du capitalisme, car c’est une sorte de stimulus qui permet de «faire mieux» et de se dépasser soi-même. Et s’il n’y avait jamais rien qui nous mette dans les conditions de devoir résister ou réagir, nous n’aurions aucune possibilité de progrès.


Pourtant avoir atteint un certain niveau de maîtrise technique ou être enivré de confiance en soi ne signifie pas que nous puissions dominer le monde : il nous faut accepter que ramener à soi ce qui ne dépend pas de nous est littéralement insensé, tant la réalité excède indéfiniment nos capacités. Pourtant cette perspective a été bouleversée par les monothéismes affirmant à la fois la domination infinie de Dieu sur le monde et la domination de l'homme sur les autres êtres. La mer Rouge pouvait ainsi s'ouvrir pour offrir un passage au peuple hébreu et la foi pouvait soulever des montagnes, autant de miracles qui dépassent aujourd'hui encore, et de loin, nos capacités techniques – mais qui ne se produisent plus. Notre matrice culturelle a toujours fait de l'obstacle un scandale : toujours présent et néanmoins toujours surmontable.


Pour autant l'obstacle ne peut être pensé comme ce qui devrait systématiquement être éliminé ; il faut à l'inverse le considérer comme une composante essentielle du mouvement, et cela d'autant plus que le mouvement génère l'obstacle, comme le montrent les végétaux qui croissent en s'enchevêtrant ou l'araignée tissant sa toile. L'obstacle est alors composante de la vie, de l'existence, il y a toujours quelque chose ou quelqu'un  qui se tient là, debout et devant, qui se présente et qu'on ne peut effacer. Tous les obstacles sont-ils pour autant surmontables ? A cette question inévitable, la réponse est clairement non.


Mais comment franchir ou aborder autrement les obstacles. C’est à cette question que répond fort habilement Jérôme Lèbre,  dans  son ouvrage sobrement intitulé Repartir. Que faire devant ces obstacles qui obstruent notre chemin : faut-il traverser, transpercer, s’insinuer. Ou bien contourner et éviter. Ou encore sauter, surmonter. A moins qu’il ne s’agisse tout simplement d’attendre. Et puis face à ces actes négateurs que sont le doute ou la destruction, quelle est la voie possible, si ce n’est celle du contournement ou bien du polissage, qui, ôtant toute forme de résistance crée des surfaces lisses, régulières et rassurantes. Et si la notion d’obstacle est féconde, c’est parce qu’elle dégrise nos rêves de toute-puissance et ridiculise notre propension à vouloir tout expliquer et expliquer le Tout. Comme le disait Paul Valéry, « les obstacles sont les signes ambigus devant lesquels les uns désespèrent, les autres comprennent qu'il y a quelque chose à comprendre ». – Même s’il en est qui ne les voient même pas…


Publié le mardi 21 novembre 2023 . 4 min. 06

Téléchargez l'application


Les dernières vidéos
Management et RH

Les dernières vidéos
de Benoît Heilbrunn

x
Cette émission a été ajoutée à votre vidéothèque.
ACCÉDER À MA VIDÉOTHÈQUE
x

CONNEXION

Pour poursuivre votre navigation, nous vous invitons à vous connecter à votre compte Xerfi Canal :
Déjà utilisateur
Adresse e-mail :
Mot de passe :
Rester connecté Mot de passe oublié?
Le couple adresse-mail / mot de passe n'est pas valide  
  CRÉER UN COMPTE
x
Saisissez votre adresse-mail, nous vous enverrons un lien pour définir un nouveau mot de passe.
Adresse e-mail :