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En plein drame, nos esprits s’accrochent toujours à l’espoir d’une utilité des crises. Le conflit ukrainien n’échappe pas à cette règle. Il met en relief notre extrême dépendance aux ressources stratégiques, pétrolières, gazières et minérales russes. Éveillant les consciences, il pourrait devenir l’aiguillon de la conquête à marche forcée de notre autonomie énergétique et plus largement de la maîtrise des matériaux et composants qui sont le socle de notre croissance. Énergies renouvelables, nucléaire, isolation, extractions sur notre territoire des terres rares et minerais de la transition écologique ou encore circuits courts trouvent une nouvelle légitimité. L’écologie n’a plus seulement les alarmes d’un club scientifique fermé pour fondement, mais s’enracine maintenant dans la rationalité souverainiste longtemps climato-sceptique.


Le dogme de l’équilibre de la terreur commerciale


La guerre en Ukraine a au moins servi à cela. L’Europe affronte le fait que la Russie dispose d’une arme de destruction économique massive à travers la coupure de nos approvisionnements en gaz et minerais, plus précisément, de la capacité de provoquer une embolie économique de l’Europe et notamment de l’Allemagne. Arme de dissuasion aussi, puisque celui qui l’emploie se saborde lui-même, tant l’économie russe repose sur ses ressources fossiles. Cette interdépendance commerciale des économies était encore il y a peu présentée comme un bienfait de la mondialisation, vectrice de paix. Nos dépendances commerciales croisées étaient un gage de retenue militaire, tant le coût économique d’une guerre est prohibitif. Et c’est certainement la confiance en ce dogme qui a poussé l’Allemagne à resserrer ses liens économiques avec la Russie. Sur la base d’un déséquilibre contrôlé. Ce dogme de l’équilibre de la terreur commerciale a vécu.


Et ce basculement bouleverse le sentier qui devait nous mener à la cible zéro carbone, tout tracé avant crise. Celui partant d’un mix électrique presque tout fossile et nucléaire pour aller vers le presque tout renouvelable et éventuellement nucléaire en 2050, en passant par l’étape du moindre mal en 2030, où le gaz prenant le relai du pétrole et du charbon, permettait de diminuer les émissions. Le gaz russe nous permettait d’acheter du temps. L’Allemagne, désirant la double sortie du fossile et du nucléaire, avait misé sur cette étape, le temps de la montée en charge lente du renouvelable et des combustibles de substitution.


La crise nous pousse vers les énergies fossiles


Cet agenda est dynamité. Avec deux options :


1. La première, de court et moyen terme, consistant à trouver des relais étrangers au gaz et pétrole russe : Iran, Qatar, Norvège, Arabie saoudite, Algérie, voire États-Unis pour le gaz. Et le Venezuela si on élargit la problématique au pétrole. Avec un double danger. Celui que cette compensation incomplète et coûteuse ne fait que déplacer le risque géopolitique, sans l’annuler. Celui aussi de s’enliser sur l’étape intermédiaire du gaz naturel lorsque tous les producteurs potentiels de gaz, y compris la Russie, seront en rivalité en 2030 pour pourvoir aux besoins de l’Ouest.


2. La seconde option consiste à mettre les bouchées doubles sur les énergies bas carbones qu’elles soient renouvelables, nucléaire ou encore gaz décarboné pour tenter de réduire, voire court-circuiter l’étape intermédiaire en gaz naturel. Le plus probable est que les pays joueront sur tous les tableaux à la fois. Tiraillés entre l’urgence du court terme, la gestion des coûts et les enjeux de moyen et long terme.


L’option nucléaire sort indéniablement renforcée de cette nouvelle configuration. C’est un avantage bien fragile cependant, la guerre nous rappelant aussi avec quelles facilité et vitesse cette source peut se transformer en vecteur d’insécurité et de vulnérabilité militaire et sanitaire. À tout cela, il faut ajouter le retour en force des logiques de filières, consistant à rapatrier sur notre territoire tous les stades stratégiques de la production. Avec, en ligne de mire, de réduire aussi notre hyperdépendance vis-à-vis de la Chine sur certains minéraux clés. Et à la clé, une moindre emprunte carbone de l’Occident.


Depuis février, l’écologie n’est plus seulement un altruisme soucieux des générations futures, mais contraire à nos intérêts économiques de court terme. Elle est mue aussi par des intérêts vitaux de court terme. Meilleure garantie pour qu’elle s’inscrive dans les faits. Mais ne soyons pas dupes de cette illusion. Le moteur des intérêts est tout sauf constant. À court terme, la crise nous pousse à ouvrir grand les vannes de la production d’énergie fossile, y compris du charbon, partout à travers le monde, élargissant le cercle des producteurs. Le choc pétrolier et gazier d’aujourd’hui porte en germe le contre-choc de demain avec un retour russe probable à horizon rapproché. Et il nous faudra alors beaucoup de désintéressement et de vertu pour maintenir l’agenda climatique sur ses rails.


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