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Xerfi Canal présente l'analyse d'Olivier Passet, directeur des synthèses économiques de Xerfi

Les grandes crises, on le sait, rabattent les cartes de la domination économique dans le monde. Et la reprise qui se dessine mettra à jour ce nouvel ordre du monde. 

Les États-Unis sont contre toute attente les grands gagnants de la reprise. Que craignait-on avant la crise, rappelons-le ? Un sudden-stop de l'économie américaine. Un risque d'effondrement dans un pays où la surconsommation à crédit avait pour contrepartie les réserves colossales accumulés par les émergents. L'empire américain devenait un jouet aux mains de la Chine qui pouvait à tout moment liquider ses actifs et donner le coup de grâce. Or que voit-on aujourd'hui ? De grandes entreprises américaines qui raccourcissent leurs chaines d'approvisionnement, qui se relocalisent sur les Etats du sud, qui bénéficient d'une compétitivité énergétique et d'un coût restauré, dont la stratégie participe au containment commercial de la Chine. Un containment que Washinton poussera plus loin encore avec les négociations transatlantique et Pacifique.

L'autre grand gagnant de la crise pourrait bien être l'économie japonaise, une économie qui bénéficie du nouveau jeu d'alliance voulu par les États-Unis. Qui près de 30 ans après les accords du Plaza, est autorisée à faire glisser le Yen en échange d'un déverrouillage de son marché intérieur. Un Japon qui repart à l'offensive sur les marchés asiatiques.

En miroir, les États-Unis et le Japon ont placé les grands émergents face au problème endémique de leur modèle, leur extraversion excessive. En se désendettant, l'Amérique a grippé les débouchés des émergents. En inondant le monde de liquidité elle a semé l'inflation et la suraccumulation chez les autres, rappelant à certains égards ce qui s'était passé dans les années 70 pour l'Europe.  La surliquidité est finalement plus dangereuse chez les biens portants que chez les malades. Ce qui est médecine pour les uns est poison pour les autres. Ironie du sort, les grands émergents qui stigmatisaient le quantative easing comme une manœuvre de dumping monétaire, en dénoncent aujourd'hui la fin. Les voici devenus liquido-dépendants. Leur hyper compétitivité-coût a pris du plomb dans l'aile. Et ces pays doivent aujourd'hui relever le défi de la qualité, diversifier leur spécialisation et bâtir les institutions sociales qui leur permettent d'assoir leur croissance sur des moteurs internes. Cette transition aura un coût.

Et l'Europe, il est certes difficile d'en parler comme une entité tant la diversité prévaudra dans la reprise. Mais le grand malade de la crise n'a probablement pas tout perdu dans l'épreuve. Il a d'abord gagné la faillite de tout un logiciel de doctrine erronée. L'idée que l'euro, monnaie incomplète garantissait la convergence ; que l'Europe pouvait se bâtir sans projet productif. Que quelques cibles formelles de R&D et de dérèglementation suffisaient à relever le défi de la mondialisation. L'idée même que le grand compromis de la flexisécurité servirait de point de convergence pour tous. Le projet européen avait vocation à demander à tous de se ressembler. La diversité institutionnelle a en définitive la vie dure, et chaque pays est confronté à la nécessité de se réformer : des plus libéraux (Royaume-Uni, Irlande) aux plus étatistes. En passant même par le Danemark, figure emblématique de la flexisécurité.

L'Europe a certes mal géré la crise mais elle va maintenant bénéficier de la douloureuse restauration de sa compétitivité. Elle sera aidée en cela par le recentrage de la croissance mondiale sur les pays développés. Ce déplacement de la concurrence sur la qualité peut redonner une bouffée d'oxygène aux entreprises exportatrices, moins contraintes sur leurs marges.

Le rééquilibrage, que l'Allemagne n'a pas voulu faire par les transferts, se fera dans la reprise. Le fait est que le sud redevient plus attractif et reprend pied sur les marchés internationaux. L'Allemagne, triomphante dans la crise, va devoir partager dans la reprise ses parts de marché. Elle a probablement mangé le pain blanc de l'économie de bazar tant le rattrapage des coûts salariaux est rapide dans les PECO.
Il y a dans tout cela quelque chose de rassurant. Les positions acquises ne sont jamais définitives et l'histoire économique et tout autant semée de décrochage que de rebonds.

Olivier Passet, La reprise et le nouvel ordre mondial : les gagnants et les perdants, une vidéo Xerfi Canal


Publié le mardi 10 septembre 2013 . 4 min. 26

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