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13/04/202103:48

Nous vivons une époque paradoxale où l’ignorance explose à mesure que la connaissance progresse. Voilà une affirmation qui mérite quelques explications.


Pour commencer, admettons que le savoir fonctionne tel un univers en expansion. La quantité produite ne cesse d’augmenter et de nous solliciter. Mais comme l’observe très justement Edgar Morin, plus nous savons de choses, plus nous nous éparpillons et plus nous cloisonnons. Un cloisonnement qui engendre la multiplication des experts et avec eux l’idée que même les spécialistes en savent de plus en plus sur de moins en moins de choses.


L’ignorance progresse aussi grâce à la surproduction de données fournies par la propagation des machines apprenantes. Ces sources inépuisables d’informations offrent des possibilités inégalées de comprendre le fonctionnement de nos sociétés sans pour autant réduire cette impression de confusion générale, bien au contraire. Car la quantité d’informations disponibles ne préjuge ni de leur exhaustivité ni de leur véracité.


Il semblerait même que plus nous sommes informés et moins nous sommes disposés à accepter d’autres points de vue que celui que nous nous sommes forgés et dont la force peut être celle d’une authentique croyance.


Notre ignorance prospère également de façon insidieuse avec tous ces objets connectés ou non, que nous utilisons au quotidien sans connaitre leur fonctionnement, sans savoir comment et par qui ils ont été fabriqués et sans s’intéresser à la nature des forces économiques qui en tirent le plus grand profit.


La prolifération de solutions connectés ayant pour mission de capter le plus longtemps possible notre attention ou de façon plus prosaïque : notre temps de cerveau disponible contribue également à l’expansion de notre ignorance. En tirant profit de notre potentiel addictif, les réseaux sociaux, les jeux en ligne et autres plateformes socionumériques réduisent notre temps pour l’exploration, la réflexion et la contemplation. Même notre temps de sommeil semble impacté.  


Enfin, l’ignorance s’impose à nous lorsqu’elle est le résultat d’une intention volontaire. C’est le cas lorsque nous sommes tenus à l’écart de certaines informations susceptibles de nous nuire ou de desservir un intérêt qualifié de supérieur. C’est l’argument avancé par les diplomates et les militaires lorsqu’ils invoquent la raison d’état.


L’intention peut être moins louable lorsqu’il s’agit de nous tenir à l’écart de certaines vérités qui dérangent. Ce fût longtemps le cas de l’industrie du tabac quand celle-ci s’évertuait à nier les effets néfastes de la cigarette sur la santé humaine.  


Ainsi, l’ignorance n’est pas seulement ce qui n’est pas encore connu et qui reste à découvrir, mais aussi, et de plus, ce qui est connu mais ignoré. Cette ignorance d’une connaissance pourtant accessible alimente généreusement les théories du complot et autres fantasmes apocalyptiques.   


C’est ainsi que l’explosion de l’ignorance favorise l’ignorance de son ignorance qui elle-même peut être un danger pour le fragile équilibre démocratique dans lequel nous évoluons.


Maintenant la réponse à l’ignorance n’est certainement pas l’omniscience mais une prise de conscience des limites de ses connaissances car, comme le dit un jour Benjamin Disraeli, être conscient de son ignorance, c'est déjà tendre vers la connaissance.


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