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https://player.vimeo.com/video/230929685?autoplay=1 Julien-Pillot-JPI-Changer-l-equipe-qui-gagne-car-le-succes-mene-a-l-echec-6606.jpg
14/09/201703:36

« On ne change pas une équipe qui gagne ». N’importe quel supporter de foot a déjà entendu ce lieu commun. Eh bien, en matière de management stratégique, comme de stratégie militaire, il s’agit d’une fadaise qui peut coûter cher. Il ne faut pas tomber dans le piège de « l’illusion des séries ». En statistiques également, chaque nouveau succès vous rapproche un peu plus de votre prochain échec.


Quittons les terrains de foot pour le parquet des basketteurs. Imaginez. Vous êtes assis en tribune et vous constatez que la star de l’équipe a réussi ses 10 derniers tirs à 3 points. Manifestement, il est dans un grand soir. Il a, ce que l’on appelle, la « main chaude ». Inconsciemment, vous allez penser qu’il va réussir son prochain tir à 3 points. Quoi de plus logique puisqu’il a réussi les 10 précédents ? Sûr de votre fait, vous allez même parier une importante somme d’argent auprès du bookmaker du coin.


Mais, manque de chance, la 11ème tentative est ratée. Et si les statistiques globales du joueur sont toujours flatteuses, en ce qui vous concerne, vous en êtes pour votre argent. Ce qui s’est passé, c’est que vous vous êtes laissé illusionner en érigeant une série d’événements aléatoires, les 10 premiers tirs réussis, en une loi statistique.


Revenons à nos footballeurs. L’histoire a maintes fois montré que, même les plus grandes équipes qui dominaient outrageusement la compétition, le Bayern de Beckenbauer, le Milan de Maldini, ou le Barça de Messi, finissent par rentrer dans le rang. On pourrait y voir une analogie avec la théorie des cycles économiques, marquée par une ascension progressive jusqu’au sommet, avant d’entamer une phase de déclin.


Imputer ce déclin à l’âge ou la démotivation des joueurs serait aller un peu trop vite en besogne. Et ce serait, surtout, le meilleur moyen d’éluder le véritable problème stratégique : le succès mène inexorablement à l’échec si l’on ne se remet pas en cause.


Les équipes de foot, comme les entreprises, évoluent dans un environnement compétitif en perpétuelle mutation. Et il serait fou de penser que les concurrents acceptent passivement de subir la domination de l’équipe du moment. Ils s’adaptent pour mieux contrer le leader, et innovent pour déplacer le jeu concurrentiel sur un terrain qui leur est plus favorable. De José Mourinho qui a fini par battre le Barça en faisant jouer son buteur vedette en défense, à Steve Jobs qui a redéfini les standards en matière de téléphonie et de connectivité, la logique est la même. Il s'agit de ne pas se laisser déborder par l’usure des stratégies gagnantes.


Aussi, managers, retenez ceci. Ne pas changer une équipe qui gagne est le meilleur moyen de perdre la partie. C’est au contraire quand les vents sont porteurs qu’il faut ajuster sa stratégie, investir dans de nouveaux projets, renouveler les effectifs… et parfois miser contre le marché. Le véritable sens du management stratégique ne se trouve pas dans la gestion des certitudes, mais dans l’anticipation et l’adaptabilité face à l’incertitude. Et ce, quel que soit le terrain de jeu.

 

Julien Pillot, Changer l'équipe qui gagne car le succès mène à l'échec, une vidéo Stratégie & Management.


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Mots clés : StratégieSuccèsEchecManagement stratégique

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