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07/04/201503:56

Xerfi Canal TV présente l'analyse d'Olivier Passet, directeur des synthèses - Xerfi

 

Peut-on échapper à un scénario de stagnation séculaire sans augmenter les salaires ? Les intérêts des capitalistes et des travailleurs, pour reprendre une terminologie un peu surannée, seraient-ils convergents ? Alors non, que chacun se rassure, je ne vais pas préconiser ici un plan de relance par la consommation pour sortir l’économie française de l’ornière. Mon propos dépasse largement nos frontières et consiste plutôt à sortir de la boîte aux souvenirs le fameux concept un peu éculé  de « partage des fruits de la croissance » qui prévalait durant les 30 glorieuses. Et c’est précisément ce qu’a fait Barack Obama lors de son dernier discours sur l’état de l’union de janvier 2015. Je partirai ici de deux constats lourds. D’abord, le fait que la mutation industrielle qui caractérise nos économies développées tend à polariser l’emploi entre des secteurs hyper-productifs, à forte intensité intellectuelle  et des secteurs de déversement à faible productivité et aux conditions d’emploi dégradées. Ensuite le fait que la rente technologique tend : à être captée par un petit nombre.  D’abord par les grandes entreprises qui disposent d’un pouvoir de marché et de réseau supérieur aux autres. Et au sein de ces dernières, par ceux qui disposent d’un pouvoir de négociation supérieur aux autres : les actionnaires majoritaires et les managers de très haut niveau. Je ne reviens pas ici sur les golden hello qui viennent de défrayer la chronique ou sur l’étude Equilar selon laquelle 22 patrons du secteur high-tech américains avaient touché plus de 20 millions de dollars en 2013, alors qu'ils n'étaient que quatre six ans plus tôt.

 

Tout cela participe au dynamitage de ce que l’on appelait le compromis fordiste. Et enracine une crise larvée de la demande dans nos économies. Face à cela, le Quantitative Easing demeure une réponse partielle et aux effets ambigus.  D’abord parce qu’il soumet les fluctuations de l’économie à des effets de richesse de plus en plus déstabilisants. Et passé la phase de montée de financiarisation qui avait dopé la dette des agents privés et publics, la demande et le potentiel de croissance, ces effets de richesse ont maintenant épuisé leurs effets sur le niveau de la production. On le voit très clairement dans le cas américain lorsque l’on observe l’amplification du cycle de richesse des manages. Une amplification qui conduit la croissance à régulièrement se fracasser sur l’explosion récurrente des bulles. Ensuite, parce que le régime durable de taux zéro et même négatif 1/maintient en survie  artificielle les secteurs zombie et participe au final à la dualisation de nos économies entre un pôle hyper-productif et un pôle sous-productif 2/ ces taux artificiellement bas participent à la formation de surcapacités mondiales et donc à la diffusion mondiale des tendances déflationnistes.

 

Bref, nos économies doivent réinventer un compromis redistributif des fruits de la croissance. Un compromis d’autant plus nécessaire que   les effets de réseau et les externalités de productivité sont telles aujourd’hui, qu’il devient de plus en plus difficile d’attacher à chaque individu une performance qui lui serait propre. Cette difficulté fait le lit de la prédation des fruits de la croissance par quelques-uns. Résultat, les gains de productivité demeurent hyper-concentrés et se diluent dans une moyenne nationale qui ne veut plus rien dire.  Or cette panne de productivité moyenne, sur laquelle s’enracinent tous les pessimismes sur notre potentiel de croissance à long terme, est le reflet d’une crise structurelle de la demande et non d’une panne du progrès technique.

 

Olivier Passet, Augmenter les salaires, c'est l'intérêt du capitalisme productif, une vidéo Xerfi Canal TV


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Mots clés : Consommation et ménagesEconomieInégalitésRépartitionProgrès techniquePotentiel

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