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Du devoir de vigilance aux dérives de la pensée woke

Publié le mardi 24 octobre 2023 . 4 min. 55

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Il y a des mots qui font spontanément polémique, sans qu’on arrive à bien les définir, ou surement, parce qu’on ne sait pas les définir, alors, on y met ses croyances et ses représentations. C’est le cas du mot wokisme. (qui vient du mot anglais : awake =éveiller)

Faute de définition bien claire, les visions du wokisme sont empreintes d’idéologies. On est alors « pour » ou « contre » sans bien savoir ce que c’est.

Est-il raisonnable de refuser à des Blancs de jouer des rôles de Noirs comme le personnage d’Othello dans la pièce éponyme de Shakespeare ? A contrario, est-il raisonnable de rejeter les études sur l’histoire des peuples jugés subalternes, en niant jusqu’à leur existence comme l’ont fait longtemps les travaux sur les colonies ?

Je n’entrerai pas dans ce débat et je me contenterai de revenir sur l’histoire de ce qu’on peut appeler la « pensée woke ».

Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, le mot a plus d’un siècle, il apparait dans un ouvrage : « The awakening of the Negro » (« Le réveil du Nègre) de Boosler T. Wahsington, un ancien esclave devenu professeur et qui fondera l’Université Tuskegee dans l’Alabama avec le projet de former une élite afro-américaine. Le mot awakening renvoie alors à l’idée que chaque Noir doit « révéler les facultés qu’il a en soi ».

Le mot chemine avec le développement du mouvement de lutte contre le racisme du 20ème siècle et en 1938, c’est le musicien de blues Leadbelly qui le reprend dans une chanson dénonçant le procès expéditif de 9 jeunes hommes noirs accusés à tort d’avoir violé une femme blanche : « Best stay woke, keep their eyes open » (le mieux c’est de rester éveillé, de garder les yeux ouverts)

C’est ensuite Martin Luther King qui reprendra le thème de « rester éveillé », « rester vigilant, en alerte » dans un discours de 1965 : « Il n’y a rien de plus tragique que de dormir pendant une révolution (…) le grand défi auquel chaque diplômé est confronté aujourd’hui est de demeurer éveillé pendant cette révolution sociale ».

Le devoir de vigilance !

Mais peu à peu, le mot comme les idées qu’il porte, glissent vers la déconstruction, déconstruction des idées et des récits, sous l’impulsion de penseurs comme Derrida ou Foucault.

Le wokisme est repris par d’autres courants de pensée comme le féminisme ou les théories du genre. C’est aussi le mouvement de la « cancel culture » qui se met en place. De façon très simplifiée, tout ce qui incarne la soumission ou la discrimination, est mis en cause ou carrément « annulé (cancel). C’est ainsi qu’on déboulonne la statue du général Lee à cause de son passé esclavagiste.

Dans sa version la plus extrême, le wokisme se veut une grande relecture de l’Histoire.

Qu’en est-il dans le monde du travail ?

Aux USA, où le mouvement est né et a particulièrement prospéré, ces mouvements se traduisent, par une très grande sensibilité à tout ce qui peut être considérée comme discrimination et conduisent à une très forte auto-censure. Il devient difficile de parler librement dans des lieux publics de « race », ou de « sexe » …. Le risque est grand d’être licencié, harcelé sur les réseaux sociaux ou poursuivi en justice.

En France, malgré des mises en garde répétées et des alertes lancées depuis quelques années, le mouvement woke reste pour l’instant cantonné à des débats politiques, médiatiques ou universitaires.

Les entreprises et les organisations pour leur part, travaillent de façon concrète aux questions de lutte contre les discriminations, de promotion de la diversité et de l’inclusion. Pour autant, le monde du travail n’est pas épargné par des dérives et tous les acteurs doivent exercer leur vigilance, et donc rester éveillés et ne pas hésiter à exercer leur droit d’alerte, peu mobiliser en France où on l’assimile à de la dénonciation, renvoyant à des pages sombres de notre histoire.

Il s’agit donc de rester éveillés et vigilants, mais sans passer par la case « revanche », afin de regarder l’avenir et avancer plus vite et mieux ensemble sur le chemin de l’inclusion.


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