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Vaut-il mieux tout améliorer ou être suffisamment bon ?

Publié le lundi 11 septembre 2023 . 3 min. 12

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Proposer une offre dégradée par rapport à l’existant semble contre intuitif. À rebours de la marche vers le progrès, réduire le niveau d’exigence est généralement mal vu, en particulier par vos collègues dont la compétence consiste justement à obtenir l’offre la plus qualitative possible, pour laquelle ils ont accumulé une véritable expertise. Abaisser la qualité est une insulte à leur compétence, et ils ne manqueront pas de s’y opposer. Or, dans bien des cas, une offre dégradée peut suffire à emporter l’adhésion des clients.

C’est le cas par exemple des systèmes de traduction automatique basés sur des solutions d’intelligence artificielle. En dépit de leurs progrès, Deepl et les autres sont considérés par les traducteurs professionnels comme de piètres substituts, incapables de rivaliser avec la finesse d’un être humain. Leurs traductions sont imparfaites, leurs erreurs sont fréquentes et leur incapacité à saisir le contexte provoque des approximations et des contresens. C’est particulièrement vrai dans le domaine du sous-titrage des films et des séries, où un nombre relativement restreint de professionnels spécialisés parviennent à obtenir de confortables rémunérations grâce à leur incontestable expertise. Or, comme vous l’avez certainement déjà testé, Google propose de traduire ses centaines de millions de vidéos YouTube à l’aide de sous-titres générés en temps réel dans plus de 120 langues, de l’albanais au zoulou. Bien entendu, la qualité de ces traductions automatiques reste très inférieure à celle que pourraient réaliser des traducteurs humains, mais il faudrait mobiliser des dizaines de milliers de coûteux professionnels pour obtenir ce résultat, sur des vidéos qui pour la plupart ne justifient absolument pas un tel investissement. Au total, les utilisateurs s’habituent peu à peu à cette offre dégradée, qui, après tout, leur paraît suffisamment bonne.

Cette notion d’offre « suffisamment bonne » est redoutable dans beaucoup de métiers. Les intelligences artificielles génératives comme ChatGPT produisent des réponses certes perfectibles, sans créativité ni initiative, mais qui, pour un certain nombre d’usages, comme les comptes-rendus de réunions, sont suffisamment bonnes. On peut aussi évoquer les séries animées japonaises, qui ont conquis le monde en divisant par trois le nombre d’images, au point que l’on parle d’animation limitée. Or, même si les personnages restent souvent figés pendant les dialogues, cela ne les a pas empêchés de stimuler l’imagination de millions de spectateurs. Au total, des offres « suffisamment bonnes » peuvent largement se substituer à la surenchère qualitative : elles sont moins chères, plus facile à mettre en œuvre et accessibles à un plus grand nombre. Elles permettent de mobiliser moins de ressources et d’obtenir très rapidement des résultats à beaucoup plus grande échelle.

Par conséquent, essayez de lutter contre la tendance au perfectionnisme. Vouloir toujours tout améliorer ne changera généralement pas grand-chose à la satisfaction de la très vaste majorité de vos clients. Dans beaucoup de cas, une offre suffisamment bonne peut largement satisfaire l’essentiel du marché. Pour reprendre Voltaire, « le mieux est l’ennemi du bien » et être suffisamment bon, c’est souvent suffisant.


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