Ce qui permet de faire réussir une équipe ou une entreprise, ce n’est pas seulement l’intelligence de chacun, le savoir-faire ou la vision stratégique ; une aptitude dépasse toutes les autres, dont on parle pourtant moins souvent : l’intelligence relationnelle.
Lors de l’épidémie de covid, la plupart des entreprises ont constaté que la créativité avait baissé, alors même que grâce aux visio-conférences et aux outils de travail à distance, l’organisation avait parfaitement fonctionné. Les idées nouvelles que l’on voit surgir lorsque les gens sont physiquement ensemble, à la machine à café par exemple, avaient été moins nombreuses. La qualité de la relation, par écrans interposés, n’était pas tout à fait la même. Néanmoins, dans certaines entreprises ou des petites équipes où est particulièrement valorisée l’intelligence relationnelle, l’énergie créatrice était restée identique.
Si l’on en croit l’ancienne directrice d’Estée Lauder, Michaela Merk, qui a beaucoup travaillé sur l’intelligence relationnelle, il s’agit d’un talent, donc elle est en partie innée. Mais on peut la travailler, car elle devient encore plus essentielle à l’heure où l’intelligence artificielle va supplanter beaucoup de savoir-faire techniques. Le nouveau leader doit savoir connecter profondément et pas seulement communiquer rapidement, pour être un catalyseur de performance collective.
L’empathie est le premier socle de cette intelligence relationnelle. L’exercer suppose de suivre la règle d’Epstein : « la première étape vers la compréhension est l’observation ». Il faut donc observer les autres avant d’agir. Ce n’est pas forcément une évidence. Chez Toyota, la politique d’observation joue un rôle si important qu’elle porte un nom, imprononçable : la méthode Genchi Genbutsu, en clair aller voir sur le terrain et ne pas se fonder sur des rapports. Cela veut dire observer avant d’agir, mais aussi écouter avant de parler, reformuler pour clarifier les choses, et rester humble pour encourager. L’humilité ne veut pas dire qu’il faut minimiser vos propres compétences, mais simplement reconnaître celles des autres.
Deuxième composante de l’intelligence relationnelle, la confiance. Celle que l’on inspire aux autres et celle qu’on leur accorde en créant un climat de confiance. Inspirer la confiance suppose d’être exemplaire, de rester authentique, et d’être le plus transparent possible. Pour citer encore une fois Einstein : « Celui qui n’est plus capable de faire confiance aux autres finit par être incapable de se faire confiance à lui-même ».
Troisième composante, la passion. C’est ce qui fait que l’on n’a pas l’impression de travailler. C’est sa passion qui rend un leader inspirant et qui donne envie de le suivre. Elle va de pair avec la capacité à donner du sens.
Quatrième facteur, la transmission. Elle suppose de mettre les talents en avant pour les valoriser, mais aussi de célébrer les victoires collectives et d’établir une culture du partage. C’est d’autant plus important que l’innovation, la créativité, viennent essentiellement du partage. L’innovation n’est pas réservée aux génies solitaires ou aux visionnaires.
Le dernier socle de l’intelligence relationnelle est la gratitude. Savoir dire merci. Reconnaître que la source d’une réussite ne vient pas que de soi. On le sait depuis longtemps : dans la pyramide des besoins de Maslow, le besoin d’estime et de reconnaissance est l’un des moteurs essentiels de l’homme.
Pour en savoir plus : « Le pouvoir de l’intelligence relationnelle » de Mme Michaela Merk (conférencière internationale et autrice). Publié aux Editions Dunod.
Publié le mercredi 26 novembre 2025 .
3 min. 34
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