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15/04/202003:25

Combien de fois avez-vous entendu l’expression : « croyez-en mon expérience » ? Certainement de nombreuse fois. Mais faut-il vraiment croire en l’expérience ? Il est vrai que rien ne peut la remplacer intégralement.

Par exemple, celui qui n’a jamais eu la responsabilité d’un collectif avec des objectifs à atteindre aura beaucoup de mal à comprendre pourquoi les théories managériales sont souvent très éloignées de la réalité.

L’expérience a cet avantage qu’elle nous permet d’être confrontés aux multiples ambiguïtés du réel et à la complexité des rapports humains. Elle nous donne des leçons de vie et surtout, elle nous fait gagner du temps lorsque nous sommes confrontés à des situations d’apparence similaires.

Ce gain de temps est le produit d’un système heuristique de pensée pour reprendre les travaux du psychologue, économiste et prix Nobel Daniel Kahneman Il s’agit de notre premier mode de pensée, celui qui favorise les stratégies mentales rapides, instinctives et émotionnelles. Ce mode de pensée qui utilise en permanence des raccourcis s’oppose à notre second système de pensée, qui est beaucoup plus logique, davantage raisonné mais aussi nettement plus lent.  

De fait, lorsque notre expérience s’appuie sur notre premier système de pensée elle nous nous pousse, non pas à repenser la situation, mais à refaire la même chose jusqu’à répéter promptement nos mêmes erreurs.

C’est ainsi que même chez les dirigeants, les expériences réussies peuvent être à l’origine d’échecs retentissants. En fait, plus les responsabilités d’un dirigeant sont importantes, plus il sera dans la lumière et plus il aura à perdre si sa parole s’avère inconséquente et ses décisions contre-productives ou injustes.

Voilà pourquoi un nombre non négligeable de dirigeants se contentent de faire ce qu’ils savent faire et qui a marché avant, plutôt que de chercher à faire ce qu’il faut faire en dépit des succès passés.

Le problème ici c’est que l’histoire se répète rarement de la même façon et jamais dans un contexte rigoureusement similaire. De fait, le recours à des stratégies mentales rapides pouvant aller jusqu’à une sorte d’ivresse de la décision, s’avère trop souvent infructueux pour être conseillé.

La vitesse ce n’est pas en soi de l’intelligence !

Pour échapper au piège de l’expérience sans nier son utilité, je suggère de partir de l’idée mise en avant par Edgar Morin. Idée selon laquelle, le fait d’avoir vécu une expérience ne suffit pas pour que cette expérience devienne de l'expérience.

Autrement dit, nos expériences ne nous sont pas d’une grande utilité si nous ne prenons pas le temps de penser critiquement sur ce qui nous est arrivé. C’est donc le regard critique que nous portons sur les événements dont nous sommes les acteurs qui permettra à nos expériences d’éclairer non seulement le chemin parcouru mais également le champ des possibles qui s’offre devant nous.    

Voilà qui me fait dire que l'expérience ce n'est pas seulement ce qui nous arrive, mais c’est aussi et surtout ce que nous faisons à partir de ce qui nous arrive.


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