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Peut-être avez-vous déjà rencontré cette situation a priori étonnante : un chef qui n’a pas d’autorité. Il a beau donner des ordres, ses subordonnés n’en tiennent pas vraiment compte. Même s’il occupe une position hiérarchique soulignée par un titre officiel dans l’organigramme, on ne l’écoute pas. Ses instructions restent sans effets et l’on oublie bien souvent de l’informer des résultats des équipes pourtant formellement placées sous sa responsabilité. Cet apparent paradoxe du chef sans pouvoir souligne une règle essentielle en management ou en politique : il n’y a pas de leaders sans suiveurs.


Pendant des siècles on s’est demandé pourquoi certains soldats refusent d’obéir aux ordres lors des batailles, alors que la véritable question consistait plutôt à comprendre pourquoi la très vaste majorité des soldats obéissent. Vous ne pouvez pas décréter tout seul dans votre coin « J’ai du pouvoir, j’ai du pouvoir, j’ai du pouvoir ». Vous avez du pouvoir sur les autres – c’est-à-dire la capacité à obtenir de leur part un comportement qu’ils n’auraient pas adopté d’eux-mêmes – dans la stricte proportion qu’ils vous en accordent. Le pouvoir, cela ne se passe pas dans la tête de ceux qui ordonnent, cela se passe dans la tête de ceux qui obéissent.


Étienne de La Boétie l’avait bien compris lorsqu’il a publié son fameux « Traité de la servitude volontaire » en 1576. Pourquoi, se demandait-il, dois-je obéir à un roi qui vit à Paris, à plus de 10 jours de cheval de ma bonne ville de Sarlat dans le Périgord ? D’où vient l’autorité formelle du roi sur ses sujets ? Pour répondre à cette question, La Boétie a donné une explication encore valable de nos jours dans les relations managériales : le pouvoir est une soumission volontaire à une autorité. Si les sujets obéissent au roi, c’est parce qu’ils l’acceptent comme autorité légitime. Si vous obéissez à votre chef, c’est parce que vous le voulez bien. Paul Valéry soulignait ainsi avec malice : « un chef est quelqu’un qui a besoin des autres. »


Bien entendu, cela soulève la question de la légitimité de l’autorité. Beaucoup d’auteurs, comme Max Weber, Richard Emerson, Peter Blau ou Michel Crozier, ont proposé des grilles d’interprétation permettant d’expliquer sur quoi repose cette fameuse servitude volontaire. En fonction du modèle retenu, vous acceptez d’obéir à votre chef parce qu’il contrôle une ressource dont vous êtes dépendant (que ce soit votre salaire, vos jours de congés ou votre évolution de carrière), parce qu’il maîtrise l’incertitude liée à votre action (par exemple en restant ambigu dans ses réponses ou en mettant en avant une expertise qui vous échappe), ou encore parce qu’il incarne une figure d’autorité traditionnelle, charismatique ou rationnelle. Louis XIV l’avait bien compris : quand il était jeune souverain, il annonçait clairement ses décisions ; mais avec l’expérience, sa réponse préférée était devenue un énigmatique : « Je verrai. »


Par conséquent, ne confondez jamais la hiérarchie et le pouvoir. La hiérarchie est une relation formelle, visualisée par un organigramme, et qui reste bien souvent abstraite. Au contraire, le pouvoir est une autorité véritable par laquelle un individu obtient la soumission consciente d’un certain nombre de suiveurs. De fait, si vous voulez avoir du pouvoir, demandez-vous pourquoi on vous en donnerait. Comme le disait Margaret Thatcher : « Être puissante, c’est comme être une lady : si vous devez dire que vous l’êtes, c’est que vous ne l’êtes pas. »


Publié le lundi 23 décembre 2019 . 3 min. 36

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