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Comment les multinationales pharmaceutiques vampirisent l’innovation

Publié le mercredi 27 janvier 2021 . 6 min. 00

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La France, pays de vieux champions industriels fatigués et d’une recherche publique sous-financée, trop déconnectée des enjeux du marché ? Le fiasco de la stratégie hexagonale en matière de recherche vaccinale alimente un peu plus ce sentiment, que la France déclassée joue maintenant en seconde division sur le terrain de la R&D. Avec les retards de Sanofi auxquels s’ajoute maintenant l’abandon du projet le plus avancé de l’Institut Pasteur… il y a là tous les ingrédients pour alimenter un peu plus le pessimisme décliniste.


À première vue, le fiasco hexagonal semble illustrer de façon édifiante la mythologie schumpetérienne : 1) la grande entreprise, en l’occurrence Sanofi, qui vit sur sa rente passée et qui joue la prudence d’une technologie éprouvée ; 2/en face, la véritable innovation de rupture qui relève d’un acte entrepreneurial incarné par Moderna ou BioNtech, des start-up pionnières de l’ARN messager et qui sortent vainqueurs de la grande compétition mondiale. Et pourtant, tout est faux ou presque dans cette narration. Et vouloir de surcroît la transformer en roman national relève plus que jamais de la gageure.


BioNTech et Moderna ont besoin de partenaires


Ce que confirme d’abord l’épopée des vaccins anti-Covid, c’est la complexité et l’imbrication du jeu d’acteurs qui sous-tend l’innovation de nos jours. Commençons par les deux grandes success-stories :


• BioNTech, c’est d’abord, à l’origine du projet, des chercheurs affiliés à l’université de Mayence. C’est ensuite un développement par le truchement du capital investissement. C’est ensuite un partenariat de production à l’échelle mondiale avec Pfizer qui a été finalisé en mars 2020. Une alliance qui vise à adjoindre les capacités financières, logistiques, commerciales de Pfizer à la technologie de BioNTech. À quoi s’ajoute une enveloppe de 375 M€ du gouvernement allemand.
• Pour Moderna, même imbrication. C’est un soutien du capital investissement avec 1,4 milliard de levées de fonds de 2014 à 2018. C’est une sortie par introduction en bourse réussie fin 2018. Ce sont de multiples partenariats et contrats avec la sphère publique. Ce sont notamment des financements de la défense américaine dès 2013, sur l’ARN messager. C’est, depuis la crise sanitaire, une collaboration avec le ministère de la Santé américaine, via l’une de ses agences : l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses, et des accords de sous-traitance de production avec un groupe suisse et espagnol.


Vaccin anti-Covid : un jeu d’acteurs complexe autour de l’innovation


À travers cela, on a à la fois l’illustration de la complémentarité qui se joue entre différents acteurs financiers, étatiques, entrepreneuriaux et multinationaux. L’innovation contemporaine est bien le fruit d’un écosystème complexe qui associe des universités, des agences publiques, des groupes pharmaceutiques et des start-up dont le développement a bénéficié du capital investissement. Dans ce jeu, Pfizer est un géant de la pharmacie, certes. Mais dont moins d’un quart des médicaments phares ont été inventés et développés en interne. L’essentiel de son chiffre d’affaires s’est bâti sur la base de la croissance externe et d’acquisitions de brevets extérieurs au groupe. Il ne diffère en rien de Sanofi sur ce plan et pourrait faire à ce groupe le même procès d’emplois détruits dans la R&D.


La big pharma, c’est d’abord cela : un portefeuille mouvant d’acquisitions et une capacité à organiser la production, la logistique, le marketing stratégique, à gérer la complexité règlementaire à grande échelle. Le développement de l’innovation relève ainsi de plus en plus d’un processus de cueillette des pépites par les grands groupes. Un processus qui ne connaît pas les frontières et qui fait espérer une sortie qui encourage la prise de risque du capital investissement en amont.


Le véritable enjeu : mutualiser les moyens en Europe


Partant de cela, revenons sur le cas français. La recherche et son développement reposent comme ailleurs sur des attelages internationaux. Le projet du candidat vaccin de l’Institut Pasteur en est une parfaite illustration. Il associait des chercheurs de l’université de Pittsburgh, le géant américain de la pharmacie Merck, associé à la plateforme vaccinale autrichienne Themis. Quant à Sanofi, son premier candidat vaccin calqué sur celui de la grippe, associe le ministère américain de la Santé, la multinationale pharmaceutique anglaise GSK. De surcroît, en seconde option, comme Pfizer, la multinationale française développe un partenariat avec un laboratoire américain de la biotech, TranslateBio, positionné sur l’ARN messager, dont les essais cliniques commenceraient au premier trimestre 2021. Et dans l’arsenal des start-up hexagonales positionnées sur l’ARN messager, il y a Valneva dont le projet de vaccin est en phase 1, et cherche encore ses partenariats de production.


Bref, dans cette salade composée transnationale de l’innovation, où se situent les failles françaises ? Gardons-nous de conclusions hâtives. Le procès en archaïsme de l’écosystème français de l’innovation est facile, mais il colle de moins en moins à une réalité institutionnelle dont le jeu s’est considérablement ouvert. Et l’autoflagellation hexagonale passe surtout à côté du véritable enjeu, celui de la mutualisation des moyens à échelle européenne qui devrait être mis au cœur du débat.


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