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Remettre en cause son management par la réflexivité

Publié le lundi 16 décembre 2019 . 6 min. 16

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Les soft skills (ou compétences relationnelle et personnelles), sont devenues incontournables, en management comme en formation. Il est essentiel de bien les identifier et de les définir pour pouvoir les développer.


Je propose de réfléchir ensemble à une des soft skills les plus importantes, dans le sens où elle fait partie du socle indispensable et qu’elle contribue à la structuration d’autres soft skills, il s’agit de la réflexivité.


Or, quand on interroge sur la définition de la réflexivité, la réponse est souvent une boutade : « C’est se prendre en selfie ? ». Finalement, être réflexif, c’est quelque chose comme ça, en un peu plus complexe.


Je retiendrai deux définitions :


- La première est celle de la chercheuse anglaise Ann Cunliffe qui nous dit qu’être réflexif c’est « questionner nos cadres de pensée dictés par des habitudes sociétales, culturelles, éducatives ».
- La seconde est du psychanalyste lyonnais René Roussillon : être réflexif, c’est «en tant que sujet, pouvoir se sentir, se voir, s’entendre, s’auto-représenter son développement psychique ».


Il s’agit donc de « se regarder faire », de mettre un peu de distance avec ses actes et d’introduire le « pourquoi », au lieu du « comment ». Pourquoi ai-je autant de peur de prendre la parole devant mon N+1 ? Pourquoi est-ce que j’ai besoin d’accomplir des tâches qui ne relèvent pas de ma mission mais de mes collaborateurs ? Pourquoi est-ce que je suis incapable d’envisager de reprendre l’entreprise familiale ? Pourquoi ai-je autant envie de cette promotion ?


La réflexivité peut aussi s’appliquer à la vie personnelle. C’est par exemple se questionner sur les relations qu’on entretient avec son enfant, ses parents, ses proches …. Pourquoi ce blocage avec mon ado ? Pourquoi mon fils de 4 ans est aussi intenable ?


Pour cela il faut prendre le temps et arrêter le mouvement pour réfléchir, ce qui, mine de rien, n’est pas une pratique tellement courante dans nos vies surbookées, où nous sommes toujours dans l’action.


La réflexivité n’est pas donnée, elle s’apprend.


Les modalités sont nombreuses et les dispositifs souvent élaborés, mais des moyens simples peuvent être mobilisés pour avancer dans cette exploration.


1/ La présence d’un tiers est souvent nécessaire, , d’abord pour aider à cette prise de recul sur soi, ensuite pour accompagner les changements que cela peut amener sur l’image qu’on a de soi et du monde qui nous entoure. Comme méthodes, on peut citer le coaching, l’accompagnement personnalisé, les « learning team », la supervision d’un référent.


2/ SI on souhaite avancer seul, des méthodes peuvent être la tenue d’un journal de bord , le dessin de son autoportrait, la narration de son activité professionnelle du jour dans des memos vocaux.


On explore peu à peu ses envies et ses freins. On identifie ses valeurs. On met au jour son histoire personnelle. On interroge ses croyances.


Les études montrent que les managers réflexifs sont plus innovants, car capables de « sortir du cadre ».


Prenons l’exemple d’une DRH qui gère le retour au travail d’une directrice de magasin après un congé maternité. Cette personne bénéficie d’une condition d’aptitude, elle n’a pas le droit de lever les bras ni de porter des choses lourdes, ce qui l’empêche  Pour la DRH, il n’est pas possible de garder quelqu’un qui n’est plus apte à sa fonction, et sa proposition est de pousser cette directrice de magasin vers la sortie. L’exercice de réflexivité amène la DRH à réaliser que, pour elle, être un bon manager c’est être exemplaire, et qu’être exemplaire, c’est savoir faire soi-même toutes les tâches que les collaborateurs ont à réaliser.


Mettre en questionnement sa vision du management l’aide à aller vers des solutions : modifier la fiche de poste ou encore adopter le poste au handicap de la personne. Deux scénarios qui n’auraient pas été envisageables sans ce travail de réflexivité et le questionnement de « croyances profondes ».


- Une autre personne me racontait qu’elle travaillait comme une « folle » à 7 mois de grossesse et c’est en dessinant son auto-portait qu’elle a réalisé qu’elle était enceinte et qu’elle devait s’autoriser à lever le pied professionnellement.


Mais attention, la réflexivité n’est pas un outil magique et présente des risques ou des effets boomerang.


Le premier est celui de la thérapie sauvage qui pourrait être profondément destructrice. Il est nécessaire de sécuriser la démarche en la menant dans un cadre et avec un accompagnement compétent et éthique.
Pratiquer la réflexivité ouvre aussi au doute et à sa propre vulnérabilité, ce qui constitue une prise de risque dans un monde professionnel où il vaut mieux se montrer sûr de lui et de ses choix,
peut aussi se poser la question du décalage possible entre ses propres valeurs et les attentes de l’organisation. Ainsi notre DRH peut se trouver en conflit avec les codes établis du secteur de la distribution dont un des piliers est justement l’exemplarité.
- Une autre question est ce qui peut être perçu comme une intrusion dans l’intimité des collaborateurs. Le monde professionnel a-t-il vocation à cela ? Quelles limites ne pas franchir ?
- Introduire la pratique de pensée critique et de questionnement dans une organisation, peut aussi ouvrir la boite de Pandore des plaintes et des insatisfactions.


Des dispositifs sont donc à penser pour développer une réflexivité qui soit apprenante, éthique et constructive. Mais s’en priver n’est plus envisageable.


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