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12/04/201902:58

Le sarcastique Pierre Desproges disait que l'intelligence, c'est comme les parachutes, quand on n'en a pas, on s'écrase. C’est intéressant mais que se passe-t-il pour ceux qui en auraient trop ? Ont-ils une chance de revenir un jour sur terre ou bien sont-ils condamnés à planer au-dessus des foules ?

La question se pose lorsque la préférence pour occuper les plus hautes fonctions vont prioritairement aux « meilleurs d’entre-nous ». Mais qui sont ces meilleurs d’entre-nous ? Force est d’admettre que ce sont souvent ceux qui sont dotés de cette intelligence vénérée par les parcours scolaires, qui ouvre les portes des meilleures écoles à travers le monde et augmente sérieusement les chances d’être sélectionné dans la vie professionnelle.

C’est une intelligence de type « sachante » qui a tous les charmes de l’érudition et une incomparable capacité à raisonner selon des schémas appris. Mais l’érudition se nourrit surtout de savoirs de type encyclopédiques davantage accumulés que hiérarchisés entre eux. Ils savent tout, mais c’est tout disait Georges Clémenceau à propos des Polytechniciens.

Quant au raisonnement, il fait trop souvent un usage immodéré de la pensée logico-déductive et de son principe de déduction rationnel opéré à partir de quelques faits saillants et d’une poignée de données quantitatives.

Cette appétence pour le factuel et le catégorique confère à la pensée logico-déductive un caractère rigoureux et objectif. D’ailleurs l’utilisation de l’expression « belle mécanique intellectuelle » illustre bien la chose. Mais le savoir ce n’est pas de la connaissance et en sciences sociales une telle pensée génère ses propres biais et angles morts.

C’est ainsi que les meilleurs d’entre-nous ont tendance à surestimer les effets du déterminisme social et à sous-estimer la complexité de la vie en société. Ils ne connaissent pas Balzac et préfèrent étudier les comportements humains à partir de méthodes explicatives inspirées des sciences de la nature telles que la physique ou la chimie et cela quitte à simplifier le réel et à refuser d’admettre certains aspects irrationnels et imprévisibles de la nature humaine.

Lorsque l’intelligence « sachante » est prépondérante chez un individu en situation d’exercer un leadership à hautes responsabilités, ce dernier peut facilement entretenir un sentiment de supériorité intellectuelle et une sorte d’autisme social de nature à favoriser l’outrecuidance et la mise en place de systèmes autocratiques. Cette personne se retrouve ainsi coupée de l’expérience vécue d’un très grand nombre de ses contemporains.

Voilà pourquoi les meilleurs d’entre-nous sont parfaitement capables de se tromper en toute confiance et donnent ainsi raison à l’adage selon lequel l’intelligence supérieure est une qualité nettement surévaluée.


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Mots clés : ManagementErreursSavoirIntelligenceRaisonnementDéterminisme social

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