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19/03/201504:11

Xerfi Canal TV présente l'analyse d'Olivier Passet, directeur des synthèses, Xerfi

 

Sur la question du SMIC et du coût du travail des peu qualifiés, et des peu diplômés, Sylvain Catherine, Augustin Landier et David Thesmar viennent de livrer une étude bien plus iconoclaste qu’il n’y paraît. Publiée par l’institut Montaigne, sous le titre « Marché du travail, la grande fracture »,  elle livre des éléments empiriques très éclairants, croisant la problématique de l’emploi et celle de l’évolution de l’offre productive. Elle rompt de la sorte avec les études micro, exclusivement centrées sur le marché du travail pour expliquer le chômage.

 

Voici les principaux messages que je retiens :
1/ La France doit composer avec un stock de peu diplômés supérieurs à la moyenne des pays développés, même si ce n’est plus vrai pour les cohortes les plus jeunes .
2/ L’économie française s’inscrit dans le même mouvement de polarisation post-industrielle  que celui que l’on observe aux États-Unis. Avec une automatisation à marche forcée des tâches répétitives qui entraine un  affaissement des métiers que l’on peut coder, et qui sont de la sorte facilement remplaçables par des automates.  Cette automatisation fragilise notamment les emplois de qualification intermédiaire.  Elle induit un basculement de l’emploi vers les métiers non répétitifs : les services à la personne en bas de la distribution  et les métiers créatifs ou managériaux à l’autre bout du spectre. Cette évolution de la structure de la demande tend naturellement à creuser les inégalités de salaire.
3/ La hausse du SMIC  compensée par la baisse des charges patronale a neutralisé le creusement spontané des inégalités en France
4/ Mais cette évolution est aujourd’hui problématique, parce qu’elle détonne avec les choix de ses concurrents. Elle instaure une barrière à l’entrée des moins qualifiés dont atteste notre déficit d’emploi dans certains secteurs, notamment ceux du commerce ou de l’hôtellerie restauration. Il y aurait donc un vrai problème de surévaluation du coût du travail au niveau des moins qualifiés. Pour les auteurs, il existe cependant une marge de baisse des charges suffisante au niveau des plus basses qualifications pour atténuer le problème et le régler autrement que par une baisse du SMIC.
Mais ce qui détonne par rapport aux expertises habituelles qui aboutissent à ce type de conclusion, notamment celles de Cahuc, carcillo ou Zylberberg, c’est que contrairement à ces derniers, la politique de baisse de charge  aurait eu des effets collatéraux sur les plus hautes qualifications. La baisse des charges en bas de l’échelle des salaires, a induit une forte taxation indirecte des salariés à haut potentiel, tassant la croissance des salaires nets au risque de réduire l’attractivité du territoire et la  capacité des entreprises à attirer les talents.

 

Bref, le problème de sous-emploi en France ne se réduit pas seulement à la problématique du SMIC. Et la forte progressivité de nos charges sociales n’est pas l’alpha et l’oméga à tous nos problèmes. C’est un message que nous cherchons à faire passer depuis longtemps à Xerfi. La modération du SMIC, je ne dis pas la baisse, nous paraît dès lors une réponse plus adéquate qu’une diminution supplémentaire des charges au niveau du SMIC. Sans exagérer les effets du smic élevé français. Pour 3 raisons :
1/ le gap entre le stock de salariés peu diplômés et le stock d’emplois de faible qualification s’est considérablement réduit depuis 20 ans. Le haut niveau du SMIC n’a donc plus le même caractère pénalisant qu’il y a 20 ans.
2/ Notre fameux déficit d’emplois dans la restauration ou l’hôtellerie, n’a pas l’ampleur que l’on dit. L’écart est principalement le fait d’un moindre développement du cumul emploi étude chez les étudiants, et n’a pas grand-chose à voir avec le SMIC.
3/ Enfin, il ne suffit pas de constater que le chômage se cristallise autour du SMIC pour en inférer, que le SMIC est seul responsable du problème.  En témoigne la distribution du chômage aux Etats-Unis en fonction des qualifications et du salaire. Le profil est le même qu’en France, et que je sache, le salaire minimum américain n’est pas suspecté d’en être la cause principale.

 

Olivier Passet, Faut-il vraiment baisser le SMIC ?, une vidéo Xerfi Canal TV


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Mots clés : Economie françaiseEmploi, salaires, travail Coût du travailChômageInstitut MontaigneSMIC

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