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29/01/202004:08

Plus de morts, moins de bébés, une espérance de vie qui augmente moins vite qu’avant. Et, pour couronner le tout, un solde naturel à son plus bas niveau depuis l’après-guerre. A priori, le bilan de la démographie française pour 2019 est catastrophique. L’annonce d’une dixième année de recul des naissances a d’ailleurs été vécue comme un drame. Seul lueur d’espoir, si la baisse se confirme, son rythme ralentit. Une piètre consolation car compte tenue de l’allure prise par la courbe des naissances, le discours pour 2020 est déjà tout prêt : mais où sont passés les bébés ?


Il est vrai que par rapport aux standards de la fin des années 2000 et du début des années 2010, il manque environ 70 000 nourrissons par an. Pour certains, c’est la marque de l’échec de la politique familiale des gouvernements successifs. C’est en grande partie une erreur et voici trois chiffres permettant de relativiser la baisse des naissances en France.


Baisse des naissances : un épisode transitoire


Le premier c’est celui de l’évolution du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants. Le taux de fécondité dépend en effet de l’âge et il est à son apogée entre 25 et 34 ans avec 12,7 enfants pour 100 femmes. En grossissant à peine le trait, le suivi du nombre de femmes âgées entre 20 et 40 ans donne donc un bon aperçu de l’évolution du nombre de mères potentielles… Et il baisse sacrément passant de plus de 9 millions en 1995 à 8,4 aujourd’hui. C’est de la simple mécanique, le nombre de naissances a beaucoup diminué dans les années 80 jusqu’en 1994, où il descend à un plus bas depuis 1946, et ce sont ces générations qui sont maintenant à l’âge de procréer. Pour le rebond du nombre de naissances, il faudra donc encore attendre quelques années. Il arrivera au moment où les générations nombreuses nées à la fin des années 90 et au début des années 2000 seront en âge d’avoir des enfants.


Un taux de fécondité élevé et stable


Deuxième élément à prendre en compte : ces fluctuations s’inscrivent dans le cadre d’un taux de fécondité élevé et relativement stable — autour de 1,9 enfant par femme, c’est-à-dire proche du seuil de remplacement. Et dans ce cadre, les femmes diffèrent leur première maternité. Elles ont leur premier enfant vers 28,5 ans, quand leurs mères ont eu le leur vers 25 ans. Les enfants suivants sont retardés d’autant et l’âge moyen à la maternité pour l’ensemble des naissances, que les enfants soit le premier de leur mère ou non, ne cesse de s’élever pour atteindre 30,7 ans en 2019. Cet allongement déprime mécaniquement l’indicateur de fécondité, même si les femmes d’aujourd’hui auront le même nombre d’enfants que leur mère.


Des gains d’espérance de vie


Quant aux nombre de décès record depuis la deuxième guerre mondiale, il s’explique simplement par l’avancée en âge des « baby-boomers » des années d'après-guerre qui entrent dans des âges à forte mortalité. Car paradoxalement, la mortalité baisse et l’espérance de vie continue d’augmenter en France, même si c’est au ralenti avec une double caractéristique :


- l’écart homme-femme se réduit. En dix ans, les hommes ont gagné 2 années de vie supplémentaires, les femmes seulement 1,2.  Bilan, la différence entre les hommes qui ont une espérance de vie de 79,8 ans et les femmes de 85,7 passe sous la barre des 6 ans et se situe à son plus bas niveau depuis les années 60 ;


- les gains d’espérance de vie se concentrent aux âges les plus élevés. La baisse de la mortalité des enfants, qui avait beaucoup contribué à l'augmentation de l'espérance de vie jusqu’au milieu du 20ème siècle, n'a pratiquement plus d'influence aujourd'hui, vu le niveau très faible de la mortalité infantile. Les succès rencontrés dans la lutte contre les maladies cardio-vasculaires et les cancers ont pris le relais en permettant à la mortalité des adultes et des personnes âgées de reculer. Mais son impact est moindre et les effets s’épuisent un peu.


Le solde naturel est à son plus bas niveau historique depuis la 2ème guerre mondial. Cela donne l’impression d’un cataclysme démographique à venir. C’est faux. La baisse du nombre de naissances est transitoire tout comme celle de la hausse du nombre de décès. Et l’espérance de vie progresse toujours malgré tout. La France reste finalement une exception en Europe et conservera son avantage démographique.


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Mots clés : Prévision et conjonctureDémographieEspérance de vieNatalitéSolde naturelMortalité

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