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L’ascenseur social, l'équité et l'égalité des chances

Publié le jeudi 14 avril 2022 . 4 min. 06

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« L’ascenseur social est en panne ». Combien de fois cette expression est-elle utilisée en France pour dénoncer les dysfonctionnements de ce que de nombreux sociologues appellent la « mobilité sociale ascendante » c’est-à-dire tout ce qui entrave la progression des salariés en termes de revenus, de responsabilités et de respectabilité. 


Mais cette expression d’ascenseur social est-elle bien choisie ? Dans de nombreux pays à commencer par l’Allemagne et les Etats-Unis on parle plutôt d’échelle sociale. Ascenseur ou échelle, ce n’est pas vraiment la même chose.


La progression sur une échelle nécessite un effort alors qu’avec un ascenseur, il suffit d’appuyer sur un bouton pour prendre de la hauteur. Dans un cas, l’ascension est largement conditionnée par un investissement personnel et du talent. Dans l’autre, rien n’est possible sans le travail de celles et ceux qui ont contribués à l’installation et à la maintenance de l’ascenseur.


Derrière ce qui ressemble à un détail sémantique, on trouve la question de l’importance de l’effort personnel à produire pour s’élever socialement. Où faut-il positionner le curseur entre la responsabilité individuelle et la régulation sociale d’un Etat-providence ?


• Les adeptes de la méritocratie estiment qu’au lieu de chercher à se victimiser, l’individu devrait consacrer son énergie à profiter de l’enseignement public pour faire ses preuves et être ainsi en mesure de convaincre le marché du travail de ses capacités à progresser professionnellement.


• A l’opposé, les égalitariens, s’appuient notamment sur les travaux de Pierre Bourdieu pour dénoncer un niveau de reproduction sociale anormalement élevé à travers l’école, les systèmes de sélection dans les entreprises et l’appartenance à des réseaux et cercles de pouvoirs.


L’ascenseur social apparait donc comme une ineptie pour les méritocrates alors que les égalitariens y voit un mécanisme de justice sociale permettant d’aider les personnes défavorisées tout en corrigeant les dérives d’un système intrinsèquement inégalitaire.


La réconciliation de ces deux positions radicales semble bel et bien irréalisable. Si la méritocratie pure est un mythe avéré n’est-il pas pour le moins hasardeux de tout miser sur l’Etat-providence pour assurer la promotion sociale de tout une population ?


Entre ces deux radicalités se dessine une ligne de crête plus consensuelle dont l’objet est la garantie d’une égalité des chances pour tous. A cet égard, de nombreuses initiatives ont vu le jour à l’instar du dispositif des Conventions éducation prioritaire lancé par Sciences Po en 2001.


Mais l'égalité des chances, c'est aussi la chance de prouver l'inégalité des talents selon la formule de Samuel Herbert. Décidément, le concept d’égalité et son corollaire direct l’équité génèrent bien des confusions à l’origine de nombreuses désillusions. Car l’égalité parfaite n’existe pas plus que l’équité parfaite. Pour autant, rien ne justifie de se désintéresser du sujet et surtout pas d’abandonner l’épure du concept d’égalité des chances comme le suggère le sociologue François Dubet.


Néanmoins, il est sans doute utile d’attirer l’attention sur le fait que le concept d’ascenseur social est touché par le syndrome de la coccinelle qui voudrait que la nature humaine ne soit heureuse qu’en atteignant aussi vite que possible le point le plus élevé de l’échelle sociale. Une sorte d’antithèse à la pensée spinoziste qui assène que le bonheur, c’est avant tout de réaliser sa nature profonde.


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