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Le Brexit et Trump ont passé la barre. Faut-il s’attendre demain à voir une Marine Le Pen en France ou un autre leader populiste européen arriver au pouvoir ? Ou au moins prendre une place telle qu’il soit en position de faiseur de roi ou d’être au centre du débat politique ? En France, le Front national n’a cessé de progresser au cours des dernières élections, il attire de plus de en plus de voix et gagne de plus en plus d’élus.

 

Certes, chaque pays obéit à des spécificités nationales et suit une trajectoire historique qui lui est propre. Mais le spectre du populisme, celui du chef autoritaire, de la glorification d’un peuple supposé unifié et qu’il faut protéger des étrangers, hante la France et l’Europe continentale après s’être emparé des rênes dans les pays du capitalisme anglo-saxon. Il faut donc, aussi, chercher des explications générales.

 

La première, celle qui revient le plus souvent, trouve sa source dans l’économie. La mondialisation et le progrès technique, la montée de la précarité et des inégalités laissent sur le côté un nombre croissant de personnes. Qui finissent par se rebeller en voyant dans les séductions populistes un remède à leurs problèmes.

 

Cette lecture contient une part de vérité. Les ouvriers représentent le principal vivier électoral du Front national. Plus qu’un transfert de voix récent allant de la gauche vers la droite, le phénomène semble s'inscrive davantage dans une dynamique de radicalisation du vote ouvrier de droite. S’y ajoute le développement d'un prolétariat féminin (caissières de supermarché, vendeuses…) peu reconnu socialement et mal payé : lors des élections présidentielles de 2012, 40 % des femmes employées dans le secteur du commerce ont voté pour Marine Le Pen.

 

Pour autant, l’économie n’explique pas tout. Des régions à fort taux de chômage ont moins voté pour le Front national que d’autres où il était plus faible. Et on ne trouve pas de lien clair entre le vote pour Marine Le Pen à l’élection présidentielle de 2012 et le niveau de pauvreté ou des inégalités dans les départements français.

 

Le sociologue Ronald F. Inglehart et la politiste Pippa Norris ajoutent alors une dimension culturelle. Les jeunes générations de nos sociétés contemporaines marquent une acceptation croissante des étrangers et des migrants, de la vie en couple et du mariage de personnes de même sexe, ils revendiquent une égalité homme-femme, etc. Les hommes, vieux, aux valeurs traditionnelles, sont bousculés par ces évolutions sociétales et pensent trouver un équilibre dans ceux qui leur servent un discours fondé sur la tradition et un passé mythifié. De fait, l’âge apparaît comme un bon prédicteur du vote populiste, qui trouve également plus de soutien chez les hommes que chez les femmes. Mais aussi plus chez les « majorités ethniques » des différents pays – en gros les blancs – que chez les minorités. La question raciale reste très présente dans nos sociétés et les populistes s’en servent. En France, les plus de 65 ans ont plus voté pour le parti de la droite traditionnelle lors des élections régionales de 2015 et Marine Le Pen a bien réussi chez les plus jeunes, ce qui laisse penser que l’explication culturelle jouerait moins, sous réserve d’une analyse sociologique plus fine.

 

Enfin, une lame de fond politique est également à l’œuvre. Dans La Grande transformation, Karl Polanyi explique que la libéralisation des économies et la marchandisation des sociétés finissent toujours par provoquer un contre mouvement visant à recréer de la protection. Mais rien n’est écrit sur la forme que cela prendra. Cela peut être Donald Trump ou Alexis Tsipras, Franklin Roosevelt ou Benito Mussolini.

Qu’est-ce qui détermine la trajectoire du contre mouvement ? Le projet économique des partis progressistes. Les circonscriptions où Bernie Sanders était arrivé en tête n’ont pas été voter pour Hillary Clinton qui a connu une chute importante du nombre de voix récoltées par rapport à Barack Obama. Lorsque la gauche, qui devrait être le débouché naturel du contre mouvement, glisse vers la défense du libéralisme, elle ne mobilise plus et fait gagner les autres. En France, le virage libéral du président Hollande contribue à une faible mobilisation des électeurs de gauche, ce qui explique en partie les bons scores relatifs du parti d’extrême droite. Une gauche de droite provoque toujours des catastrophes historiques.

 

Christian Chavagneux, Une analyse du succès du populisme économique, une vidéo Xerfi Canal TV.


Publié le lundi 19 décembre 2016 . 4 min. 33

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