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Les institutions européennes ne savent évoluer et réviser leurs logiciels que sous le coup de crises majeures qui menacent leur intégrité. Mais cette capacité à ne déplacer les lignes que lorsque l’incendie est déjà propagé leur vaut aussi un procès en lenteur et en tiédeur. Un procès qui a pourtant baissé d’un cran avec la crise sanitaire, et plus encore avec la guerre en Ukraine.


L’Europe se renforce dans les crises


La crise de 2020 marque un point de bascule en termes de pragmatisme : la zone euro n’est plus cette zone disciplinaire, au volontarisme bridé par les normes de stabilité. Les règles budgétaires ont littéralement volé en éclat avec le covid, touchant un point de non-retour. Ces règles étaient certes déjà transgressées à la marge, le plus souvent, peu ou pas sanctionnées en dehors du cas grec. Elles n’en constituaient pas moins la boussole de pilotage de moyen terme de nos finances publiques, jouant comme force de rappel et interdisant les programmes ambitieux d’investissement.


Le covid marque aussi un tournant du point de vue du budget européen avec le plan de relance Next Generation EU, de juillet 2020, petit en taille, mais assorti du premier emprunt communautaire, lancé en juin 2021. Le compromis a certes été arraché au forceps. Mais il constitue bien l’ébauche d’un interventionnisme coordonné et solidaire, sur les enjeux transversaux et d’intérêt commun que sont la transition climatique, le digital et la santé. Après les déchirements sur la gestion de la crise des dettes souveraines (qui avait approfondi le fossé Nord-Sud), après le dynamitage des accords de Schengen avec la crise des migrants de 2015-2016 et après le trauma du Brexit, la crise sanitaire — sans gommer les points de discordances fondamentaux en matière de défense, de sécurité, d’énergie — a poussé les États membres à resserrer leurs rangs et à tirer, sans en faire l’aveu, les enseignements de leurs erreurs de pilotage des 2008 et 2010.


Cette idée que l’Europe se renforce dans les crises est à nouveau dans toutes les bouches avec la guerre en Ukraine. La menace russe, surlignant nos lacunes stratégiques, met soudain au diapason l’ensemble des pays sur les enjeux régaliens de défense, d’autonomie stratégique (notamment énergétique) et de migration. Domaines où l’UE faisait du surplace en termes de coordination et de partage des compétences depuis des années.


Si la crise covid a resserré le fossé Nord-Sud, en relançant de fait l’idée de transferts, celle ukrainienne réduit celui Est-Ouest, aggravé par l’exacerbation des nationalismes de l’Est, notamment de la Pologne et de la Hongrie. Voici que les pays qui s’étaient défaussés de toute forme de solidarité à l’égard de la Grèce ou de l’Italie, en première ligne de la crise des réfugiés syriens, se retrouvent à leur tour submergés et en attente de solidarité.


De nouveaux chantiers coordonnés se profilent


La mise en évidence de nos failles en matière de sécurité, ouvre de surcroît la voie à de nouveaux chantiers coordonnés, et parfois communs dans les domaines de l’énergie et de la défense.


En atteste le plan de la commission baptisé Repower UE, mis à l’ébauche en mars. Ce plan dessine les pistes pour réduire de deux tiers de la consommation européenne de gaz russe actuelle d’ici fin 2022 (stockage, diversification des approvisionnements, accélération du biométhane, programmes d’économie, etc.). Avec deux conséquences principales :


1. L’ébauche de politique budgétaire commune initiée en 2020, qui se voulait transitoire avec le plan de relance, trouve un nouveau champ de déploiement. Installant plus durablement encore le provisoire dans le paysage institutionnel, mutualisation et emprunt commun étant à nouveau à l’agenda.
2. Le primat européen en matière de concurrence, qui reléguait au second plan les enjeux de dépendance stratégique, est profondément bousculé, ouvrant un espace de transgression et d’aides.


Accélération ensuite de la coordination en matière de défense. L’Allemagne a montré la voie annonçant un investissement de 100 milliards d’euros au profit de la Bundeswehr. Point de départ pour un effort de rattrapage en matière d’équipements dans de nombreux états européens après des décennies de sous-investissement, avec pour cap de se rapprocher des 2% préconisés par l’OTAN, contre 1,5% aujourd’hui. Mais au-delà de cet aspect quantitatif, c’est bien l’idée d’accroître la part des dépenses en coopération, d’accélérer des programmes communs comme l’avion de combat du futur, le char du futur, l’Eurodrone ou encore d’étoffer les capacités de recherche commue via le fonds européen de Défense, qui sont au menu.


Faut-il pour autant considérer ces évolutions comme des acquis ? Autrement dit, vivons-nous une bifurcation véritable ? L’Europe aurait-elle enfin vaincu ses forces centrifuges ? Disons-le clairement, non. Nous vivons une phase de concordance accidentelle et exceptionnelle des intérêts nationaux. Mais rien de ce qui est entrepris n’est inscrit dans le marbre des traités. Et si nous vivons des chocs symétriques du point de vue émotionnel, rien n’est symétrique dans ces chocs du point de vue des coûts et des bénéfices. Quelle sera la posture allemande si l’inflation gangrène ses intérêts industriels ? Quel sera le raidissement des États, lorsque l’effet « drapeau » qui dope les popularités se sera évaporé ?


Cette histoire reste à écrire. Mais une chose est sûre : le consensus de crise a la vie moins longue que l’hétérogénéité des intérêts économiques.


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