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Retour de l'inflation : le problème ou la solution ?

Enregistré le lundi 30 août 2021 . 5 min. 45

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Le débat sur l’inflation n’est pas près de se tarir. Doit-on voir dans l’accélération de la hausse des prix qui se dessine sous nos yeux un dérèglement menaçant la reprise ou sa solution ? Avant de trancher cette question, quelques remarques préalables.


La hausse des prix n’a pas encore gagné les salaires


Premièrement, ce que l’on observe à ce stade, relève d’un mécanisme de hausse des prix. Il serait impropre ou pour le prématuré de parler d’inflation. Les prix des matières premières et du fret maritime ont fortement augmenté avec le rebond du commerce international depuis la seconde moitié de 2020. Le cocktail du stop and go de l’activité, de l’émergence brutale de certains besoins liés au contexte sanitaire, la désynchronisation des activités ont entrainé une désorganisation des chaines d’approvisionnement de l’industrie et de la construction, du fait notamment de pénuries sur les matériaux et les semi-conducteurs. Ces dérèglements sont supposés transitoires par les banques centrales qui n’y voient pas une source durable d’inflation. Les effets de second tour sont déjà partiellement visibles dans les prix à la production. Mais ils n’ont pas encore gagné les salaires, élément décisif pour que s’engage un véritable processus autoentretenu dans le temps de cet accroissement des prix qui lui seul caractérise l’inflation.


La pression concurrentielle, un facteur d’absorption de l’inflation


Deuxièmement, les chiffres de surchauffe des prix d’input qui nous émeuvent aujourd’hui ne sortent pas de l’épure de la variation normale des prix que l’on observe depuis 20 ans. Le régime de faible inflation coexiste avec de fortes variations du prix du fret, des cours du pétrole, des prix des matières premières hors énergie et des produits agricoles en amont des chaines de valeur, dont l’offre est rigide. L’économie mondiale a connu des échauffements de même ampleur des prix des matières premières se diffusant aux prix de la production dans un passé récent, notamment après 2008, qui ont peu atteint les prix à la consommation. Modération salariale et compression des marges des entreprises et des distributeurs ont amorti la propagation. La pression concurrentielle est un élément clé de ce mécanisme d’absorption et elle n’a pas diminué.


Des différences entre pays


Troisièmement, les pressions haussières sur les prix sont encore très différenciées selon les économies :


• Elles sont maximales aux États-Unis. Avec, il faut bien le dire une poussée puissante des prix à tous les étages de la chaine de valeur : des prix à la production, jusqu’au prix à la consommation, qui entraine une accélération des prix inégalée depuis la surchauffe qui a précédé la crise des subprimes. Inégalée depuis 13 ans certes, mais déjà observée comme on l’a dit plus haut dans une économie dont on oublie souvent que les prix y sont bien plus réactifs à court terme qu’en Europe. Avec cependant, une différence notoire comparée aux épisodes précédents que révèle l’inflation sous-jacente. Son embardée d’une ampleur atypique montre que les mécanismes d’accélération relèvent plus que précédemment de mécanismes d’inflation par la demande… les quantités de cash déversées sur les ménages incitent les producteurs et les distributeurs à augmenter leurs marges.
• Ce syndrome d’inflation par la demande est en revanche faible en Europe en Europe. La hausse des prix à la consommation demeure contenue à ce stade de la reprise au voisinage de 2%. Elle relève essentiellement de l’accélération des prix de l’énergie pour 1,3 point et de l’alimentaire pour 0,35 point. In fine, l’inflation sous-jacente demeure contenue à 1,2%. Et si l’Allemagne semble en proue du mouvement de reprise de l’inflation avec une hausse de 3,1% des prix à la consommation sur un an et de 2,7% de son inflation sous-jacente, elle ne doit cette position atypique qu’au coup d’accordéon opéré sur la TVA entre juillet et décembre 2020 : moins trois points sur le taux normal, qui affecte les chiffres transitoirement. À quoi il faut ajouter la hausse des taxes écologiques, qui renforce la contribution de l’énergie à la hausse des prix.


L’inflation, un levier de redistribution du capital vers le travail


Bref, à ce stade, le choc sur les prix, induit par le rebond de l’activité, demeure contenu et d’une ampleur connue, même en régime de faible inflation. Et seuls les États-Unis connaissent une véritable diffusion de la hausse remontant jusqu’au consommateur. Ce constat modère le scénario d’un véritable emballement inflationniste, d’autant, que nulle part, pas même aux États-Unis, la dynamique salariale ne préfigure des effets de second tour puissants.


Cette poussée sans doute transitoire des prix peut-elle casser le processus de reprise dans un contexte de modération salariale ? Probablement pas, car cette reprise repose sur un schéma bien singulier : la mise en circulation différée des gigantesques encaisses liquides héritées de la crise, dont la hausse des prix n’entame que très marginalement le pouvoir d’entrainement sur la demande. Mais c’est peut-être le caractère transitoire de la poussée de fièvre sur les prix qui doit nous inquiéter, même si elle rassure nombre d’experts. L’inflation est précisément le mécanisme le plus efficace pour opérer une redistribution des créanciers vers les débiteurs, et du capital vers le travail. Or, c’est de ce rééquilibrage dont a le plus besoin la croissance potentielle léthargique des pays avancés pour sortir de l’ornière de la stagnation séculaire.


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