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La supercherie du "développement personnel"

Publié le jeudi 6 mai 2021 . 4 min. 26

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On reproche souvent au capitalisme de se nourrir d’un phénomène d’exploitation. Mais de quelle exploitation parle-t-on ? Des ressources naturelles ? Des travailleurs ? De nos émotions ? De notre attention ? Son coup de génie est d’avoir pensé un système d’exploitation de soi par soi. Bienvenue dans le monde merveilleux du Développement personnel qui tourne autour d’un axiome : « quand on veut, on peut ». Or, comme le montre Thierry Jobard, auteur d’un petit essai très incisif sobrement intitulé Contre le développement personnel, le DP est une supercherie car il encourage l’épanouissement d’individus qui sont responsables de tout à 100%. De leur vie, leurs amours, de leur malheur, de leur santé. Flaubert ne disait-il pas, comme le rappelle l’auteur en incise de son livre « Être bête, égoïste et avoir une bonne santé, voilà les trois conditions pour être heureux ». Et, précisait-il, « si la première vous manque, tout est perdu ».

De la psychologie positive à la méditation, de l’analyse transactionnelle à l’hypnose en passant par le hygge danois et le coloriage, le DP est absolument partout, si bien qu’il occupe aujourd’hui plus de place dans les rayonnages de libraires que les sciences humaine ou la philosophie. La psychanalyse n’a qu’à bien se tenir ! Mais finalement quel problème pose le DP ? Pourquoi remettre en cause une invention culturelle qui vise à nous donner les clés de notre épanouissement et nous octroyer un surplus d’être afin que nous devenions de meilleurs individus ? Et surtout qu’apporte-t-il de plus que la méthode d’Emile Coué qui indique déjà dès 1923, « Nous possédons en nous une force d’une puissance incalculable qui, lorsque nous la manions de façon inconsciente, nous est souvent préjudiciable. Si, au contraire, nous la dirigeons d’une façon consciente et sage, elle nous donne la maîtrise de nous-même et nous permet non seulement d’aider à nous soustraire nous-même et à soustraire les autres à la maladie physique et à la maladie morale, mais encore de vivre relativement heureux, quelles que soient les conditions dans lesquelles nous puissions nous trouver ». Et que recherchent en effet les adeptes du Développement personnel, appelons-les les dpistes, si ce n’est la recherche de ce Souverain Bien dont la philosophie grecque à fait une question centrale de l’existence des occidentaux ?


L’idéologie dpiste qui se cache par exemple derrière la question du bien-être au travail renvoie à une notion bien connue des managers qui est l’autonomie. Quoi de mieux pour qu’un salarié s’approprie un projet que de le rendre responsable de son succès en lui fixant des objectifs et en lui donnant toute latitude pour les atteindre ? Ce qui est une façon d’intérioriser la contrainte de réussite. Mais c’est aussi une façon de l’éloigner du collectif, à partir du moment où il ne peut plus compter que sur ses propres ressources. Cette idéologie dpiste fait reposer l’employabilité sur l’individu, son autonomie et sur l’idée d’un potentiel à révéler et exploiter. Ce n’est que la réappropriation et le recyclage par le capitalisme du thème de la réalisation de soi qui fût l’un des principaux leviers de la critique anti capitaliste des années 60. Il semblerait que l’énergie émancipatrice ait été convertie en investissement dans le travail en se cachant derrière des notions telles que l’empowerment ou la réalisation de soi qui est à la base du développement personnel. Comme le dit joliment Thierry Jobard, « le sujet néolibéral devient l’investisseur de son propre Moi ». Il s’agit de fabriquer un Moi qui puisse plaire aux investisseurs. Bref de transformer l’individu en marque pour le meilleur et pour le rire…


Référence :

Thierry Jobard, Contre le développement personnel. Authentique et toc, Rue de l’Echiquier, collection « Les incisives », 2021.


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