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La bascule des firmes de la tech et du digital : ce n'est pas fini

Publié le mercredi 23 novembre 2022 . 5 min. 34

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Sommes-nous en train de revivre un effondrement de la Tech équivalent à la crise du Nasdaq des années 2000 ? Ce que paie la Tech aujourd’hui, c’est d’abord une folle séquence non extrapolable qui depuis le covid l’a propulsée au cœur de tout, lui conférant un caractère névralgique dans le maintien à flot des économies, tous les déboires de la sphère physique se transformant en opportunités.


Les secteurs de la Tech, héros d’une mobilité immobile


Le grand gagnant fut d’abord le commerce en ligne. Avec Amazon en premier bénéficiaire de la paralysie de la distribution physique à travers le monde. Un chiffre d’affaires en hausse de 38% en 2020 puis encore de 22% en 2021 et des résultats financiers qui ont quasiment triplé entre 2019 et 2021, partant pourtant d’un niveau déjà record. Avec à la clé une hausse de 70% de son cours boursier entre ses pics d’avant covid et ses pics de 2021.


Mais au-delà d’Amazon, l’engouement pour la vente en ligne a boosté tous les acteurs entrant dans la chaîne de valeur de ce secteur, hardware, software, services informatiques jusqu’à la logistique. Et un malheur profitable n’arrivant jamais seul, c’est toutes les solutions permettant de travailler et d’interagir à distance qui ont été boostées, avec notamment l’explosion de la visioconférence. Là encore, c’est tout l’écosystème des services et de l’équipement qui en a tiré profit. À quoi s’est ajouté le rush sur les usages domestiques du numérique, de populations d’abord confinées, et disposant d’une liquidité abondante, recherchant dans le divertissement en ligne (jeu, cinéma, musique, sport, etc.) et l’équipement domestique des substituts aux pratiques de loisirs usuelles. Une manne d’autant plus importante qu’elle se substituait aux postes de consommation particulièrement coûteux que sont l’achat automobile et le voyage notamment. Et dans des économies ayant frôlé la paralysie, prenant conscience de la fragilité physique du monde carboné, et ouvrant soudainement les yeux sur l’urgence climatique, les secteurs de la Tech sont soudainement apparus comme les héros d’une « mobilité immobile ». Offrant un substitut virtuel à toutes nos pratiques archaïques du monde d’avant.


Et c’est dans ce creuset favorable, le 28 octobre 2021, que Mark Zuckerberg annonce que Facebook rebaptisé « Meta » dédiera une large part de son activité à l’élaboration d’un métaverse, nouvel espace parallèle de déploiement au capitalisme, y engageant 13 milliards en 15 mois. Un espace qui faisant l’impasse sur son empreinte carbone colossale, prétend se dégager des lois de la gravité du monde physique, de l’emprise réglementaire des États, devenant la terre promise des crypto-monnaies. Sans parler de Tesla surfant sur l’engouement pour la mobilité électrique.


La Tech découvre sa dépendance extrême au monde matériel


Les storrytelling de la Tech et l’idéal libertarien se sont ressourcés comme jamais dans les déboires de l’économie. Revendiquant une immatérialité qui ouvrirait le champ des possibles, face à une vieille économie empêtrée dans ses limites physiques. Et c’est tout l’univers du capital-investissement qui s’est grisé de ces narrations qui, tant qu’elles sont financées, deviennent auto-réalisatrices. Jusqu’à l’ivresse, comme souvent lorsqu’il s’agit des secteurs technologiques, où la finance cherche au prix de nombreux échec à mettre la main sur la nouvelle pépite qui grossira le club des GAFAM, ou à faciliter la colonisation numérique des géants déjà constitués.


Dans ce contexte, entre ses records d’avant covid en février 2020, et ses records de novembre 2021, c’est-à-dire en moins de deux ans, le Nasdaq a bondi de 64 %. Et les géants les plus emblématiques de la Tech ont été emportés dans la même euphorie, chacun rivalisant en matière de narration mégalomaniaque.


La suite on la connaît. Le Nasdaq a déjà perdu un tiers de sa valeur depuis ses derniers sommets. Les valeurs technologiques tirent maintenant la bourse US vers le bas. Seul Apple résiste. Le monde de la Tech découvre sa propre pesanteur, et surtout sa dépendance extrême au socle matériel dont il fait mine de s’émanciper. 


La Tech, c’est du hardware, de l’équipement qui dépend comme les autres des pénuries en matière d’approvisionnement, et doit absorber la hausse des prix en amont. Qui a pris pour un régime permanent une embardée exceptionnelle de la consommation des ménages dans ce type d’équipement, bénéficiant de la conjonction temporaire des aides publiques et du reflux d’autres gros postes de dépense. Ce sont des plateformes de vente en ligne, comme Amazon, dont le volume d’activité est indexé sur le pouvoir d’achat des ménages, maintenant miné par l’inflation. Ce sont des profits d’autant plus volatiles que les géants de la Tech développent des modèles à coûts fixes. Ce sont des modèles d’affaires bifaces pour les géants des réseaux sociaux, Google, Meta, Twitter, etc., quasi-gratuits pour les utilisateurs, mais dont une part importante du chiffre d’affaires provient de recettes publicitaires, indexées largement, elles aussi, sur la prospérité des entreprises de la vielle économie physique.


Ce sont des gloutons de la croissance externe, bernés par les chimères qu’ils contribuent à nourrir, et menacés maintenant par la double menace de la dépréciation des actifs et de la hausse des taux. La Tech n’en mourra pas bien sûr. Mais comme en 2000, le tri a commencé. Et c’est l’emploi qui trinquera.


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