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ACCUEIL ECONOMIE Décryptage éco La flambée de la bourse...
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22/11/201905:55

Dans un contexte de taux d’intérêt atypiquement bas, conforté par l’orientation récente des politiques monétaires, peut-on connaître une nouvelle vague de hausse des prix d’actifs ? Je me focaliserai ici sur la Bourse, même si l’immobilier mérite également attention.


C’est une question particulièrement difficile à traiter. Car à taux zéro, on ne sait plus repérer la valeur fondamentale d’un actif. La valeur fondamentale, c’est la somme  des revenus que procure un actif au cours du temps. Et ces revenus futurs sont d’autant plus dépréciés dans le calcul, qu’ils sont perçus à un horizon lointain. Gagner 10 euros aujourd’hui, ce n’est pas la même chose que gagner 10 euros demain. Ce qui fait que la valeur d’un actif est bornée, c’est que les revenus que je somme à horizon lointain tendent vers zéro. Le résultat de l’addition se stabilise. Et fournit la valeur fondamentale. Or des taux d’intérêt zéro, c’est vivre dans une économie qui ne reconnaît plus l’érosion monétaire au cours du temps. Je vous prête 100 aujourd’hui, et vous me remboursez 100 dans 10 ans, voir 90, signifie que l’érosion temporelle de la valeur n’est plus reconnue par les marchés. Peu m’indiffère de toucher 100 aujourd’hui ou dans 10 ans. Mais effet collatéral, je ne sais plus identifiée la valeur d’une rente perpétuelle…. Elle tend vers l’infini. Rassurons-nous cependant. Concernant les actions ou l’immobilier, on continue à actualiser à taux positif. Il y’a des risques spécifiques sur ces marchés. Néanmoins de petites variations de taux d’actualisation, peuvent produire potentiellement de très fortes variations de la valeur. A titre d’exemple, si j’actualise à un taux de 2% une rente perpétuelle de 10 euros, sa valeur est de 500. 1%, elle vaut 1000, à 0,5%, elle vaut 2000…


Revenons au cours des actions en partant de 3 constats simples : 1/ Les tendances sont très divergentes d’une zone à l’autre, c’est une singularité de la dernière décennie 2/ La bourse américaine continue à donner le « la » des inflexions à court-terme. Quand elle dévisse, l’Europe ou le Japon suivent. Quand elle monte idem, et quand elle hésite idem 3/ Les bourses étaient depuis 2 ans sur un pallier instable, hésitant à franchir certains seuils à la hausse. Elles semblent gagner en audace ces derniers temps.


Le premier constat nous invite à relativiser le constat de surévaluation généralisée des Bourses. Côté Européen, la plupart des pays n’ont pas récupéré leurs sommets d’avant crise, ou lorsqu’ils l’on fait, comme le Royaume-Uni, l’Allemagne, ils sont sur des niveaux qui sont loin d’être vertigineux.  Alors même que les taux longs négatifs seraient à même de faire perdre tout repère aux investisseurs. Les investisseurs n’ont ainsi aucune raison d’être tétanisés par la peur des sommets. Pour l’heure seule la trajectoire américaine est vraiment singulière, ayant multiplié par deux ses précédents records d’octobre 2007. Et c’est donc du haut de ces sommets, qu’il faut imaginer la possibilité d’une fuite en avant…et d’un suivisme européen.


Est-ce possible, alors même, qu’on le sent bien, le niveau atteint par certains multiples, freinent déjà les audaces du capital investissement ou le marché des fusions acquisitions.  Regardons alors deux multiples caractéristiques D’abord le PER qui rapporte les cours aux résultats… qui nous indique que nous sommes sur des niveaux historiquement sensibles, à haute probabilité de rechute… Mais aussi que la Bourse américaine a pu expérimenter des multiples plus vertigineux encore dans les années 90-2000. Autre multiple caractéristique : la valeur de la capitalisation rapportée aux fonds propres des entreprises, à leur valeur courante (intégrant les goodwill  notamment). Disons un price-to-book au prix de marché… Même constat que le précédent finalement… c’est haut, mais l’euphorie a pu conduire à des embardées plus hautes encore. Dans un contexte de taux d’intérêt bien plus élevé qu’aujourd’hui de surcroit. Néanmoins, si je me défie des révisons des prix d’actifs et notamment de la réévaluation des goodwill au bilan des entreprises, et que je mets les fonds propres au coût historique au dénominateur…là, il y a de quoi avoir peur. Dernier test de robustesse. Se référant à la formule de Gordon Shapiro la formule, qui nous dit que le prix raisonnable d’une action c’est dividende sur r moins g. Je connais, les cours, je connais les dividendes et leur croissance que je calcule ici en tendanciel…. Reste r, le taux d’actualisation, que je peux estimer a postériori. C’est un calcul sommaire, qui nous dit que le taux d’actualisation qui sous-tend  la valeur actuel des cours américain est de l’ordre de 2,8%... et qu’il est loin d’avoir intégré tout le potentiel de baisse que lui autoriserait la décrue des taux d’intérêt.
Sur cette base, passons à la conclusion. 1/ la folie des marchés peut propulser la bourse américaine plus haut encore, surtout si les taux d’intérêt continuent leur descente 2/ Ce surcroît de hausse reste d’ampleur limitée, car nous frôlons les seuils de grand vertige 3/ A contrario, la correction ultérieure à la baisse est sans doute elle aussi moins prononcée qu’en 2000 ou 2007. 


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Mots clés : Banque, finance, assuranceTaux d'intérêtValeurCriseEtats-UnisBourseActifsInvestisseurs

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