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23/11/202004:36

Le pouvoir rend fou ! L’ivresse du pouvoir !


Ce sont des maximes populaires, qui, comme souvent, reflètent bien des réalités.


En effet, depuis toujours, on peut observer que le pouvoir engendre bien souvent des comportements toxiques avec des conséquences qui peuvent être dramatiques.


Les managers ne sont pas épargnés, s’ils n’y prennent pas garde !


Ce syndrome a un nom : il s’agit de l’Hubris. Comment peut-on le décrire ?


Pour les Grecs anciens, l’Hubris était l’ « orgueil démesuré », le comportement le plus inacceptable d’un humain. Il entrainait une punition cruelle de la part des Dieux, comme l’illustre le supplice de Prométhée condamné à avoir le foi rongé éternellement par un aigle pour avoir voulu donner le feu aux hommes en le volant aux Dieux.


Hubris est le terme repris par le médecin et homme politique David Owen dans son ouvrage In sickness and in power (2008), pour désigner un syndrome qu’il met au jour et qu’il a pu observer chez de nombreux hommes politiques, à des degrés différents, et dont il fait une analyse passionnante.


L’Hubris se traduit par un sentiment de toute puissance. Les personnes qui en sont atteintes perdent alors contact avec la réalité, développant des sentiments d’invulnérabilité, d’égotisme, associé à un mépris pour tous les conseils et les critiques. On est proche, dans sa version la plus pathologique de la personnalité narcissique. La différence est qu’en quittant le pouvoir, le syndrome disparait, alors que le narcissisme est un trait de caractère, mais les deux semblent profondément liés.


David Owen identifie dans un article écrit en 2009 avec Jonathan Davidson dans la revue Brain, 14 critères pour décrire le syndrome d’Hubris. Pour lui, il faut en associer 3 pour être atteint du syndrome proprement dit.


Les connaitre permet d’exercer une vigilance ou un auto-diagnostique qui peuvent aider à comprendre des situations bien réelles. Je les énumère :


1. Voir le monde comme une scène pour exercer son pouvoir et rechercher la gloire
2. Chercher systématiquement à embellir son image et ses actions
3. Développer un attrait démesuré pour l’image et l’apparence
4. Evoquer les affaires les plus banales de façon exaltée
5. S’identifier à l’organisation qu’on dirige et penser que ses propres points de vues et intérêts sont identiques
6. Parler de soi à la troisième personne ou avec le « nous » de majesté
7. Avoir une confiance totale en son propre jugement et mépriser les avis extérieurs
8. Se sentir omnipotent
9. Être persuadé de n’avoir des comptes à rendre qu’à la postérité
10. Croire que l’Histoire jugera positivement son œuvre
11. Perdre contact avec la réalité
12. Avoir tendance à l’agitation, l’impulsivité
13. N’accorder d’importance qu’à l’objectif, la vision, sans s’embarrasser des coûts ni des conséquences
14. Systématiquement court-circuiter les rouages décisionnels.


Le diagnostic est posé ? Se dessine un portrait étrangement familier ? Vous pensez à quelqu’un en particulier peut-être ?
Maintenant, comment ne contracter cette étrange maladie ou ne pas la voir se développer ?


Certainement en s’entourant de tiers, qui auront mission de vous remettre les pieds sur terre, de voir ou d’entendre vos dérives et vos excès, qui sauront vous contredire.


On se rappellera que les rois français de droit divin avaient toujours auprès d’eux : un fou du Roi, une personne très intelligente qui savait obliger le personnage le plus puissant du royaume à prendre de la distance avec son pouvoir et le mettre en garde quand il dérivait.


Le plus célèbre d’entre eux a été Triboulet, le fou de Louis 12 et de François premier.
Fou du Manager ? Une fonction à réhabiliter dans les entreprises ?

Source : Owen, D ; Davidson, J. « Hubris syndrome: An acquired personality disorder? A study of US Presidents and UK Prime Ministers over the last 100 years » Brain, Volume 132, Issue 5, May 2009, Pages 1396–1406


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Mots clés : ManagementManagersPouvoir

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