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Une des attentes actuelles les plus vives vis-à-vis du management est celle de l’équité. Les collaborateurs veulent qu’on les traite avec équité. Or, l’équité se définit comme un « sentiment de justice ».

Ce « sentiment », ce « ressenti » est extrêmement complexe à « gérer » et beaucoup de managers se sentent impuissants devant les frustrations qu’expriment leurs équipes d’autant plus quand, objectivement tout est fait pour que ces inégalités soient réduites. Car on observe que plus les inégalités sont réduites, plus le sentiment d’injustice augmente.

Cette tension entre réduction objective des inégalités et hausse du sentiment de frustration relative complique singulièrement la tâche !

Le meilleur analyste de ce paradoxe reste Alexis de Tocqueville. Dans son livre « De la Démocratie en Amérique » paru en 1840, il décrit ainsi la question : « Quand l’inégalité est la loi commune d’une société, les plus fortes inégalités ne frappent point l’œil ; quand tout est à peu près de niveau, les moindres le blessent. C’est pour cela que le désir de l’égalité devient toujours plus insatiable à mesure que l’égalité est grande. »

Selon Tocqueville, face aux inégalités, les individus recherchent une égalisation accrue, afin de réduire leur frustration. D’où cette « passion insatiable de l’égalité » qui caractérise les sociétés démocratiques. Plus d’égalité entraîne à toujours plus d’égalité.

Selon le chercheur, W. Garry Runciman (1966) la frustration exprimée a deux facettes :

- Tout d’abord, la frustration individuelle ou égocentrée qui compare la situation d’un individu par rapport à celle de son groupe d’appartenance : j’ai eu une prime inférieure à celle de mes collègues, ce qui est injuste.
- Ensuite, la frustration dite « fraternelle » ou « solidaire » qui évalue la situation du groupe par rapport à l’ensemble de la société : notre service a de moins beaux bureaux que les autres.

Ce partage social des sentiments contribue à la construction d’un univers consensuel sur la question, et donc un climat de travail, qui peut aller de joyeux, sentiment provoqué par le sentiment de justice, à triste ou de colère quand on se sent impuissants à changer les choses. Car cette absence de contrôle de la situation (réelle ou ressentie) renforce encore le sentiment d’injustice.

Une question légitime et qui se pose souvent est de savoir si le sentiment d’injustice est plus fort aujourd’hui que par le passé.

Il semblerait que oui. En effet, depuis le début des années 2000, la DREES publie un baromètre d’opinion annuel ayant pour objectif de mesurer le sentiment des Français vis-à-vis de leur situation ou, plus généralement, celle de la société. Cette enquête montre ainsi que la société est jugée injuste par une part de plus en plus importante des Français. En effet, 67% d’entre eux considéraient la société comme plutôt injuste ou très injuste en 2000, et ce pourcentage est monté à 80% en 2016. En 2019, ce sont 76% des Français qui considèrent la société comme injuste.

De la même façon, en 2001, 60% des Français pensaient que les inégalités avaient augmenté au cours des cinq dernières années. En 2010, ils étaient 90% à le penser, et 82% en 2019.

Les Français ont-ils raison de penser que les inégalités augmentent ? Pas du tout ! Concernant la question la plus sensible, celles des revenus, les études montrent que les inégalités stagnent depuis une vingtaine d’années.

En plus, les Français voient leur avenir en noir. Ainsi, 82% d’entre eux pensent que les inégalités vont encore s’accroître. Cette tendance au pessimisme est en constante augmentation : les Français n’étaient que 59% à partager cet avis en 2002.

Autant de chiffres qui obligent à tirer la sonnette d’alarme et à mettre le dossier du sentiment d’injustice au-dessus de la pile des urgences managériales !


Publié le mardi 28 février 2023 . 4 min. 58

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