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2022 : quelle doctrine économique de basculement du monde ?

Publié le mercredi 5 janvier 2022 . 6 min. 04

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J’aimerais souligner ici, sans chercher l’exhaustivité, deux grands défis propres à l’année 2022. Non pas ceux qui surplombent l’ensemble de ce premier quart de siècle — défi climatique, défi des inégalités, défi du vieillissement, défi démocratique, etc. —, comme si le passage d’une année à l’autre faisait repartir à zéro le compte à rebours de nos urgences. Je parlerai des enjeux qui se jouent ici et maintenant, hérités de l’année qui précède et dont les arbitrages affecteront le temps long.


Sortir intellectuellement du covid


Le premier défi est celui de la sortie mentale/culturelle/intellectuelle du covid. En 2021 s’est joué d’abord l’enjeu de la sortie économique de la crise, faisant naître le sentiment ambivalent d’être à la fois dans la crise sanitaire et déjà engagés dans l’ère post-covid. L’année 2021 a laissé entrevoir un sentier d’adaptation et même de fructification marchande de la crise. Avec en définitive, une cicatrice moins profonde et moins qu’attendue sur la croissance, l’emploi et le commerce international. Tout cela a non seulement conjuré la grande peur d’un effondrement de l’économie mondiale, mais a même crédibilisé le scénario d’une croissance renforcée en 2022, rompant la fatalité de la stagnation séculaire. Une sortie heureuse dont les bourses mondiales portent la marque.


Mais ne nous y trompons pas, ce résultat est le fruit d’un double sauvetage par le digital et par la finance de nos économies. Le monde d’après est celui du triomphe de ces deux sphères de contrôle des activités humaines qui ont renforcé comme jamais leur emprise sur les acteurs privés et publics. L’accélération de l’histoire est saisissante. À travers d’abord l’explosion du télétravail, du e-commerce et des services en ligne, la crise a révélé le rôle pivot exorbitant des industries numériques, avec en définitive un grand bond en avant vers la virtualisation des interactions sociales, la plateformisation et l’ubérisation des économies. In fine, le design de nos organisations productives, de nos relations sociales, de nos solutions technologiques se conçoit plus que jamais dans la Silicon Valley.


L’ère post-covid aura besoin de réflexion éthique


La crise a ensuite engagé toutes les économies dans un étrange périple en absurdie, celle d’une dette infinie et gratuite pour les États, sous la tutelle bienveillante des banques centrales, dès lors qu’ils prennent à leur charge tous les postes de coûts qui pourraient affaiblir la profitabilité des entreprises. Avec en définitive, une réaffirmation en trompe-l’œil du rôle des États et une véritable extension du pouvoir des géants de la gestion de fonds, délivrés des risques de faillite, sur les grands choix d’investissement, et notamment ceux dont dépend l’avenir de la planète. Or, ce régime que nous avons vécu comme un régime d’exception est en passe de se transformer en régime permanent. Un régime permanent dont nous ne possédons pas encore les logiciels de pilotage, de contrôle et de modération. Il nous faut rapidement les penser.


Ces déplacements des centres de pouvoir ont besoin d’une acclimatation culturelle, car dès qu’il y a pouvoir, il y a risque d’abus de pouvoir. Pour ne prendre qu’un exemple, la pandémie a inauguré de nouveaux modes intrusifs de traçage et de pilotage des individus. Sur fond d’une délégation des missions de surveillance et de contrôle sur des agents de la société civile, en commençant par les restaurateurs. Une ubérisation des pouvoirs de police en quelque sorte. Sublime fond de commerce pour l’économie digitale, la tentation est grande de transposer ces solutions à d’autres champs de l’action publique : climat, sécurité, migration, fiscalité, pass carbone, pass sécuritaire, pass migratoire, pass fiscal, etc. Nous n’y sommes certes pas. Mais cela fait partie du champ des possibles et l’ère post-covid aura besoin de doctrines et de réflexion éthique, si nous ne voulons pas que la pandémie continue à gouverner nos choix bien au-delà du covid.


Penser les conséquences de l’inflation


Le second défi majeur de 2022 est beaucoup plus prosaïque en apparence. C’est celui de l’inflation. Non que le risque d’un emballement soit majeur. Mais l’étirement de l’épisode inflationniste aura des répercussions politiques et sociales considérables. Et au premier chef, ce sera le critère numéro 1 sur lequel se joueront les midterms américaines de novembre, déjà mal engagées. Or, un échec démocrate désarme définitivement toutes les chances de faire passer le troisième volet de relance américaine, le fameux Build Back Better. Même si les ambitions financières ont été rabattues à moins de 2 000 milliards, il est de loin le plus important du point de vue de l’inflexion doctrinale de la politique américaine, au plan fiscal et climatique. Ce qui se joue, c’est un leadership américain sur ces deux enjeux majeurs, sans lequel tout se fait au compte-goutte. Ce qui se joue aussi c’est le risque d’explosion sociale qui menace les démocraties occidentales et le retour au déni trumpiste.


Bien d’autres défis seront à relever en 2022, certes. Entre les risques de bulle et d’instabilité sur les marchés d’action en passant par les problèmes de pénuries sur les matériaux et composants stratégiques. Mais si j’ai mis le focus sur l’urgence de combler le déficit doctrinal de l’après-covid et celui de l’inflation, c’est que l’un comme l’autre doivent se traiter dès aujourd’hui et engagent de façon décisive la trajectoire de long terme de nos économies. 


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