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07/07/202104:57

Alors Monsieur le professeur, vous êtes aussi consultant ? Ou coach peut-être ?

Un peu gêné, vous répondez… « non peut-être conseiller ».
L’interlocuteur vous regarde sans trop comprendre il se perd dans ces nuances et c’est souvent pour vous une bonne façon de changer de sujet. Ces métiers sont effectivement assez différents et essayons de les cadrer.
Je m’adresse donc à celles et ceux qui les exercent, ou y font appels, ou aux étudiants et étudiantes mais aussi aux professionnels en entreprise qui l’envisagent comme une possibilité.

Le plus connue de ces professions est celle du consultant. Il ou elle est visible, a des méthodes et les applique sans trop d’hésitation, a des diplômes et les affiche volontiers dans ses bios, c’est d’ailleurs toujours un peu les mêmes, a une hiérarchie qui le pilote au plus près du taux de charge facturée, il a des clients, il les « chouchoute » et essaye de reconduire le contrat. Le consultant est une sorte de CDD de luxe, axé sur un projet, il a vertus de réassurance, de signature, d’affichage, d’opposabilité, d’habilité, et parfois-même d’autorité. S’il n’est pas très innovant, cela ne se voit pas tout de suite car il a une procédure et des méthodes. Le client se laisse faire en général et va même parfois douter de sa propre intelligence devant l’assurance questionnântes et la pression du consultant.
Le consultant ne conteste pas son client et plus ce dernier est frivole plus cela peut déboucher sur du chiffre d’affaires par la remise permanente sur l’ouvrage des travaux à peine rendus.
Sauf lorsque la mission est décidée au plus haut niveau, en général elle convainc difficilement mais permet au client d’introduire des changements, parfois déjà préparés avant même la mission de consultant.
La situation type est celle où le DG indique à un de ses collaborateurs « j’ai vu un associé de tel cabinet de conseil, ils ont des bonnes idées pour notre problème de …, peut-être pouvez-vous les voir, ils pourraient bien nous aider ». Cette phrase dans une grande firme vaut entre 0,5 et 3,5 millions.
Mais cette fonction reste très importante tant dans ses effets directs liés à la mission qu’indirects dus à cette présence externe provisoirement internée.

Le coach représente une forme de plus en plus fréquente d’intervention. Elle est individuelle, souvent proposée par la direction des ressources humaines, de plus en plus acceptée et même demandée par les cadres de l’entreprise. Le coach doit, dans le bon sens du terme, être « tout-terrain » : psychologue, opérationnel, à l’écoute et en parole, tolérant mais conducteur, mais pour qui travaille-t-il ?
Rarement ce point est abordé directement. Les formations de coach amènent parfois des réflexions très poussées sur l’individu au travail alors que le nombre de burnouts semble exploser vers des niveaux inquiétants, parfois 50 % du personnel d’un service.
Le métier de coach va sûrement se structurer encore et encore, le terme coach, dorénavant gravé, ne me semble toutefois pas très heureux. Celui d’accompagnateur certes un peu plus long mais semblerait préférable car il intègre l’idée de bienveillance prioritaire envers la personne « coachée ».

Et le conseiller ? Il est seul, il ne répond qu’à lui-même et à sa sincérité, il a sa place faite de confiance plus que d’autres choses. Il a bien sûr une connaissance souvent technique ou managériale reconnue qui lui permet de dégager des terrains dangereux mais surtout il est quelqu’un que l’on a envie d’écouter, mais seul dans l’isolement et la confidentialité.
Le conseiller ne se met pas dans la lumière, il tire sa satisfaction de l’échange avec la personne qu’il ou elle conseille et qui devient souvent un ami.

Vous percevez que confondre les trois métiers en un seul une erreur, relativement catastrophique dans ses effets.
Parfois une demande est adressée à l’un des trois métiers pour jouer en fait un des deux autres rôles. Il ne faut s’y aventurer qu’avec beaucoup de prudence.
Le consultant a une méthode, le coach une bienveillance, le conseiller une confiance. 


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