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L'économie française en pleine accélération

Publié le lundi 5 juillet 2021 . 5 min. 50

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L’économie française a tenu en position défensive au premier semestre. Et les ménages comme les entreprises semblent aborder les trimestres avenir avec une flambée d’optimisme qui déjoue tous les pronostics. Après 14 mois de bâtons sanitaires dans les rouages de la production et de la distribution, de stop-and-go à répétition, avec une facture collective phénoménale qui fait craindre un remboursement douloureux, on aurait pu s’attendre à ce que les acteurs privés soient exsangues, inquiets ou sonnés. Ce n’est pas ce que disent les enquêtes, semblant donner raison à l’adage populaire : « ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts ». Simple euphorie illusoire ou bifurcation véritable ? Que nous disent les chiffres en dur de ce premier semestre 2021 sur la possibilité que l’optimisme du moment se concrétise en élan durable ?


Les fondamentaux de l’offre et de la demande ont été préservés


Premier constat, les jugements sur les conditions de l’offre, sur presque tous les critères et tous les secteurs, se situent en mai et juin au-dessus de leur moyenne de long terme et parfois même à un niveau historiquement haut. Notamment dans le commerce de gros, à l’interface entre l’industrie et le commerce, avec des jugements sur les stocks considérés faibles, des projets de commandes et une situation de trésorerie qui annoncent un véritable embrayage de l’offre sur la demande. Les anticipations sont donc au beau fixe.


Mais cette convergence des opinions sur l’idée selon laquelle « ça ira mieux demain » partant d’un point bas ne dit pas grand-chose sur la dynamique véritable qui se dessine. Tout cela peut sembler hors-sol par rapport aux chiffres en dur d’activité dont nous disposons jusqu’en avril-mai. L’activité du semestre se situe 4,5% sous ses niveaux de fin 2019. La période porte encore la trace des restrictions sanitaires qui ont culminé en avril. Et le mois de juin, de déverrouillage des services aux ménages, demeure vraisemblablement 2% au-dessous de la normale, compte tenu des jauges et des freins touristiques qui demeurent. Mais ces données ont l’œil dans le rétroviseur. Ce qui importe, c’est l’état des capacités productives et les conditions financières que viennent télescoper les anticipations des agents. De ce point de vue, tout confirme que les fondamentaux de la demande et de l’offre ont été préservés et que la reprise dispose des munitions financières pour se concrétiser rapidement et pleinement.


Une vague entrepreneuriale se forme


Côté entreprise, les capacités sortent incroyablement épargnées de cette crise hors du commun. La prophétie d’un mur des faillites est totalement invalidée par les faits. Les défaillances continuent à naviguer tout au long du premier semestre à la moitié de leurs niveaux du premier semestre 2019. Ce qui signifie que dans les services aux ménages, qui nourrissent fortement le turnover des défaillances/créations, les entreprises mises sous cloches sont au rendez-vous du redémarrage. À cela s’ajoute, la vague de création record d’autoentreprises, mais aussi d’entreprises classiques et de start-up dans la Tech. Elle témoigne d’une volonté des entrepreneurs de saisir rapidement les opportunités de débouchés et démontre que l’optimisme se traduit déjà en actes. À quoi s’ajoute pour les entreprises pérennes, une situation de trésorerie record qui réduit le stress du remboursement du PGE et pourra se transformer le cas échéant en opportunités d’investissement, à très faible coût de crédit.


Une envie de faire des folies côté consommateurs


Côté ménages, le revenu disponible surplombait au premier trimestre de 2021, dernier point connu, de 3,3% son niveau moyen de 2019. À quoi s’ajoute un surplus d’épargne liquide, stérilisé durant la crise, estimé encore à 142 milliards à la fin avril par la Banque de France, soit à plus de 9% du revenu disponible des ménages. Autant dire que la consommation dispose des munitions pour redémarrer en trombe, notamment dans les services, et ce pour plusieurs trimestres. Avec l’espoir d’une consommation « revenge spending » que l’on décèle déjà dans le niveau record des anticipations de demande dans les services. Tout cela étant solidifié par un socle d’emploi en phase de restauration et des anticipations d’embauches haussières qui déjouent les anticipations d’une marque longue de la crise sur le marché du travail.


Tout est ainsi réuni pour un feu d’artifice sur l’activité au second semestre. Avec quatre bémols cependant :

1. Le variant delta, qui de « peut-être » en début d’été, risque d’expérience de se transformer en « sûrement » à la rentrée.
2. Une épargne liquide, concentrée sur les plus riches, dont une partie peut alimenter la flambée des prix sur les marchés d’actifs mobiliers et immobiliers, si l’euphorie dépensière ne saisit à chaud ses détenteurs.
3. Un risque de friction que l’on décèle déjà dans les difficultés d’approvisionnement, d’embauche et les anticipations haussières de prix, qui freineront inévitablement le processus.
4. Un chômage partiel qui concernait encore 2,3 millions de salariés fin mai et dont le retour en pleine activité pourrait émousser la reprise de l’emploi.


Bref, tout est là, pour un redémarrage en trombe, mais aussi pour un déraillement, comme toujours quand la poussée accélératrice est brutale.


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